‹ Fin de l'indépendance bohêmeChapitre 24 sur 239 · LES FINANCES · texte numérisé non relu

LES FINANCES

prince, la solde des troupes, n'étaient pas payés. Pour suppléer à la générosité du Parlement ou faire face à des dépenses imprévues, on avait recours à l'emprunt: de là, la naissance d'une classe nouvelle, les créanciers du roi, personnellement intéressés à ce que son pouvoir ne fût pas contesté et à ce qu'on ne lui refusât pas les subsides qu'il réclamait. Ces créanciers, qui n'étaient pas toujours volontaires, étaient sans doute peu nombreux, mais, à une époque où les droits politiques n'appartenaient qu'à une élite, cet appoint n'était pas indifférent : les villes en particulier, qui étaient souvent forcées de consentir à des avances ou de prêter au roi leur caution, devenaient par là solidaires de la monarchie, et ces considérations pécuniaires calmaient un peu leur ardeur d'opposition.

La transformation financière qui s'accomplissait peu à peu, servit enfin de prétexte et d'occasion à la création d'une administration qui ne releva que du roi et étendit peu à peu son influence sur de très nombreuses affaires. Les États avaient conservé le droit, non seulement de voter l'impôt, mais de le percevoir, et Ferdinand ne le leur contesta pas en général. Comme cependant des abus et des retards se produisaient fréquemment, il essaya par divers moyens d'attirer de plus en plus sous sa surveillance la levée de l'impôt, et la perception en fut confiée assez souvent soit aux capitaines de cercles qu'il nommait, soit même à des collecteurs particuliers qu'il désignait '. Cette intervention devint presque la règle quand les États remplacèrent l'impôt sur le capital qui ruinait le pays par un impôt sur la bière : de 1546 à 1564 cette taxe est perçue par des collecteurs royaux qui relèvent de la Chambre royale et ne sont pas même toujours des Bohèmes ^. Les Assemblées protestèrent souvent contre une innovation qui était cenainement contraire à la constitution et réussirent quelquefois à reprendre la nomination des percepteurs,

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