TRAITÉ DE PRESBOURG
lional magyar et avait épousé en 1 5 1 2 la sœur de Szapolyai, Barbara. Maximilien arma contre lui les Teutoniques et les Russes, mais les Teutoniques avaient cessé depuis longtemps d'être redoutables, et les Russes furent complètement défaits en 1 5 14. En même temps, la victoire de Szapolyai sur les paysans hongrois révoltés augmentait son influence, et dans plusieurs assemblées de comitats, on parlait ouvertement de rélever au trône. Dans ces conjonctures périlleuses, Maximilien réussit à gagner deux des conseillers les plus influents de Sigismond, Tomitsky et Chidlovetsky; celuici a avoué lui-même qu'il avait reçu de l'Empereur plus de 80,000 florins. Barbara était morte, Sigismond suivit docilement l'avis de ses ministres et se rapprocha de Maximilien; ce dernier en profita pour triompher des dernières résistances de Vladislas, qui, d'ailleurs, flatté par les propositions des Habsbourgs, n'avait guère été retenu jusquelà que par l'afiection très vive qu'il ressentait pour son frère, le roi de Pologne.
Cuspinien, l'ambassadeur de Maximilien, déployait une grande activité ; on décida qu'une entrevue aurait lieu à Presbourg (i5i5) entre l'Empereur et les rois de Bohême et de Pologne; Maximilien, arrêté comme d'habitude par des difficultés financières, ne vint pas, mais son absence n'empêcha pas la conclusion d'un traité par lequel il s'engageait à ne pas secourir les Russes et les Teutoniques; en retour, le fils de Vladislas épousait Marie d'Autriche, et Anne, Ferdinand; ce traité fut modifié par la convention de Vienne (10 mai i5i5), mais sans que les articles nouveaux en altérassent le sens général. Le mariage d'Anne et de Ferdinand fut célébré par procuration en i5i6 et accompli en
L'obstination de Maximilien avait trouvé sa récompense. Quelle situation faisait cependant ce mariage à son petitfils, si la couronne de saint Vesceslas devenait vacante? Il créait sans doute ù Ferdinand des présomptions favorables; mais lui constituait-il en lui-même un véritable droit? Ia\ Bulle d'or de Charles IV (i356^ avait établi qu'à défaut
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de postérité masculine, la couronne revenait aux filles, mais cette disposition était depuis tombée en désuétude, et les Jagellons, qui n'étaient arrivés au trône que par la violation de cette loi, n'étaient pas autorisés à en réclamer le bénéfice. L'on n'était pas même d'accord sur le^ens qu'il convenait de lui attribuer. C'est ainsi que les États tchèques, appliquant au droit politique les coutumes juridiques civiles, prétendaient que les filles mariées et dotées renonçaient par cela même à toute revendication ultérieure, et Viadislas avait accepté cette interprétation : lorsqu'il avait obtenu de la diète la promesse de reconnaître sa fille comme héritière du royaume dans le cas où son frère mourrait sans enfant, il s'était engagé en retour à ne pas la marier sans l'avis et le consentement des États. Le mariage d'Anne avec Ferdinand ne pouvait ainsi avoir d'autre effet juridique que de lui faire perdre tous ses droits à la Couronne, s'il n'avait pas été approuvé par la diète.
La diète tchèque avait-elle connu et accepté les traités de Presbourg et de Vienne ? La question a été l'objet de très longues discussions, et la lumière n'est pas encore absolument faite, en ce sens que nous n'avons aucune preuve formelle et directe du consentement des États; M. Rézek a du moins établi qu'ils n'avaient pas ignoré les négociations de Presbourg et de Vienne, que leurs représentants n'en avaient pas été écartés, et qu'aucune protestation ne s'était élevée contre l'union de l'héritière du royaume et du petit-fils de Maximilien. Dans ces conditions, il ne semble guère plus possible de mettre en doute les droits d'Anne à la succession de Viadislas, et les prérogatives de la diète n'allaient qu'à « accepter » l'époux de la reine. Tout au plus est-il permis de dire que le parti oligarchique avait voulu se ménager un moyen de procédure, en ne pas approuvant solennellement le mariage.
A la mort de Maximilien (iSig), l'attention des Habsbourgs fut absorbée quelque temps par les affaires d'Allemagne, d'Italie et de France. Les craintes qu'avait longtemps inspirées la santé de Louis, s'étaient peu à peu