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I. Gindely, I, p

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protestent, écrivent à l'Administrateur catholique ou utraquiste, sollicitent Tintervention de leurs chefs ; ceux-ci ne la refusent pas, s'adressent au seigneur ou transmettent au roi les doléances qui se multiplient. — A quoi bon? Que peut faire le souverain même en dépit de sa bonne volonté? Parmi les fonctionnaires auxquels il renvoie Taffaire, beaucoup approuvent les faits qu'on leur dénonce, sont plus ou moins ouvertement complices du changement qu'ils ont la mission de punir. Les capitaines de cercles, les seuls dont l'action eût pu êtreeflScace, sont arrêtés par des scrupules constitutionnels ; les droits de la noblesse leur tiennent plus à cœur que les intérêts de la religion, et ils sont trop imbus des préjugés de leur caste pour contester à leurs amis de la noblesse les prérogatives que leur reconnaît l'usage. Le pire qui puisse arriver aux seigneurs dénoncés, c'est qu'on ouvre une instruction judiciaire contre eux. Que leur importe? Ils ne manquent pas d'excuses ou de prétextes, font défaut, obtiennent des ajournements : presque toujours l'affaire est renvoyée, c'est-à-dire enterrée. Tranquilles de ce côté, ils reprennent l'œuvre à laquelle les sollicitent à la fois leurs intérêts et leurs convictions, et les malheureux curés expient par de nouvelles tracasseries l'insolence de leurs plaintes. S'ils persistent à maintenir les anciens rites, les outrages redoublent, le service divin est suspendu, les presbytères transformés en étables '.

Bientôt les prêtres, découragés, renoncent même à implorer là protection impuissante de leurs supérieurs, s'arrangent pour plaire aux patrons, deviennent les instruments dociles de la propagande hérétique. Les populations suivent, s'habituent aux nouvelles doctrines sans s'en apercevoir, n'ont pas même conscience de la défection où on les conduit. Si elles montrent quelque mauvaise volonté, le seigneur ne les ménage pas plus qu'il ne ménage le curé : à Eula, la commune est encore catholique, mais n'ose pas

I. Borovy cite un assez grand nombre de détails caractéristiques. (L'archcv6que Brous de Mohelnitse, p. 1 34 et sq).

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Tavouer « par crainte des punitions » ; à Leukendorf^ les habitants refusent très énergiquement de recevoir le pasteur luthérien qu'on veut leur imposer, mais le maître n'a pas plus souci de leur mécontentement que des remontrances de l'archevêque.

Presque partout d'ailleurs les novateurs ont pour eux le courant général; les cas sont très rares où il leur est nécessaire de recourir à la violence. Les actes de pression sont curieux parce qu'ils jettent une vive lumière sur l'état des mœurs à cette époque et qu'ils montrent les limites de l'autorité royale, incapable, — non seulement de ralentir le développement de l'hérésie, — mais même de protéger les Catholiques contre l'injustice; mais il convient de n'en exagérer ni le nombre ni la portée '. En face de l'Utraquisme en pleine décomposition et du Catholicisme, dont la réorganisation commence à peine et qui ne représente pour la masse du peuple qu'une superstition détestée, il suffit que le monarque se relâche un peu de sa sévérité pour que les forces qui entraînent le peuple vers le Protestantisme produisent tout leur effet. Dans les grandes familles dont la fidélité à la cour de Rome avait traversé sans faiblesse l'insurrection hussite, des défections retentissantes éclatent. Sur la frontière de TAllemagne, les seigneurs sont presque tous gagnés à Luther. Dans la petite noblesse, parmi les Chevaliers, les Catholiques et les Utraquistes ne forment plus qu'une exception presque négligeable.

Ferdinand ne paraît pas s'être ému outre mesure de ce flot qui menaçait de tout emporter. — Mieux valait laisser l'inondation s'étendre que de lui opposer des digues qu'elle aurait renversées. Peut-être aussi pressentait-il qu'il serait

I. Les écrivains protestants, lorsqu'ils ne se contentent pas de considérations générales et entrent dans le détail des faits, sont bien forcés de reconnaître que les nobles ne professent pas un grand respect pour la liberté de conscience. Les actes des deux Consistoires et les documents officiels sur lesquels s*appuient les récits de Borovy et de Frind ne laissent aucun doute sur la réalité de ces abus de pouvoir. Mais de leur côté les Catholiques tirent des exemples quMls apportent des conclusions trop générales. Le mot de persécution dépasse ici infiniment la mesure; il y a çà et là une pression un peu brutale, mais elle est presque toujours inutile.

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