‹ Finances contemporaines (volume 2)Chapitre 117 sur 229 · SUBVENTION · texte numérisé non relu

SUBVENTION

par

ouvrier

et par an

Anzin

Dourhy. . .

Vicoigiif. .

Fresne-Midi Crespin

fr. 0.

fr. e.

no 70

.ut

Ces chiffres ne prouvent-ils pas une fois encore que les salaires payés à l'ouvrier, venant s'ajouter aux libéralités que les compagnies acquittent pour les institu- Uons qu'elles ont créées en faveur de leur personnel, dépassent de beaucoup les sommes distribuées aux actionnaires sous forme d'intérêts ou de dividendes, et nous ne parlons pas des impôts que, par surcroît, ces compagnies ont à acquitter ?

Que, pour une compagnie, l'année ait été bonne ou mauvaise, la concurrence plus ou moins active, le prix (le vente des produits plus ou moins élevé, l'ouvrier n'a rien eu à craindre pour son salaire ; les institutions fondées dans son intérêt ont contmué à fonctionner ; TElat, de son côté, a perçu l'intégralité des impôts qui atteignent ces sociétés. Quel est donc celui qui court les plus grands risques ? N'est-ce pas ce capitaliste abhorré, cet actionnaire, ce « ploutocrate » ? Et cependant, les capitaux qui ont créé et développé une indus- Irie, n'ont-ils pas servi, tout d'abord, à occuper et rémunérer toute une classe de la société qui, sans eux, serait restée inactive et malheureuse ?

Il existe une école qui dénonce à la vindicte publique capitalistes et les actionnaires et obligataires, les capitalistes, les ren- '®"^'®"' tiers, tous ceux qui possèdent.

pis do liM^ail.

On dit à l'ouvrier que le capital l'exploite ; car, sans lui, ce capital n'aurait aucune valeur et les entreprises, quelles qu'elles soient, ne pourraient ni fonctionner, ni produire. Fermez les mines, laissez s'éteindre les hautsfourneaux, organisez la grève générale ; plus de chemins de fer, plus de houillères ; travaillez le moins de temps possible et faites-vous payer le plus cher que vous pourrez ; laissez le patron faire lui-même ce travail qu'il impose à ceux qu'il emploie. L' « affreux » capital, r (( infâme » capital, le capital « vampire », « exploite » l'ouvrier ; il « s'engraisse des sueurs du peuple ».

Tels sont les conseils qu'on prodigue à la classe ouvrière, conseils qui la trompent et l'égarent ; telles sont les aménités qui s'exhalent chaque jour de certaines réunions publiques et de certains journaux. Sans ciniiai, Lcs ouvrlcrs seraleut-ils plus heureux si ces capitalistes, qu'on leur dénonce comme leurs pires ennemis, étaient ruinés ?

Leurs salaires seraient-ils plus assurés si toutes ces sociétés qu'on met au pilori étaient obligées de liquider ? Oi^i nous conduisent les fausses théories qui, chaque jour, sont répandues dans la foule ?

Il est nécessaire que les ouvriers s'en rendent compte : pour peu que cette agitation continue, le capital n'osera bientôt plus s'engager dans les affaires industrielles, car il redoutera de ne pouvoir satisfaire aux exigences du travail et, lui aussi, fera grève. Que ce soit une société particulière, une entreprise fondée par actions, que ce soit un patron ou un actionnaire, il faut tout d'abord, avant de songer à la rémunération du capital subvenir aux charges et impôts de l'Etat, aux salaires du personnel, aux dépenses des sociétés ouvrières. Il faut lutter contre la concurrence étrangère, supporter les fluctuations qui se produisent dans les prix d'achat et de vente des marchandises achetées et des produits vendus. Les plus sages combinaisons, tout le fruit de l'expérience et de l'intelligence, — qui sont, elles aussi, un capital et non le moins important, —

peuvent être anéantis par les troubles que tels ou tels événements intérieurs ou extérieurs apportent dans le fonctionnement de l'industrie qui a été fondée ou commanditée ; puis, après avoir fait face à toutes les charges et subi tous les risques, ce capitaliste, cet actionnaire, ce patron tant envié, reçoit une part des bénéfices — s'il en reste — ou supporte toutes les pertes.

Il est donc faux de dire que le salariat soit une expîoi- ^^^^^^'i^.'.çiation lation du travail par le capital ; la vérité, c'est qu'il est ime sorte d'association du travail et du capital. Dans une société civilisée, le travail et le capital sont deux alliés nécessaires l'un à l'autre qui doivent vivre en bonne intelligence au lieu de s'entredéchirer (1).

nécessaire.

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