MAITRE MORGAN
— Combien d'audiences aujourd'hui?
— Quinze pour ce matin et vingt d'inscrites pour ce soir, après la Chambre.
— Ça augmente tous les jours !
— Dame I on sait que le patron a la main longue, et alors... Avez-vous vu à l'O^iW d'hier la nomination du nouveau procureur général, qui n'était qu'un méchant petit substitut de province, il y a trois ans? C'est encore lui qui afaitçal...
Ces propos s'échangeaient un matin, avant huit heures, entre deux jeunes gens qui remplissaient les fondions de clercs expéditionnaires auprès de maltra Morgan, avocat et
membre de la Chambre des Députés. Tout en causant, ils triaient, en les classant méthodiquement, une quantité de lettres annotées au
crayon rouge, et de paperasses diverses, étalées sur la grande table recouverte d'un tapis vert, devant laquelle ils étaient assis. La pièce où ils se trouvaient était située au rez-de-chaussée d'une maison de la silencieuse et tranquille rue du Mont-Thabor, où Morgan s'était installé depuis peu, dans un appartement du premier étage, communiquant au moyen d'un escalier intérieur avec le rez-de-chaussée, occupé par ses bureaux et son cabinet.
— Dire qu'il ne fait pas encore jour et qu'il faut se crever les yeux à travailler au gaz ! dit un des jeunes gens en bâillant. S'il ne m'avait pas promis une place de rédacteur au Sénat...
— Et à moi une recette particulière en province...
— Il y a beau jour que je ne serais plus dans cette galère... Savez- vous qu'il m'a fait écrire hier plus de quatre-vingts lettres!
— Le fait est que pour le travail qu'il exige et les appointements qu'il donne!...
— Oui, dur pour lui, dur pour les autres.
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— El avare!... Ce n'est pourtant pas faute de gagner de Targenl!..
— Certes!. ..Il joue à IaBour8e,n*est-cepas?
-^ Ma foi I vous m'en demandez trop... Il n'y a que Durandeau, son âme damnée, qui pourrait vous répondre... et encore!... Si vous croyez qu'on sait ce qu'il fait ou ce qu'il ne fait pas!...
— Ah! c'est un rude homme^ le patron : fin comme l'ambre, prudent comme un serpent, et plus retors à lui seul que toute la Chambre des notaires!
Un grincement de porte retentit dans le haut du petit escalier intérieur, qui débouchait à l'un des angles de la pièce, et les deux jeunes gens, cessant aussitôt de parler, se mirent à écrire avec l'air d'application que prennent des éco« liers à l'approche du maître.
Une voix brève jeta ces mots :
— La douche pour dix heures moins le quart... Le déjeuner pour dix heures : deux œufs, deux côtelettes et du thé... Allons, vivement, Durandeau, descendez le courrier!...
Et, suivi d'un homme qui portait sous le bras un énorme portefeuille bourré de papiers, de lettres, de journaux, — tout le courrier de la
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veille au soir, qu'il dépooillait chaque jour, dès six heures du matiu, avec son secrétaire intime, — Morgan parut.
C'était un homme d'une quarantaine d'années, à peu près. Une redingote noire, dont il était déjà revêtu, en dépit de Theure matinale, dessinait ses larges épaules et son torse robuste. Sa démarche, tous lesmou vements de son corps avaient ce je ne sais quoi de souple et de fort qui révèle un organisme vigoureux, soigneusement tenu en haleine parla pratique assidue des exercices physiques. Il portait les cheveux courts et rabattus sur le front, — un front assez large , mais bas , sillonné par un pli droit et profond qui se creusait verticalement entre les deux sourcils. La bouche, le menton se perdaient dans les moustaches et dans une longue barbe blonde, taillée avec une parfaite symétrie, qui tombait en éventail sur la poitrine . Les yeux d'un bleu métallique, à pupilles très petites, étaient armés d'un regard cJair et froid qui ne reflétaient rien qu'une volonté de fer, et dont il semblait qu'aucune émotion ne dût parvenir à troubler jamais l'inaltérable et dure limpidité. L'exotisme anglo^8i?.on de son nom s'harmoniait à merveille avec son extérieur cor-*
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rect, son air flegmatique et résolu de Tankee. Il jeta un coup d'oeil en passant, sur la table^ fit de sa voix sèche et impérieuse, une observation au sujet du gaz, qu'on laissait trop longtemps allumé, tira de sa poche un trousseau de ces petites clefs qui servent pour les cofifresfortsoules serrures de sûreté, et ouvrant une porte matelassée d'un épais capitonnage destiné à déjouer les entreprises de toute oreille indiscrète, il entra dans son cabinet avec Durandeau. Ce cabinet ressemblait à celui d'un notaire : au milieu, une grande table-bureau, large et massive, en palissandre, garnie de tiroirs étages des deux côtés d'une sorte de niche laissée vide sur le devant, pour qu'en écrivant on pût y loger ses jambes; le long des murs, du plancher au plafond, d'innombrables casiers superposés, en carton vert, portant tous, audessus d'une petite poignée de cuivre qui servait à les tirer de leurs alvéoles, une étiquette blanche, munie de lettres et de numéros d'ordre. Le parquet bien ciré luisait comme une glace.. Deux fauteuils et quatre chaises étaient rangés en demi-cercle, dans un ordre rigoureux, enface deFimmense bureau ; la cheminée, sans teu, pourvue d'un appareil de chauffage
au gaz, que le secrétaire s'empressa d'allumer en entrant, ne portait aucun objet d'art •— pas même une de ces banales reproductions en bronze de quelque œuvre célèbre ; —rien qu'une pendule, faite d'un bloc carré de marbre vert, et deux candélabres de mauvais goût, à double branche, dontles bougies montraient autour de la mèche des traces de cire à cacheter. Tout cela nu, propre, symétrique et donnant froid à l'àmè, comme une sacristie de temple protestant, ou comme le greffe d'une justice de paix.
— Allons, dit Morgan en s'asseyant, ne perdons pas de temps. . .
Le secrétaire tira de la serviette une liasse de lettres ouvertes. A la première page de chacune d'elles était épinglée une fiche portant l'analyse, résumée en quelques mots, de son contenu. Durandeau se mit à lire : « M. Mayer, banquier, demande la remise du double droit dont il a été frappé par l'enregistrement pour omission et fraude dans une déclaration de succession.. « »
— Impossible... Le ministre m'a dit il y a trois jours que j'avais fait perdre au Trésor plus de soixante-quinze mille francs depuis le com-
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mencement de Tannée, par les remises qae j'ai déjà obtenues.
— M. Mayer vous informe en post-scriptum qu'il se propose de souscrire dix actions à VÀrgus Financier...
— Ah!... Donnez.
Il prit la lettre et la plaça dans une de ces « chemises » en fort papier, — comme en em« ploient les hommes de loi pour leurs dossiers, — sur laquelle se lisait, inscrit en grosses lettres, le mot Finances.
« ... M. Belin, membre du Conseil d'administration de la Société des Guanos Péruviens, sollicite l'autorisation d'ajouter à son nom : de laDavauderie...»
— L'imbécile I...
— Je dois vous rappeler que c'est un électeur influent du XVIP arrondissement... Fabriqueimportantedecomptoirspour marchands de vins... trois cents ouvriers...
— Donnez.
La lettre de M. Belin disparut dans une « chemise » qui portait : Justice.
<f ... La femme Gutzwiller, Alsacienne, dont le mari a été fusillé comme espion par les Prussiens en 1870, s'adresse à vous pour obte«
nir un petit secours du ministère de la guerre. Elle fait valoir que son fils unique, engagé volontaire aux zouaves, vient de mourir des fièvres en Tunisie. »
— Rien à faire... Passez.
La lettre de la femme Gutzwiller tomba dans une corbeille placée aux pieds de Durandeau.
« M"* Godefroy recommande à votre bienveillant accueil le sieur Delaunay,inventeurÛ'une nouvelle couverture imperméable, dite couverture hydrofuge. M"* Godefroy est d'avis qu'il y aurait un avantage considérable, — les mots sont soulignés dans sa lettre, — à ce que la couverture hydrofuge fût adoptée pour l'armée. »
— Ahl... Donnez... Écrivez à la Godefroy que je recevrai cet individu après-demain matin à neuf heures. . . Vous ajouterez que la dernière affaire dont elle m'a entretenu est en bonne voie, et que je compte pouvoir lui annoncer prochainement une solution favorable... Estce compris?... Continuez.
Durandeau reprit sa lecture, et pendant une grande heure d'horloge, les lettres continuèrent à s'entasser dans les diverses « chemises » étalées sur le bureau, — une par ministère, — ou à rejoindre dans la corbeille des rebuts, la
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supplique de FAlsacienne dont le mari avait été fusillé par les Prussiens, et dont le fils était mort au service en Tunisie.
Vers neuf heures, on frappa discrètement à la porte. Durandeau se leva, donna un tour de clé, — car il avait refermé derrière lui en entrant, — entre-bâilla la porte.
— Voulez- vous dire au patron que c'est M. Costalla qui demande à le voir? dit un des clercs.
Morgan tira un des tiroirs de son bureau, y fit disparaître les « chemises », et répondit tranquillement :
— Faite» entrer... Vous pouvez nous laisser^ Durandeau...
La porte s'ouvrit toute grande, la puissante stature de Costalla s'encadra dans le chambranle, et Michel entra en disant gaîment :
— Bonjour, frérot... Comment vas-tu, ce matin?
La mère de Costalla avait épousé en secondes noces un M. Morgan, d'origine américaine, établi en France et naturalisé. De ce mariage était né un fils. Les deux frères firent leurs études ensemble dans un lycée de province. De cinq
ans plus âgé, Michel avait voué âe bonne heure à son cadet une affection profonde, qui prit avec le temps quelque chose de l'indulgente tendresse d'un père pour son enfant* Au collège, Edouard était hai de ses camarades; Michel le mit sous la protection de ses poings et de sa popularité : car ils étaient déjà l'un et l'autre ce qu'ils devaient être par la suite, celui-ci loyal, le cœur chaud et ouvert à tous les sentiments généreux, bon, serviable, aimé de tous; celui-là, dissimulé, sec, perfide, décourageant la synipathie par les dessous d'égoïsme et de dureté qu'on devinait en lui. Devenu dé^ puté de Belleville, Costalla dirigea la campagne électorale qui fit d'Edouard, après la chute de l'Empire, le représentant de l'arrondissement de Montmartre : grâce à son frère, Edouard n'eut qu'à paraître et fut nommé.
L'antithèse qui était au fond de ces deux natures se retrouva dans la conduite qu'ils tinrent l'un et l'autre comme hommes politiques. Ardent patriote, épris de justice, de liberté, de progrès, Costalla présentait à la France, avec quelque chose de plus avisé seulement, de moins gothique et de moins raide, le type rajeuni, modernisé, assoupli, si l'on veut, mais
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tion pas dégénéré en somme, du fépublicaia croyant et intègre qu'on avait connu en 1848, Bien qu'il se plût à charger ses discours de pédantes formules positivistes, sur lesquelles aimait à s'exercer la verve moqueuse de son ami Farjasse, il avait un idéal, et cet idéal était noble. Morgan eut le triste honneur d^être le premier représentant d'une nouvelle école, aussi sceptique que l'autre avait été enthousiaste, dénuée de scrupules comme de convictions, à qui les naïves idoles d'autrefois, la Fraternité, l'Égalité, la Démocratie n'inspirèrent plus, au fond, que du dédain, et qui, cessant de regarder la République comme un apostolat, entreprit d'en faire une carrière. A la Chambre, bien qu'il eût la parole facile, claire et précise, il n'essaya pas de prendre rang à côté de son frère.' On l'apercevait quelquefois dans la salle des séances, écoutant avec un vague sourire, une indéfinissable expression de raillerie et d'ennui, les grandes tirades patriotiques ou républicaines de Costalla, — et applaudissant ensuite du bout des doigts, comme on applaudit par convenance un ténor de salon. Puis il se retirait discrètement, rôdait dans les bureaux et dans les couloirSi abordait les ministres, de-
mandait des nouvelles, nouait des relations éclectiques avec des députés de toute nuance, rendait unpetitservice aujourd'hui, en échange duquel il en réclamait un gros le lendemain, louvoyait avec tant de prudence et de dextérité, que, sans avoir un ami ni à droite ni à gauche, il comptait des obligés dans les deux camps; que, sans être recherché nulle part, il avait ses entrées partout, et que Tinstinctive antipathie qu'il provoquait, par ce je ne sais quoi de répulsif dont il ne put jamais se défaire, avait pour correctif une certaine crainte qu'il était aussi dans sa nature d'inspirer. Hors de la Chambre, même tactique. Il s'était insinué dans le monde des gros industriels, des nababs de la finance, dans le haut baronnage juif; on y tenait en singulière estime son intelligence nette, lucide, pratique, sa haine de toute sentimentalité, et surtout ce robuste mépris des hommes, auquel ces puissants seigneurs. reconnaissaient en lui un émule, un jeune oiseau de proie ayant robuste hep et fortes serres, qui viendrait un jour, quand ses ailes auraient grandi, planer auprès d'eux, les rapaces de haut vol, et prendre sa part de leurs festins.
Esprit méthodique, il avait minutieusement
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réglé remploi de son temps, et soumis sa vie à des règles précises, qu'il observait avec une immuable ponctualité. Il avait une heure pour son coucher, une autre pour son lever. Il ne paraissait jamais dans un théâtre ni dans une salle d'exposition, professait un dédain absolu pour les fêtes, la représentation, le luxe, les arts, la bonne chère, les femmes, le monde; mais il soignait son corps avec la sollicitude d'un lutteur ou d'un jockey, entretenait la vigueur et l'élasticité de ses muscles par des exercices quotidiens de force ou d'adresse, redoutait l'embonpoint comme une sorte de déchéance physique, ne mangeait que de certains mets, — et avec une extrême sobriété, — se pesait souvent, se faisait doucher tous les jours. Son intérieur était fort simple, comme sa mise. Il tenait lui-même , avec la plus scrupuleuse économie, tous les comptes de la maison, réglait jusqu'aux dépenses de la cuisine, quoiqu'il fùtmarié. Femme, enfants, domestiques, tremblaient sous sa main de fer. Il les avait plies à ses habitudes inflexibles d'ordre et de régularité; les levers, le service intérieur de l'appartement, les repas, tout se faisait silencieusement et vite, avec autant d'exactitude qu'à
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la caserne. L'idée seule de perdre une minute lui semblait intolérable : il avait donné Tordre à son domestique d'épîngler ouverts les principaux journaux du matin sur les murs de son cabinet de toilette, et il les parcourait en s'habillant. Le décor extérieur de sa vie se présentait ainsi sous un aspect rigide et puritain* Outre qu'elle avait le mérite de faire illusion aux gens, cette ordonnance lui plaisait comme étant, plus que toute autre, propre à lui permettre de se recueillir, de ramasser et de condenser ses forces, de suffire enfin à la tâcbé écrasante, au labeur presque surhumain quMl avait assumé. Sous une apparence raide et compassée de clergyman, cet homme toujours maître de soi, cet homme au masque impénétrable, cachait une imagination dévorante. Seulement, au lieu de s'exercer dans le domaine de la littérature ou de Fart, cette imagination ne savait appliquer qu'à des chiffres l'étrange faculté de grossissement dont elle était douée. Elle concevait avec une inépuisable fécondité des spéculations ingénieuses, compliquées, subtiles, et quelquefois téméraires à ce point, qu'il eût été difficile de dire si la marque qu'elles portaient était celle d'un
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génîe particulier ou d'une sorte d'extravagance. L'ardeur indomptable avec laquelle Morgan avait dans sa jeunesse aimé le plaisir s'était, non pas amortie avec l'âge, mais transposée en une excitation maladive de son cerveau, qui ne pouvait plus penser qu'à l'argent, — comme d'autres ne peuvent plus penser qu'à la femme; — et il apportait à cette âpre poursuite du million de si fougueuses convoitises, qu'on l'eût dit en proie à une sorte de névrose. Son immoralité, qui était insondable, avait ceci de spécial : qu'elle était en même temps ingénue, si l'on peut dire, — la seule ingénuité, d'ailleurs^ qu'on remarquât en lui* Il était venu au monde atteint d'une sorte de cécité du sens moral, qui lui interdisait totalement le discernement du bien et du mal, de l'honnèie et de l'indélicat. H avait trouvé, naturellement, sans efiTort, une conception de la vie, à laquelle il conformait invariablement tous ses actes dans la pratique : cette théorie reposait sur la conviction absolue que tout est à vendre, — qu'il n'y a, dans une conscience qui résiste, comme dans un objet que le mar chand hésite à céder, qu'une question de prix à débattre et d'enchère suffisante à offrir. N'é-
tant contenae par aucun scrupule d'ordre sen^ timental, par aucune règle morale, rhystério des affaires dont il était possédé se serait manifestée avec une tranquille impudeur, qui l'eût rapidement compromis, si Tinstinct sournois et rusé de sa nature n'eût prévalu fort à propos sur les audaces de son cynisme, et ne Peut induit à dissimuler soigneusement ses intrigues, encore que les plus basses lui parussent très innocentes et qu'il n'en conçût aucun remords. Depuis dix ans, il se livrait avec une incroyable persévérance, dans l'ombre de son frère, à une sorte de travail de taupe; il avait partout pénétré, tout envahi : la Chambre, le Sénat, le Conseil d'État, la Cour des Comptes, les Tribunaux, la Presse. Tandis que Costalla, toujours sur la scène, attirait sur lui et retenait l'attention des spectateurs, personne ne songeait à se demander quel était ce pas discret qu'on entendait rôder furtivement derrière les coulisses. Simple député, Morgan avait si bien peuplé tous les ministères de ses créatures, possédait dans toutes les administrations tant d'intelligences secrètes, tant de louches accointances, qu'il était en réalité plus puissant que les ministres. On le sentait partout