‹ Fin de l'indépendance bohêmeChapitre 26 sur 239 · LA CHAMBRE ROYALE · texte numérisé non relu

LA CHAMBRE ROYALE

à substituer un régime autoritaire aux institutions libérales et oligarchiques. Le Maître du Trésor fut la cheville ouvrière de la nouvelle organisation.

La Chambre royale fut plusieurs fois modifiée, mais chaque changement eut pour but d'élargir et de fortifier son action : elle eut sous ses ordres un personnel nombreux, absorba les officiers de finances qui avaient d'abord conservé, au moins en partie, leur indépendance, étendit sur toutes les provinces de la Couronne sa compétence d'abord limitée à la Bohême proprement dite. Chargée de veiller à la bonne administration et au développement des revenus du roi, il n'y avait guère de questions dans lesquelles elle ne fût autorisée à intervenir; elle préparait les propositions qui étaient ensuite soumises à la diète, contrôlait la gestion des élus préposés à la perception de l'impôt, veillait à l'entretien des châteaux royaux comme à la fabrication de la monnaie, poursuivait la reconstitution du domaine, cherchait les moyens de rendre aux mines leur prospérité disparue; sous prétexte de défendre l'intérêt du fisc, elle réclamait une sone de surveillance sur les tribunaux, jugeait au contentieux, connaissait des procès dans lesquels les parties habitaient les domaines royaux. Elle eut ses représentants dans les cours suprêmes, chercha à y faire prévaloir les théories juridiques romaines, et ses délégués trouvèrent des complaisants dans ceux qu'avait gagnés l'habile générosité du prince ou qui comptaient sur sa victoire pour ramener la Bohême à l'Église catholique '. Les sous-chambellans, habilement choisis, acceptèrent la direction de la Chambre et mirent au service de la royauté toute l'influence qu'ils possédaient sur l'administration munici-

I. Le rôle de la chambre royale et Thabileté persévérante de P'erdinand ont été mis en relief avec une grande netteté par Tchélakovsky, (L'office de sous-chambellan en Boh., p. 45-33). L'instruction royale du 25 mars 1527 est très intéressante, non seulement à cause des renseignements qu'elle renferme sur la situation financière du royaume, mais aussi parce qu'elle montre avec quelle précision le roi avait dès lors conçu son plan de réorganisation. Elle a été publiée par Rézek (Ferdinand I, p. 162) et par Rosenthal, p. 281. Les ordonnances de i53oct de 1548 marquent les progrès accomplis et le développement de l'administration monarchique.

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