LE CONCILE DE TRENTE
leurs d'admettre une transaction sur ce point. Parmi les légats qui présidaient maintenant le Concile, le cardinal de Màntoue, qui reconnaissait volontiers la nécessité de quelques réformes, était enclin à donner, autant que possible, satisfaction à TEmpereur ; le cardinal Hosius d'autre part était trop au courant des affaires d'Allemagne pour ne pas voir que certains sacrifices étaient indispensables. Les représentants de la Bavière et de l'archevêque de Salzbourg défendirent aussi la Communion sous les deux espèces. Certains arguments produisirent quelque impression sur l'Assemblée : après tout, il ne s'agissait pas d'un article de foi, mais d'une coutume introduite assez récemment dans l'Église et qu'elle était toujours libre de modifier. Non seulement le Concile de Bâle avait permis aux Hussites de communier sous les deux espèces, mais à Chypre, en Crète et dans les provinces vénitiennes, six cent mille Grecs-Unis conservaient le Calice. Les envoyés impériaux, l'évêque de Flinfkirchen, Georges Drascovics et le nouvel archevêque de Prague, Prous de Mohelnitse, ne montrèrent pas une grande habileté. Pendant longtemps, ils s'étaient payés de vaines excuses, avaient laissé traîner l'affaire en longueur. Quand ils s'aperçurent qu'ils avaient été joués, ils voulurent prendre leur revanche, exigèrent qu'on mît la discussion à l'ordre du jour. Le cardinal de Mantoue les avenit de leur imprudence : la majorité était hostile ; mieux valait patienter quelques jours; les évêques français étaient en route, ils les soutiendraient. Les envoyés du roi refusèrent de rien entendre. Prous qui porta tout le poids de la discussion, n'avait pas Toreille de l'Assemblée. Sa grande taille, sa piété sincère, la dignité de son caractère, son éloquence commandaient le respect, mais les évêques italiens qui disposaient de la majorité, lui reprochaient sa hauteur et son indépendance. Il avait été le défenseur très ardent, presque intempérant, dit Pallavicini, des droits des évêques contre la puissance pontificale ; c'était un prélat du xv' siècle, égaré dans une réunion où dominaient des tendances absolument opposées à celles de Constance et de Bâle. Il