‹ Fin de l'indépendance bohêmeChapitre 95 sur 239 · UTRAQUISTES ORTHODOXES · texte numérisé non relu

UTRAQUISTES ORTHODOXES

disposer librement des cures utraquistes, essaya de dissiper les malentendus et de faciliter les transitions. Sur certains points, cependant, il ne lui était pas possible de céder. Lorsque Ferdinand avait sollicité du pape la nomination d'un archevêque de Prague, son intention avait été de mettre fin à la division qui durait en Bohême depuis près d'un demisiècle et qui n'avait plus désormais de raison d'être ; il entendait donc que les Utraquistes s'inclinassent comme les Catholiques devant Tautorité suprême du métropolite; Maximilien, à ce sujet, ne différait pas d'opinion avec son père. Antonin ne dépassait par conséquent en rien ni ses devoirs épiscopaux ni la volonté des souverains quand il revendiquait un droit de contrôle sur les actes du Consistoire, prétendait une certaine surveillance sur ses nominations, attirait son attention sur des choix dangereux, l'invitait à révoquer les prêtres suspects; il lui demandait aussi de reconnaître sa haute juridiction et de ne pas s'opposer aux appels devant le tribunal de l'archevêché. Les Administrateurs, en présence de revendications qui étaient absolument justifiées, ne savaient à quel parti s'arrêter, craignant, s'ils rompaient en visière à l'archevêque, de s'attirer la mauvaise humeur du roi, d'autre part, retenus par la peur de mécontenter les États et par une fausse pudeur. Suivant les circonstances ou le caprice des personnes, ils passaient par les contradictions les plus étranges. En 1564, ils refusent d'entrer en rapport avec Antonin, et même de recevoir la bulle pontificale qui autorise la Communion sous les deux espèces; en i565, la scène change : dans une réunion du clergé, ils ordonnent, sur l'invitation de Prous, de prononcer dans toutes les églises tchèques des prières publiques pour appeler la bénédiction de Dieu sur les armées impériales, et, — comme quelques assistants s'émeuvent, déclarent qu'ils ne connaissent pas l'archevêque, qu'ils n'ont pas à obéir à un prélat catholique, — les Administrateurs réfutent chaleureusement cette opinion, exposent la volonté de Ferdinand et très bruyamment font étalage d'obéissance. L'année suivante, nouveau revirement. Et cela conti-

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^f fit d'année en année, mais souvent de •

M"ne en semaine. Le calcul était ma-

Mt encore le Consistoire de sau-

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-^t sa mauvaise humeur in-

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scrait une simple machine enfin de la pénible nécessité leurs prêtres une consécration jent pas pouvoir se passer. Leur nd, pendant les premières années e, Antonin refusa d'ordonner leurs iie Vy avait pas autorisé. En i565 ce- . artit de sa rigueur en faveur de douze avaient promis « d'obéir comme il conve- . eque ». Mais la question n'était pas résolue Juique fois les difficultés renaissaient, au grand prélat dont le roi et les magistrats de Prague solu l'indulgence, et à qui cependant ses devoirs eni Kglise et envers lui-même interdisaient de se plier . rôle qu'on voulait lui attribuer. La lettre dans laquelle il expose à Maximilien la situation, au début de son règne, marque avec beaucoup de force l'attitude singulière du Consistoire et ses secrètes visées : Sans cesse, écrit Antonin, il empiète sur mes droits, nomme des prêtres utraquistes aux postes qui jusqu'à présent ont toujours été occupés par des Catholiques. Dernièrement, ils m'ont présenté vingt-cinq jeunes gens et m'ont demandé de les ordonner : j'ai voulu les examiner, ils ont refusé. J'ai cédé pourtant, pour éviter des conséquences pires encore. Mais, lorsque j'ai eu conféré à ces candidats les Ordres mineurs, je me suis aperçu que leur inexpérience et leur incapacité étaient telles que, non seulement mes prêtres, mais tous les gens de ma maison en étaient scandalisés. Je leur ai adressé une longue exhortation, leur ai rappelé leurs devoirs : ils n'admettront à la Table Sainte que les fidèles purifiés par la confession,

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— très négligée chez les Utraquistes, — ils combattront les mauvaises traditions, supprimeront la communion des enfants, non pas brusquement, ce qui serait impossible, mais peu à peu. Ils me le promirent. Deux jours après, voici que les administrateurs se plaignent, disent que je ne dois pas tourmenter leurs prêtres ; d'autres m'accusent d'avoir voulu détourner leurs curés de leurs devoirs. « Si je ne dois pas même savoir qui je vais consacrer, s'il faut que j'attende leur bon plaisir : consacre-moi celui-ci, puis cet autre, que je ne connais pas, qu'il m'est interdit d'interroger et d'examiner, ma conscience ne me le permet pas. » * — Et de fait, de 1567 à 1587, aucun candidat utraquiste n'est plus consacré par l'archevêque.

Jamais la disette de prêtres n'a été plus grande. Quelques jeunes gens réussissent à escroquer l'ordination à Olomouts, Breslau, Posen ou Passau. Mais l'on se défie toujours plus des Tchèques : depuis l'autorisation du Calice, ils n'ont plus de prétexte pour implorer la complaisance des évêques voisins. Après les petites cures, les grandes sont désertes. Les hérétiques n'ont plus besoin de chasser les curés utraquistes, ils occupent les postes vacants. Le Consistoire proteste pour la forme quand on usurpe les sièges dont il a le droit de disposer : en réalité, comment y pourvoiraitil? Là où les paroissiens refusent d'accepter les pasteurs luthériens, le service divin est interrompu, « les enfants ne sont pas baptisés, les hommes meurent comme des bêtes. »

On prend au hasard tous ceux qui se présentent ; l'ancienne classe des tributaires reparaît, c'est-à-dire des prêtres auxquels l'on permet, moyennant une redevance, d'entretenir une concubine ; l'ignorance du clergé utraquiste est profonde, ses mœurs grossières ; le Consistoire ferme les yeux sur tous les scandales. Malgré tout, il ne parvient pas à combler les vides qui, chaque jour, éclaircissent les rangs de son petit troupeau. Au milieu de cette désolation, il s'adresse au pape, tâche d'émouvoir sa pitié. Vains efforts.

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