‹ Fin de l'indépendance bohêmeChapitre 66 sur 239 · Le texte de Tcherny a été publié par Gindely, I, p. 5i · texte numérisé non relu

Le texte de Tcherny a été publié par Gindely, I, p. 5i

3. Les Actes du Consistoire utraquiste confirment malheureusement trop bien ce témoignage de Tcherny : cp., p. ai 5, la lettre du Consistoire à quelques villes pour savoir si les églises des Frères ont été fermées; voir aussi p. 220, 23i, 238, etc.

l36 PERSÉCUTION DES FRÈRES

dans l'Église utraquiste une formule d'abjuration dans laquelle il avait entassé les déclarations les plus humiliantes; il prenait sa revanche des pamphlets de Loukach. 11 avait dressé des listes de suspects pour que personne ne pût se dérober; il excitait ses subordonnés par tous les moyens.

Comme il arrive toujours, hélas ! dans ces crises, dont une des plus lamentables conséquences est de solliciter les passions viles et méprisables, les rancunes les plus basses et les cupidités les plus ignobles se couvraient du manteau de la foi. Les dénonciations étaient accueillies sans examen ; quiconque était dénoncé comme Picard, était dépouillé de ses biens, emprisonné, soumis à d'horribles tortures. Quelques officiers cherchaient à force de rigueurs à se signaler à la faveur du roi ; l'histoire a conservé, pour le flétrir, le nom d'un de ces bourreaux, Chejnoch, le capitaine de Litomychl. Aux funérailles d'un des membres de l'Unité, on avait, suivant la coutume, chanté des psaumes : seize bourgeois furent arrêtés, conduits à Prague et enfermés dans la Tour Blanche; on les jeta dans un cachot infect où se déversaient toutes les immondices du château ; l'air était si empesté que l'on regarda comme un héros l'administrateur de l'évêché qui les y visita. Pendant six mois, ils supportèrent leurs atroces souffrances avec une admirable résignation ; à la fin six d'entre eux, brisés, presque inconscients, abjurèrent ; les autres, non pas plus courageux peut-être, mais plus forts, persistèrent, et un favori du roi, un médecin, finit par obtenir pour eux l'autorisation de quitter le royaume '.

Dans toutes les communautés régnaient la désolation et la terreur, le service divin était suspendu, les prêtres, en fuite, traqués d'asile en asile. Malgré leurs exhortations et leurs exemples, les défections se multipliaient : parmi les prosélytes les plus récents, tous n'avaient pas la ferme piété des premiers croyants ; plus d'une fois, l'exemple de la lâcheté vint des seigneurs. Non seulement les nobles utra-

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