‹ Fin de l'indépendance bohêmeChapitre 30 sur 239 · LE PREMIER PARLEMENT AUTRICHIEN · texte numérisé non relu

LE PREMIER PARLEMENT AUTRICHIEN

sonne à leurs délibérations, il était réduit à courir sans cesse de pays en pays pour enlever les votes. La tâche était lourde : il essaya d'obtenir des diètes particulières qu'elles déléguassent, dans certains cas, leurs pouvoirs à des représentants qui délibéreraient en commun; il espérait que dans ces réunions les jalousies et les rivalités s'effaceraient et que de ce rapprochement naîtrait un patrfotisme autrichien, qui rendrait les sacrifices moins lourds et les efforts plus productifs. Il se heurta sur ce point à une résistance invincible : ce fut un grand malheur. L'oligarchie tchèque, avec son ordinaire médiocrité d'intelligence politique, ne sut pas saisir le moyen d'opposer une barrière infranchissable au despotisme monarchique. Ces assemblées générales auraient été certainement une garantie à la fois pour les libertés politiques et pour l'indépendance nationale ; rapprochés dans un même esprit, solidaires de leurs destinées. Hongrois, Allemands et Slaves auraient sans doute oublié leurs rancunes et se seraient entendus pour ne faire au souverain que les sacrifices indispensables à l'État ; le développement de l'unité autrichienne aurait pu se concilier ainsi avec le maintien de l'autonomie de chacun des royaumes. Seulement, il fallait pour cela admettre la nécessité d'un minimum de concessions, et un certain esprit de sacrifice était nécessaire : les Tchèques se condamnèrent à tout perdre parce qu'ils se refusèrent à rien abandonner.

La première tentative pour créer un parlement commun autrichien est de i53o. L'opposition en Bohême était fort excitée; la diète, encore sous l'inspiration de Lev de Rozmital, repoussait les demandes de subsides : si les frontières du rpyaume étaient menacées, elle saurait les^défendre; sinon, elle n'enverrait de secours aux Hongrois que lorsqu'on lui fournirait la preuve incontestable que le Pape, l'Empereur, la France et les autres princes chrétiens mettaient aussi des troupes en campagne. Aussi, quand Ferdinand demanda à la diète d'envoyer des représentants à Linz pour s'y concerter avec les délégués des autres États

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