LA LUTTE DU CAPITAL ET DU TRAVAIL
La quosti" sociale.
N'est-ce qu'un malentendu ?
La fortune de la France.
Lors de la célébration du cinquantenaire de la Société d'économie politique de Paris, les deux présidents MM. Frédéric Passy et Léon Say prononçaient d'admirables discours sur la question sociale, sur la lutte du capital et du travail « qui sera terrible », disait M. Léon Say, et ils engageaient les économistes à intervenir dans cette guerre inévitable, avec les armes que la science et l'étude mettent à leur disposition, c'est-à-dire des faits, des chiffres, des raisonnements précis.
S'il ne s'agissait que d'un « malentendu social », comme d'excellents esprits le croient encore, l'entente serait facile. Pour dissiper un « malentendu », une explication bien sincère suffit parfois ; les contradicteurs cherchent à se convaincre. Ce n'est pas un « malentendu », mais un véritable « mal social » qui existe aujourd'hui ; on entend parler à chaque instant de féodalité, d'aristocratie, de ploutocratie fmancière ; on oppose les milliards de la fortune mobilière de la France à la misère des ouvriers et des travailleurs, de tous ceux qui ne possèdent rien.
Ce n'est pas un « malentendu », mais un véritable « mal social » qui existe aujourd'hui ; on entretient les travailleurs dans de fausses idées sur la répartition de la richesse, sur la fortune publique et privée, sur le rôle du capital et du travail dans la société.
Est-il vrai de dire, comme dans la chanson de Jules Réjouy, répandue, lors des élections dernières, dans des centres ouvriers importants, que la fortune mobilière n'appartient qu'aux riches et que
L pauvr' la gagne, V ricK la détient! (1)
La chanson de (1) Voici cette chanson dans laquelle l'auteur a pris texte de révaluation Jules Uéjouy. q^e nous avions fixée à 80 milliards, du montant des valeurs mobilières
Examinons-Ja par le menu ; voyons comment elle se décompose et en quelles mains elle se trouve. Les rentes sur l'Etat ? „ Bornes
I Elal.
Tous les ans, le Trésor paye 880 millions aux porteurs (le 4 1/2 et 3 %. Ces 880 millions de rentes sont divisés en près de 5 millions d'inscriptions. Les trois quarts de nos rentes françaises sont au nominatif et on a calculé que la moyenne des rentes possédées par chacun des titulaires d'inscriptions nominatives ne dépassait pas
appartenant à notre pays dans le mémoire que nous avons récemment lu, sur celte question, à l'Académie des sciences morales et politiques :