‹ Fin de l'indépendance bohêmeChapitre 23 sur 239 · LES FINANCES · texte numérisé non relu

LES FINANCES

que le prince imposait à ses sujets immédiats, juifs, bourgeois, etc. ; dans quelques cas spéciaux seulement la diète votait des aides extraordinaires. Ce qui était jusqu'alors l'exception, devient désormais la règle. Non sans doute en principe. Le droit des États de voter l'impôt, et par conséquent de le refuser, n'est pas mis en question ; ils ont la précaution de demander presque chaque fois au souverain une déclaration qui confirme leurs franchises sur ce point : leur vote ne formera pas un précédent, l'avenir est réservé. Mais le fait n'en subsiste pas moins : l'impôt n'a plus d'extraordinaire que le nom; renouvelé chaque année, il passe peu à peu dans les mœurs; le refuser devient une mesure grave et un symptôme d'insurrection. A ce point de vue, l'œuvre de Ferdinand à Prague n'est pas sans quelque analogie avec celle de Charles VII en France : avec une armée régulière et une taille permanente — au moins en fait, — la Bohême cesse d'être un royaume féodal et se dégage des traditions du moyen âge.

Les impôts étaient très lourds : les renseignements que nous possédons sur l'état économique du pays prouvent que les plaintes continuelles des Assemblées étaient des plus légitimes, et cependant ils ne couvraient pas les dépenses. Les ambassadeurs vénitiens constatent que Ferdinand serait un des plus puissants souverains du monde si l'argent ne lui manquait pas: malheureusement ses revenus ne sont ni assez élevés ni assez réguliers ». Les diètes votaient toujours des sommes à peu près égales, mais elles refusaient de s'engager pour une longue période; elles marchandaient aussi : de là des retards, des incertitudes. L'administration financière était très mauvaise; le roi, par impuissance ou par faiblesse, fermait les yeux : tous ceux qui étaient mêlés au maniement des deniers publics s'enrichissaient rapidement. Par suite, de^ déficits perpétuels : il arrivait sans cesse que les traitements des serviteurs du

I. Ambass. vénii., p. 210 et 211. Cp. le rapport de Michèle en 1364. La situation n'avait pas changé.

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