LES TRAVAUX DE LA PALX
La France veut travailler.
L'initiative de l'Etat.
L'initiative privée.
La France demande avant tout du travail ; il est nécessaire de lui en donner assez pour suffire à son ardente activité. Si les éléments de ce travail indispensable manquent, il faut les créer sans hésitation.
L'initiative de l'Etat aurait pu exercer une influence puissante sur la prospérité industrielle et commerciale de la France, en faisant appel aux capitaux du pays pour reprendre l'œuvre interrompue en 1870 et rouvrir l'ère des grandes entreprises. Mais, en ces temps d'incertitude politique, les gouvernements manquent peut-être de la liberté d'action et des garanties de stabilité nécessaires.
A défaut de l'Etat, qui, bientôt sans doute, pourra stimuler plus efficacement le développement économique de la nation, il est permis d'espérer que l'initiative privée, confiante en ses propres forces, tentera de ranimer l'esprit de création et d'entreprises.
Déjà, il y a peu de temps, nous avons vu des départements, des villes, associer leurs efforts et offrir au Trésor public de lui avancer les ressources nécessaires pour reconstituer dans l'Est notre régime de canaux
tronqué par la perte de deux de nos provinces. L'em- .; prunt contracté par les syndicats des cinq départe- i ments s'est elTcctué au moyen d'une émission d'obligations du Crédit foncier, émission qui a obtenu un suc- ] ces légitime. La plupart des émissions qu'a nécessitées j la création des nou voiles lignes ou l'extension de che- j mins déjà exploités ont également réussi ; d'autres ^ émissions sont annoncées qui recevront sans doute îe ^ même accueil. O sont \h des signes excellents du réveil j prochain de la vitalité industrielle du pays. On ne doute \ plus aujourd'hui de la réalité et de l'étendue de nos ; ressources et., certain de trouver facilement les capi- taux nécessaires, on ose, et l'on réussit. Que celte cons- j tance s'affermisse et, bientôt, les tentatives se multi- j plieront ; déjà, des enfivpi 1^.*^ modestes on passi» aux 1 grandes conception
II y a quelques jours à uciiu\ à l'Assemblée nationale. , ij- i"«>«>ei »..u« '
comme la séance, tout enlii'^re employée à la discussion i
de la loi sur les cadres, allait être levée, .M. Caillaux, J
ministre des travaux publics, prit la piirole, au milieu ^
des ••nlutT^âliniK n.H liriilirr»-; <»| •!«» riniiltriilimi L'éné- '
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Jet de lui ayant pour oi iiratioo d utilité psIlliqiM et la corn-
cetiion d'un chemin de i it d un point à détarwiiif «ur la ligne
d« Bouloftie à C.alai». pi'iietrani »ou» U mer et ae dirif«aat vert l'Anfleterre Jusqu'à la rencontre d'un pareil rbemin de fer partant de la côte anflaiM dans la diracUon du littoral frauçatt.
Cette déclaration a passé presque inaperçue, peu Font entendue, quelques-uns i\ peine l'ont écoutée. Telle aura été, cependant>, l'origine plus que modeste d'une œuvre qui sera peut-être une des plus considérables du siècle.
Un tunnel sous la Manche! A peine quelques minutes de chemin entre l'Angletern» et le **ontinent! Les éléments vaincus, un détroit supprimé î C'était là ce qu'annonçait avec si peu de solennité la courte phrase officielle que n^us venons 4e citer.
Du a bien fait canal de Suez.
Réveil de l'espril d'entreprise
On criera à Finvraisemblance, à l'impossibililé du fait, on voudra douter : que n'a-t-on pas dit ou écrit, lorsqu'il y a vingt ans, on apprit qu'un homme, un Français, voulait réunir deux mers et séparer deux continents que la nature avait joints? Et cependant nos vaisseaux parcourent le canal creusé par M. de Lesseps.
L'œuvre gigantesque qu'on entreprend aujourd'hui a été préparée par de longues et opiniâtres études. Un de nos ingénieurs distingués, M. Thomé de Gamond, a consacré toute sa vie à ce projet et l'un de nos économistes les plus illustres, M. Michel Chevalier, s'en est fait le promoteur ; les hommes spéciaux les plus compétents, les plus autorisés, en France et en Angleterre, ont examiné, discuté ce projet à tous les points de vue, sous toutes ses faces ; ils l'ont déclaré réalisable. Deux grandes Compagnies, l'une anglaise, l'autre française, se sont organisées ; les deux gouvernements, sont intervenus et se sont mis d'accord ; les dernières étude? vont. être faites et la période d'exécution connnencera.
Nos malheurs, on le voit, n'ont pas tellement abattu les courages qu'ils aient détruit dans la nation la force d'initiative et le ressort moral. Nous assistons évidemment à un réveil de l'esprit d'entreprise : canaux, che mins de fer, mines, travaux d'intérêt local, général, international, tout semble sur le point de retrouver l'activité d'autrefois et tout se ranimera, en effet, dès que le pays sera assuré, au moins pour quelques années, de, la stabilité de ses institutions politiques.