‹ Fin de l'indépendance bohêmeChapitre 5 sur 239 · Id.y p · texte numérisé non relu

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l6 LES PARTIS EN BOHÊME

désappris l'obéissance, parût assez peu digne d'envie, les candidats au trône de Bohême foisonnaient. L'électeur de Saxe et son fils, l'électeur de Brandebourg, se targuaient de leurs alliances de famille avec les anciens souverains bohèmes; le roi de Pologne, Sigismond, faisait appel aux sentiments slaves, si puissants alors, et aux traditions qui faisaient de l'alliance polonaise un des articles fondamentaux du programme national ; des agents français tâtaient le terrain et cherchaient à Prague une revanche de l'échec de Worms. Au bout de quelques semaines, la plupart des compétiteurs reconnurent que leurs chances de succès étaient à peu près nulles, et, s'ils ne renoncèrent pas tout de suite à leurs espérances personnelles, ils songèrent surtout à adoucir leur défaite en empêchant la nomination de Ferdinand. A la suite de la bataille de Pavie, une partie de l'Europe s'était coalisée contre Charles- Quint; comme il arriva si souvent au xvi« et au xvii* siècle, les ennemis des Habsbourgs cherchaient des alliés contre eux en Bohême et en Hongrie. Ils appuyèrent, bien que trop mçUement, la candidature des ducs Louis et Guillaume de Bavière.

Les remords patriotiques qu'avait un moment provoqués parmi les Tchèques la nouvelle du désastre de Mohacz, en admettant leur sincérité, n'avaient pas été de longue durée, et les divers partis en présence se hâtèrent de mettre l'occasion à profit pour fortifier leur situation et réduire définitivement à merci leurs adversaires. Ce qui prouve la gravité du mal dont souffrait le pays, les crises décisives qui auraient dû réveiller le patriotisme, déchaînaient les cupidités et les haines.

Aux vieilles dissensions une question d'héritage avait ajouté une nouvelle cause de division et panagé en deux camps la noblesse. Au mois d'octobre i523 était mort le vieux Pierre de Rosenberg, le complice dévoué de Lev de Rozmital. La Maison de Rosenberg était la plus illustre et la plus puissante de la Bohême ; ses chefs, maîtres de presque tout le sud du royaume, étaient « les premiers justiciers

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