‹ Fin de l'indépendance bohêmeChapitre 8 sur 239 · ÉLECTION DE FERDINAND · texte numérisé non relu

ÉLECTION DE FERDINAND

supérieure, raffermirent les hésitants, ramenèrent les dissidents, surent répandre peu à peu Topinion qu'il valait mieux traiter avec le concurrent le plus puissant et que les Habsbourgs étaient plus en mesure que les Wittelsbach de récompenser les services qu'ils recevraient.

L'animation à Prague était extrême, et les esprits fort excités; la diète s'ouvrit le 1 8 octobre i526. Les ambassadeurs de Ferdinand, sur l'invitation de leurs conseillers bohèmes et sans même attendre les instructions de leur prince, avaient pris une résolution hardie, ne parlaient plus des droits de l'Archiduc, ne contestaient pas les pouvoirs électoraux des États. Bien leur en prit, car la diète dans une première résolution déclara que la couronne était vacante et que le souverain serait élu par la libre volonté des représentants du Royaume ; puis elle chargea une commission de préparer les Pacta Convenia qui lieraient le nouveau souverain.

Elles étaient fort rigoureuses, ces conventions. La question religieuse ne joua pas un très grand rôle dans les discussions; les États se bornèrent à demander que les libertés de l'Église nationale fussent maintenues; la majorité n'était pas d'ailleurs favorable aux Luthériens, et elle pria le nouveau roi d'interdire sévèrement le mariage des prêtres et les attaques contre la Vierge Marie et les Saints. Les Ordres •se montrèrent en revanche très préoccupés de faire sanctionner par la loi toutes leurs récentes usurpations politiques : le souverain ne prendra le pouvoir qu'après avoir prêté serment à la constitution; il résidera dans le royaume, et, s'il est obligé de s'absenter, remettra l'autorité aux gouverneurs désignés par la diète; les fonctions publiques ne seront confiées qu'à des nationaux, et le souverain n'aura pour conseillers dans les affaires bohèmes que des Bohèmes; les hauts dignitaires ne pourront être destitués que de l'aveu du Grand Conseil; aucun sujet du royaume ne sera traduit devant un tribunal étranger; le roi n'essayera pas de faire élire et couronner son successeur de son vivant. Les Seigneurs n'entendaient pas d'ailleurs soumettre leurs de-

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