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1897 (m.ir>;
Depuis 1891 à fin mars 1897, sans remonter plus haut, la circulation des billets a augmenté de 770 à 1,055 millions, soit en plus 285 millions ; l'encaisse métallique a passé do 250 à 472 millions, soit un accroissement de 222 millions, mais en 1891 Tencaisse-or de la Banque était de 160 millions et rencaisse-argent de 114 millions; aujourd'hui, Tencaisse-or est de 213 millions, c'est-àdire qu'elle s'est accrue seulement de 53 millions, tandis que rencaisse-argent, monnaie dépréciée de 50 %, s'est élevée de 114 à 269 millions, soit 255 millions d'augmentation.
Et ce n'est pas tout : car si, à ces chiffres, sans parler même de la dette flottante qui atteint 485 millions, on ajoute lé montant des avances faites au Trésor par la Banque d'Espagne, le chiffre du portefeuille commercial, le total des prêts sur gages mobiliers, titres, fonds publics, on voit que la circulation fiduciaire a pris un développement démesuré, excessif. La vraie calamité, c'est que l'Espagne, ne pouvant pas vendre son papier
Avances Taites au Trésor espagnol.
aux particuliers à un prix convenable, le fait prendre ci
la Banque d'Etat qui le transforme en papier-monnaie.
Mouvement L^ légère amélioration survenue dans le mouvement
commercial fa- °
vorabie. Commercial extérieur de TEspagne avec notre pays, n'a
pu atténuer cette situation : les exportations d'Espagne en France qui étaient de 17 i, 662, 556 en 1894 se sont élevées à 212,997,278 en 1895 et à 293,203,000 en 1896. Les importations sont restées à peu près stationnaires : 108,721,413 en 1894 ; 108,660,638 en 1895 ; 105,426,000 en 1896. L'Espagne exportait pour 73,126,228 francs de vins en France en 1894 ; 104,347,501 en 1895 et pour 171,993,000 francs en 1896 (i).
Facteurs di- En tcmps normal, cette évolution du commerce de
vers ayant agi '■ ^
on sens inverse. TEspagnc rendant ce pays créditeur de l'étranger au lieu de débiteur, aurait exercé une influence sur le change : mais des facteurs divers et indépendants du mouvement commercial ont agi en sens inverse. Les principaux sont :
1° Les besoins du Trésor et l'augmentation de la circulation fiduciaire ;
2° Les dépenses militaires, les achats de matériel de guerre occasionnés par l'insurrection à Cuba et aux îles Philippines ; le gouvernement doit remettre en or la plus grande partie des fonds qu'il envoie dans ses deux colonies. La conséquence de ces achats continuels qu'il fait à l'étranger est de renchérir chaque jour le prix de l'or ;
3** Les achats faits en France et à Londres de rentes espagnoles pour le compte de banquiers et capitalistes espagnols. Il faut payer ces achats en francs ou en livres sterling ;
4° L'intervention fmancière trop souvent réclamée par le Trésor près de la Banque d'Espagne ;
5** La rupture des négociations engagées à Londres et à Paris pour la conclusion d'un emprunt extérieur, rupture qui a laissé en suspens la question des che-
(1) Voir les documents officiels publiés par la direclion générale des douanes. Livraison de décembre 1896, pages 164 et suivantes.
mins de fer et indisposé le marché financier français, le plus fidèle client de TEspagne.
La responsabilité de celte rupture, on le sait, n'at- M.St'Rio?^"' teint pas la finance française ; elle remonte à M. Montero-Rios et ses amis politiques qui ont fait voler par les Cortès, à la suite d'un discours aussi éloquent que dangereux, un amendement qui traçait un programme irréalisable.
C'est en vain que M. Canovas, dans la séance du S août, prit la défense des capitalistes étrangers qui avaient eu confiance dans les engagements contractés par l'Espagne et montra la nécessité de ne pas s'aliéner leur concours. Les Cortès, séduits par Téloquence de M. Montero-Rios, volèrent son amendement. Nous disions alors que ce n'était pas cette éloquence qui réparerait le mal que l'adoption de l'amendement allait faire. Nous ne nous sommes pas trompé.
Rétablir au dehors la confiance que le pays a laissé prendr""^** ■entamer ;
S'entendre avec les compagnies de chemins de fer pour les aider, dans la mesure du possible, à traverser les difficultés qu'elles supportent et dont elles ne sont pas cause ;
Ne plus user, avec autant de facilité, des moyens de crédit qu'offre la Banque d'Espagne ;
Etablir un budget sur les bases les plus sévères ;
Réduire avec la plus grande énergie toutes les dépenses qui ne sont pas d'une absolue nécessité ;
Hâter la fin de la guerre à Cuba et aux Philippines ; telle est la conduite que l'Espagne doit s'appliquer à suivre.
Nous n'avons, en France, que des sentiments d'amitié pour ce vaillant pays qui a fait preuve, depuis deux cins, d'une grande ténacité, de beaucoup de courage. Nos capitalistes oublieront bien vite les déboires qu'ils
ont subis et lui prêteront encore leur appui : mais à une condition, c'est que la politique économique et fmancière de TEspagne se modifie du tout au tout pour ramener la confiance. C'est ainsi que la dépréciation du change pourra promptement s'arrêter : le relèvement du crédit du pays, la reprise de toutes les valeurs et fonds espagnols, si profondément atteints aujourd'hui, viendront alors par surcroît.
Urçencc d'une solution.
Qu'est-ce qu( la Banque d»
France.
Les services qu'elle a rendus en 1871.