AUTRICHIENS ET BAVAROIS I
Ferdinand ne sollicitait pas les suflfrages des États, mais prétendait faire consacrer par eux son droit héréditaire. Il avait envoyé à Prague une nouvelle ambassade composée de Georges de Puchheim, de Louis de Polheim, de Jean de Stahrenberg et de Nicolas Rabenhaupt, et bien que ceux-ci n'avançassent qu'avec beaucoup de prudence et de réserve, leurs instructions avaient certainement transpiré et elles avaient éloigné de TArchiduc tous les indécis. Les États rencontreraient-ils jamais une meilleure occasion pour mettre au-dessus de toute contestation leur droit d*élire le souverain? C'eût été folie que de Id laisser échapper. Et comment abdiquer un si précieux privilège! La période électorale était à peine ouverte, et déjà de tous côtés les promesses et les présents pleuvaient. Lev de Rozmital, aussi peu disposé que les autres seigneurs à faire fi de ces avantages, suivit le courant; forcé de renoncer à ses espérances personnelles, il se rallia au candidat dont l'attitude était la plus humble et qui serait le moins dangereux après l'élection.
Les Bavarois, Guillaume et Louis, eurent le tort de croire le succès assuré; l'affaire avait été bien préparée, elle était bien engagée, mais, au dernier moment, ils n'agirent ni avec assez de rapidité ni avec assez d'énergie. Us ne parvinrent même pas à se mettre d'accord sur le nom de celui d'entre eux qu'ils présenteraient aux suffrages de la diète, lui laissèrent le choix; une candidature anonyme n'a jamais provoqué beaucoup d'enthousiasme! Ils avaient envoyé en Bohême, dès la première heure, des agents qui avaient trouvé un entremetteur très actif dans un marchand praguois, d'origine bavaroise, Michel Karg, et un guide intelligent et sûr dans Brzétislas de Chvihov, le véritable chef du parti bavarois; ils déployaient beaucoup de zèle, multipliaient les promesses, mais ils manquaient un peu d'autorité : l'ambassade officielle arriva trop tard, à peine quelques jours avant le vote. Les ambassadeurs de Ferdinand avaient plus de surface ; fort bien renseignés par les Rosenberg et Adam de Hradets, ils témoignèrent d'une habileté