‹ Finances contemporaines (volume 2)Chapitre 145 sur 229 · o russe 186* 90 00 "y · texte numérisé non relu

o russe 186* 90 00 "y

1881 92ioy„

i h russe 1875 92 30 %

nue.

Que prouvent ces chiffres ?

C'est qu'en 1870, sans remonter plus haut, on pouvait avoir 5,000 francs de rentes 5 % russe pour 80,000 fr. Aujourd'hui, il faudrait débourser 92,300 francs pour avoir 3,000 francs de rentes 3 % seulement, soit une diminution de 48 % sur le revenu.

Ainsi, sur les fonds russes, dont la France possède un capital de 6 à 7 milliards, la diminution du taux de l'intérêt est, on peut le dire, dans la proportion de près de moitié.

Elle est conii- Uu Capital de 100,000 francs placé au lendemain de la guerre, de 1872 à 1875, en valeurs de premier ordre, aurait produit 5,500 à 6,000 francs, soit 5 1/2 à 6 %.

Aujourd'hui, il donnerait 3 %, soit une diminution d'environ 50 %.

En 1869, aux plus hauts cours de l'empire, ce même capital aurait rapporté approximativement 4,500 à 5,000 francs, soit 4 1/2 à 5 %.

Sous Louis-Philippe, 4,000 à 5,000 francs, soit 4 à 5 %.

Antérieurement, le revenu aurait été approximativement de 5,000 à 5,500 francs, soit 5 à 5 1/2 %, mais les .valeurs mobilières, les placements mobiliers étaient peu nombreux et les comparaisons qu'on pourrait faire ne seraient que fort difficilement établies sur les mêmes types.

Ainsi se trouve justifiée une des conclusions de notre travail sur le morcellement des valeurs mobihères : « plus les valeurs mobilières se sont développées, morcellées, plus fintérêt du capital a diminué. »

Voici encore une autre preuve : mettons en présence trois capitalistes achetant les mêmes valeurs, de premier ordre ou considérées comme telles, en 1860, en 1869, en 1896.

Ils achètent, par parties égales, du 3 %. français, des obligations foncières, des 3 % consolidés anglais, du

QUESTIONS ÉCONOMIQUES : 1896^1900 Wl

5 % italien, des rentes autrichiennes, du 5 % ou 4 1/2 russe, du 4 1/2 belge, des obligations des six grandes compagnies, des obligations autrichiennes et lombardes, etc.

En 1860, ces valeurs diverses auraient rapporté, en moyenne, environ 5,40 % et à peu près le même revenu en 1869. En 1896 et aujourd'hui, la moyenne de ce revenu net serait, sur ces mêmes valeurs, de 3,16 % ''Hviron.

on peut donc dire que de 1860 et 1869 à 1896, le revenu de ces placements divers s'est abaissé de 5,40 % à 3,16 % soit d'environ 41 %.

Si, au lieu d'être divisé, ce placement avait été effectué sur la rente italienne, la diminution du revenu, depuis 1860, aurait été de 25 % et de 50 % depuis 1869 ; sur le 4 1/2 % belge, converti en 3 1/2 et 3 %, de 36 % depuis 1860 ; sur les diverses rentes autrichiennes de plus de 50 % ; sur les obligations lombardes de 44 %.

De 1860 et 1869 à nos jours, la diminution du revenu des rentiers ayant placé leurs capitaux sur les renies et titres mobiliers a donc été de : 25 à 30 % au minimum, 40 % dans la généralité des cas, et bien souvent elle atteint et dépasse même 50 % I Telle est la vérité : tous les chiffres, toutes les constatations le prouvent I

L'abaissement du taux de l'intérêt est assurément un des faits les plus marquants de cette seconde moitié du xix" siècle. Depuis plus de vingt ans, nous l'avions fait prévoir et elle s'est réalisée suivant nos prévisions : les conversions ont succédé aux conversions ; successivement, les placements sur titres de premier choix ont vu leur rendement diminuer de 5 1/2 et 6 ?^ à 5 %, à 4 %, à 3 1/2, à 3, 2 3/4 et 2 1/2 % I II faut aujourd'hui un capital plus élevé des deux tiers et presque du double qu'autrefois, pour avoir le même revenu que jadis ; ce qui revient encore à dire qu'il faut travailler plus de temps qu'autrefois pour mettre de côté la même somme.

Conséquences Lcs rentiers se plaignenl de ne plus pouvoir vivre

pour les rentiei^. , , . , , .. . ,

avec des rentes aussi réduites qui, chaque année, se réduisent encore, alors que leurs charges et la dureté de la vie vont, au contraire, en augmentant.

La hausse des Quaut aux Salaires, nous avons indiqué ailleurssalaires* 100 150 et 200%. ' quelle avait été la décroissance des profits du capital et

la marche ascendante des profits du travail, dans les

grandes entreprises commerciales, industrielles, mines,

houillères. Nous nous sommes appuyé sur des chiffres-

et des documents officiels que nous pouvons encore

compléter.

D'après M. Gheysson, de 1853 à 1884, les salaires des terrassiers ont haussé de 81 % en province et de 100 % à Paris ; les maçons de 78 % en province et de 87 % à Paris ; les charpentiers, de 82 % en province et de 58 % à Paris (1).

On peut admettre, ajoute-t-il, « quelle que soit la difficulté d'une statistique rigoureusement exacte de;^ salaires et la faible valeur des moyennes, que de 1853à 1884, les salaires se sont accrus en moyenne de 2 % par an et que la hausse a été surtout plus sensible pour les salaires les plus médiocres correspondant aux besognes les plus simples ».

M. Emile Chevallier, député de FOise, M. Villey, doyen de la faculté de droit de Gaen, arrivent aux mêmes constatations. M. Chevallier donne même des résultats encore plus élevés : il estime que, dans la seconde moitié de ce siècle, le salaire des journaliers a monté de 150 et 200 %.

M. Renouard a constaté également la hausse considérable des salaires dans findustrie linière, les mines, les houillères, etc.

Il faut enfin se reporter aux travaux de M. Levasseur, au rapport si détaillé et si complet de M. Cheys-

(1) Album de sLciListique graphique, 1887.

son sur les expositions patronales à l'exposition de 1889 et, enfin, au rapport que M. L€on Say a fait à l'exposition de 1889 sur le groupe de Téconomie sociale.

Si l'on établissait un graphique du revenu des capitaux et des salaires du travail, on verrait s'abaisser, d'année en année, la ligne indiquant le taux de l'intérêt, pendant que, d'année en année aussi, on verrait s'élever et grandir dans de plus fortes proportions la ligne des salaires.

Quelle est la conclusion qui se dégage de ces faits ot conséquenc*»

de ces phénomô-

de ces chiffres ? elle est simpte et claire : nés.

l*» Baisse du taux de l'intérêt ; diminution du revenu des rentiers et des capitalistes ; accroissement du nombre des valeurs mobilières ;

2° Hausse des salaires ; augmentation du bien-être des salariés ; accroissement du travail.

Telles sont les constatations rigoureuses qui résul- Icnt des chiffres eux-mêmes.

Sans doute, il existe et il existera toujours de nombreuses misères ; il y aura toujours des pauvres et toujours des riches, comme on verra sans cesse des hommes qui travaillent, économisent, et d'autres qui ne font rien et dissipent ce qu'ils possèdent. Il faut s'efforcer d'atténuer les misères, de calmer les douleurs, d'affaiblir le mal ; mais ce que nous pouvons dire, avec chiffres à l'appui, c'est que jamais, sauf de rares exceptions, les salaires n'ont été plus élevés ; jamais le travail n'a été mieux rémunéré.

Jamais, aussi, les revenus des rentiers n'ont été plus laibles ; jamais les difficultés d'employer avantageusement ses capitaux n'ont été plus grandes.

Les salariés se plaignent de la cherté de la vie, des droits d'octroi, des impôts, etc.

Les rentiers ont les mêmes sujets de plainte : ils ont, de plus, les pertes qu'ils subissent dan? leurs placements.

Le capital est la H nc faut douc pas attaquer le capital, les valeurs

substance de Ta- , .,., ., . • • • .

méiioration po- mobilièrcs, Car ils ne sont rien moms, suivant une puiaire. oxprcssion de Michel Chevalier, que « la substance de

l'amélioration populaire ».

Porter atteinte au capital, au rentier, au capitaliste,

^'est sûrement atteindre le travailleur. Sans doute, le

capital rapporte au capitaliste ; mais il ne rapporte que

par le travail qu'il crée, qu'il développe et qui le repro-

capitaiistos et duit lui-mêmc. Capitalistes et travailleurs doivent vivre

travailleurs doi- . . , . t i i

vent être unis, en paix, cu amis et non en ennemis. Les exciter les uns contre les autres, c'est faire un acte impie ! La misère des uns ne ferait pas le bonheur et la richesse des autres !

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