‹ Fin de l'indépendance bohêmeChapitre 231 sur 239 · BATAILLE DE LA MONTAGNE-BLANCHE · texte numérisé non relu

BATAILLE DE LA MONTAGNE-BLANCHE

de délivrer les paysans de la tyrannie de leurs maîtres ; cette réforme déciderait les opprimés à mettre au service de l'Empereur leurs biens et leurs vies, et leur aide arrêterait et paralyserait les auteurs de la rébellion ». — Ferdinand envoya aux paysans insurgés un commissaire royal qui leur offrit en son nom la liberté et sa haute protection. Les Etats, pour combattre l'effet de ces déclarations, entrèrent en négociation avec les serfs insurgés, refusèrent cependant de promettre l'abolition du servage : la question était trop délicate pour être tranchée pendant la guerre. L'aristocratie tchèque devait mourir dans Timpénitence finale. Cette raideur n'était pas de nature à calmer les colères, et la série des émeutes rurales se poursuit, autour de Prague, — à la suite des dévastations des soldats, — sur la frontière morave, — parce que les seigneurs imposent des corvées excessives. Pourquoi vous êtes vous révoltés, leur demande l'officier envoyé contre eux? — A cause des oppressions. Quelques jours avant la Montagne-Blanche, sept mille paysans des environs deZatets pillent les châteaux, massacrent les nobles, menacent les villes voisines d'une exécution si elles ne se joignent pas à eux.

Dans ces conditions, ce qui est extraordinaire, ce n'est certes pas que l'insurrection ait été vaincue, c'est que la résistance se soit prolongée si longtemps. Lorsque la bataille décisive s'engagea, à quelque distance de Prague, sur le plateau de la Montagne-Blanche (8 novembre 1620), elle était perdue d'avance. Elle fut d'ailleurs comme le triste résumé des fautes précédentes : commandement sans prévoyance et sans énergie, armée sans discipline, chefs divisés, souverain incapable, courage médiocre ou lâche abandon. Quelques hommes sauvèrent l'honneur, et leur héroïsme désespéré parut même un moment devoir arracher à la fortune un dernier sourire, mais Maximilien de Bavière et Tilly reprirent rapidement l'avantage. En quelques heures, tout était consommé ; le roi n'avait pas eu le temps d'arriver que l'armée fuyait de toutes parts, dispersée, anéantie. La bataille qui livrait aux Catholiques la Bohême et qui faillit leur livrer

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