‹ Finances contemporaines (volume 2)Chapitre 3 sur 229 · L«0 cinq mUUmrdf dt fimêemmité de gmêrrê om$Mê appamtri · texte numérisé non relu

L«0 cinq mUUmrdf dt fimêemmité de gmêrrê om$Mê appamtri

. — L«t li-OMM* de la paim,

il. . Troie diêoomn (U tilnaliM 4m pay% d'aorte MM. llttObl, U due de BrofUe el Looit PMsyfT ^

It. — Vu dieeoure de M, Léoa Sag (Soo «vit tor U dUutioo du ptjrt : momt de prâeoauplioe).

: ^. — Le eaaal de 8mu, Aehai par tAaglaUrre dm aetiooê dm khédite,

U. — QHeedMt écoaomifmm etJUaaciireê de 1972-1675.

. '. — Court dm priAcipalm eaUmrt mo^OUrm à ta JIh de ekacaoê dm aMném ié^ïà 197S,

LES ORIGINES DE LA ltK\ 1 1; I KAVM8B

btt»0 4e« Êmmmtmû àê to«« M

Mlff«t«taMNMl, ««•! Il I Mil»,

. 'ii> qu li 11 est ptts îKiii> uuiUf L'i stiii.*" iiilé-

• qu'est la dette publii|ut* de la France et r rabrégé historique des diverses phases par

** î •* ' paî=MV« depuis son origine.

^ ibluiuf e>t formée des sommes

lies par un Etat à ses créanciers. Mais pour qu'un Etat

inciers, il est nécessaire que ces

>iice en lui, qu'ils soient sûrs que

1 Ktal remplira les «ngagements qu*il prendra envers

• onflance ewstitue ce qu'on nomme le

Nous ne craignons donc pas dt dire — ce qui peut paraître un aphorisme un p«'u risqué — qu'un Etat qui a des dettes esl un Etat qui fait preuve de solidité, un Etat bien établi, riche, puissant, en un mot qui inspire la conûance. Mais ce serait mal interpréter notre pensée que de nous croire de l'avis de Voltaire qui, malgré son bon sens, osa avancer qu'un Etat, lors même « qu'il ne doit qu'à lui-même, ne s'appauvrit pas rt que ses dettes mêmes sont un nouvel encouragement

our l'industrie ». Ce serait dire que plus un Etat a de ucUes, plus il doit être riche.

Le crédit est Dans ranliquilé, le crédit public n'existait pas ; aussi,

ane chose mo- ^ > *- , .

demt n'y avait-il pas de dette publique ; c est ce que nous

voyons aujourd'hui chez les nations peu ou non civilisées et cependant regorgeant de richesses. La dette publique n'a fait son apparition qu'avec l'abolition de l'esclavage, la liberté, du travail, la confiance des citoyens dans leur gouvernement et des gouvernements entre eux.

de^^S''^"'"'^ ^^ pourrait donc dire, non sans raison, mais seulement dans une certaine limite, que l'importance de la dette publique, preuve du crédit public, est un témoignage de la prospérité et de la civilisation avancée d'un Etat ; ce qui ressemble peu au dangereux axiome de Melon, cet économiste du règne de Louis XV, qui, antérieurement à Voltaire, avait écrit qu'un Etat ne peut jamais être affaibli par ses dettes parce que les intérêts sont payés par la main droite à la main gauche.

dans Vanîfquiié Daus Tantiquité, les gouvernements, ignorant la \)Ui6de'fonds'^^^^'^'''^^ sancc et l'usage du crédit, amassaient, durant la prospérité ou dans des invasions heureuses, des trésors employés ensuite aux besoins de l'Etat et dans les cas do guerre. Ce système, qui était celui des grands conquérants, d'Alexandre, de Ptolémée-Philadelphe, puis plus tard de Charles-Quint, du grand Frédéric, des papes Paul II et Sixte-Quint, des cantons suisses, et qui, en France, fut même employé par Henri IV et Napoléon P', est encore en usage dans les Etats chez lesquels le crédit n'est pas encore développé.

i^, emprunt Le premier emprunt public dont l'histoire de France

réalise en France . i- r-

par Charles V. lassc mention remonte à 1375, sous Charles V. Ce prince, pour faire face aux frais de la guerre contre TAngleterre, effectua un emprunt forcé remboursable . au moyen de rentes annuelles au denier douze, c'està-dire à un taux de plus de 8 %, rentes qui se payaient encore sous Henri IV, en 1604.

• 'I à UOe."^ pendant xpédilion en Italie, q^^^-^

' udile» VIII, pour subvenir aux frais dVnlrcUen de

•s troupes, fut aussi obligé do contracter divers inpninU à un taux s'élevanl jusqu*à 40 o, emprunts nièrent seulement les capilalisles italiens et les . „.. „is de la suite du roi qui le souscrivirent.

En 1529. François I*', pour soutenir sa lutte contre Chai I t i-l payor à l'Espagne une partie de la ran-

çon u als, dut également conlracler un emprunt

de près d'un million au taux de 5 ?4, hypothéqué sur \r< 1.1» ii«^ de Charles de Bourbon, duc de Vendôme.

Ci-:, t iiiprunl:» u étaient pas, en réalité, ce qu'on i>eut Jjj appeler des cmprunU d'Etat, c'esl-à-dîre qu'ils n'étaient i«. 1. 1 payables au moyen d6 renies constituées sur divers icvcnus publics. Ce fut en 1522 que François V inau- K'ura rère des emprunts d'Etal par la création des pre- I renies perpétuelles payables ù Tllôlel de ville

De 1522 à 1590, on fît de nombrtmx emprunt : i< s uns au nom de la ville de Paris, les autres sur les recettes des principales villes de France, moyennant de nouveaux droits et de nouveaux impôts. La conllance puMiiiit' élait alors si faible qu'en 1550, on fut obligé .1' I., ..urir à un emprunt forcé sur les riches. Sous 1. lu'ii,' d'Henri IV, avec Tadministration financière • loieuse et intelligente de Sully, la conHance

it t un emprunt volontaire de i,2UU,0UU livres fut

couvert sans difficulté. Sully vérifia les créances antérieures, trouva une dette totale de 3ys millions de livres et releva le crédit du pays en éteignant 6 millions de rentes, c'est^-dire en payant 100 millions de dettes au taux de 6 %.

Pendant le règne de Louis XIII et la première partie J^SJ^'^ du règne de Louis XIV, le crédit public s'affaiblit de nouveau et l'Etat dut pratiquer à la fois des emprunts forcés, aux larux exorbitants de 20 à 25 %, et des emprunts en rentes viagères au moyen de loteries nommées tontines. Les dettes s'élevèrent au chiffre de

FINANCES CONTEMFOHAINES

L'administration de Colbert.

La dette était de i milliards en

52 millions de rentes, chiffre énorme pour ce lemps-là. L'arrivée de Colbert à la surintendance des finances mil un terme à ces abus, et le danger quo cnuiail le crédit de la France fut écarté.

Ce grand économiste entreprit la liquiaaiinn de la dette publique ; toutes les rentes créées de 1655 à 1600, sous l'administration de Mazarin, furent remboursées au taux des acquéreurs de bonne foi. En 1674, la dette était presque complètement liquidée. On fit alors dos emprunts, malgré Colbert, au moyen de reni pétuelles plusieurs fois proposées déjà. I^ créaliuii do la caisse d'emprunt n'empêcha pas la delti' publi(|ue d'augmenter et, à la mort de Louis XIV, elle s'élevait à plus de 2 milliards, payables en rentes au denier 20, c'est-à-dire au taux de 5 %.

Sous le Régent, au moyen de la fameuse combinaison dans laquelle entra la Compagnie des Indf*s, on crut diminuer la dette publique, mais on ne fit que l'augmenter ; à la fin de la régence (1723), elle s'élevait au chiffre de 2 milliards 'i71 millions de livres et le taux de la rente avait été abaissé, par arrêt du cnii-ril. du denier 20 au denier 50, c'est-à-dire de 5 à

Sans nous arrêter au bouleversement nnaiicni (jui se produisit sous le règne de Louis XV, nous arrivons à l'année 1781. A cette date, la dette est énorme, la confiance publique a été détruite par les catastrophes du règne qui vient de finir ; nous trouvons dans le célèbre compte rendu de Necker que la dette totale de la France s'élevait, en rentes, à 207 millions de livres, dont 126 en rentes perpétuelles et 81 en rentes viagères. Quatre ans plus tard, en 1784, comme on avait reconnu la nécessité de consacrer un fonds spécial à l'extinction de la dette publique, on établit, à l'instar de l'Angleterre, une caisse de remboursement, remplacée plus tard par une création plus efficace : la caisse d'amortissement. Mais, jusqu'en 1789, malgré tous les avantages que le gouvernement offrit aux prêteurs, il ne put se relever du discrédit dans lequel il était tombé.

En 1789. la dette publique était à peu près de JiJjjg^^ 3 milliards. L*Aâscinblée constituante proposa d'aliéner tut. les biens du clergé pour l'acquitter; mais, ces biens rif pouvant être vendus immédiatement, on créa les

LVt ihh-' 111' nt déflnitif de la dette ptrpétueUe date ^ Cfwd-u. du 2'é août ITvia. "*■

La création «tu (irand-Livre correspond à la pairiotique, h rhér()i«|ur résolution de la levée ea masse, n fallait fournir aux dt*penses de la guerre.

La pnMni^re mesure que le génie de la nécessité inspira aux liomnies t|ui s'étaient cliargés du salut de la France, mmmi* l'a dit M. Thiers, consista à mettre de l'ordre dans la dette, à runiformiser, selon l'expression de r «lui proposa de convertir tous les contrats

des i....... H-rs de FEtat en une inscription «ur un

grand livre, qui serait appelé iirand-Uvre de la dette

La\aatage principal de cette institution était d*as> seoir le crédit public. Le capital de chaque créance était cfinverti en une renie perpétuelle, au taux do 5 '\„ \ji*s anciennes dettes étaient ramenées à un intérêt uniforme et équitable. L'Ktat, cliangeant sa dette en une rente fierpétuelle, n'était plus rxposé à des échéances et ne (Mmvait jamais être obligé de rembour ser le capital, pour\'u qu'il senlt les intérêts.

Le capital de la dette ainsi unifonnisée fut converti en une somme de n^ntes de 200 millions par an, réduite à 160 millions imr suite d'une imposition foncière d'un cinquiêmo.

Tout, dès Itirs, était simplifié et éclairci ; la conilance n*naissait. M. Thiers en donne la raiscm en disant qu'une banqueroute fiartielle. à l'égard de telle ou t4'lh» espèce de créances, ne pouvait plus avoir lieu, 'i qu'une k>anqueroute générale, pour toute la dette, n'était pas supposable.

N.VJSCES CONTEMPORAINI.S

La Caisse d'amortissement.

Une dette de 18 milliards.

La deuxième Restauration, par la loi du 2 avril 1816, établit la Caisse d'amortissement, dont la première idée remonte au Consulat et qui fonctionna jusqu'en 1848, puis de 1867 à 1869.

De 1816 à 1825, dix emprunts furent successivement émis ; ils donnèrent un capital nominal d'à peu près 2 milliards. Charles X y ajouta encore 1 milliard ; la République de 1848, 1 milliard 300 millions environ. A cette date, la dette publique, y compris tous les accessoires, est portée au budget pour 384 millions de rentes ; la dette consolidée figure dans ce chiffre pour 174 millions. . •

Sous le second empire, ont lieu quinze emprunts qui augmentent le capital nominal de la dette de 6 milliards 300 millions. Au 1" janvier 1870, le capital nominal de la dette consolidée s'élève à 11 milliards 500 millions, représentant 358 millions de renies annuelles à payer.

A ces chiffres il faut ajouter 1 milliard 250 millions empruntés en 1870 ; l'emprunt Morgan de 250 millions effectué en 1871 ; enfin les deux derniers emprunts émis pour payer les milliards dus à l'Allemagne, et dont le total s'élève à 5 milliards 500 millions.

La dette publique se fixe ainsi à dix-huit milliards environ.

Développement de la dette.

Nous examinerons maintenant dans quelles conditions la rente française, sous ses diverses formes, s'est développée depuis la création du Grand-Livre.

La rente est pour l'Etat le moyen officiel et légal de payer sa dette, qui a pour garantie l'ensemble des revenus budgétaiies.

Aujourd'hui, l'Etat emprunte sans être jamais tenu au remboursement du capital, dont, par contre, il doit

perpétuellement rinlérôt ; c'est ce qu'on appelle la dette dée. consolidée.

En 1793, parut la preniiùre lui cjui admettait les lilres des créanciers de l'Etat en payement des domaines lalionaux. En 1797, il se trouva qu'on avait émis pour { milliards de bons en papier; qu'on avait converti, a violation des contrats, des rentes viagères en rentes perpétuelles ; qu'on ne payait aux rentiers qu'un quart de leurs annuités ; le gouvernement, en un mot, se trouvait dans l'impossibilité absolue de se libérer. C'est alors que fut votée la loi du 9 vendémiaire an VI (30 octobre 1797), en vertu de laquelle on devait procéder à une liquidation générale. Chaque inscription au Grand-Livre de la dette publique, perpétuelle ou viagère, liquidée ou k liquider, devait être remboursée pour les deux tiers ; l'autre tiers devait demeurer inscrit sur le Grand-Livre, et co tiers, qui devait seul subsister, reçut le nom de tiers consolidé. Les deux tiers uJfdîïm"*^ déclarés remboursables devaient être acquittés en bons lu porteur, admissibles en paiement des domaines iialionaux pour la portion qui, d'après les lois en vigueur, était payable en titres de la dette publique. I^s bons qui seraient restés en circulation après la vente des biens nationaux, étaient déclarés admissibles en paiement des bieUd que l'Etat possédait 4 Saint- Domingue et, en général, dans les colonies françaises. En 1801, on permit aux porteurs des bons de deux tiers de les échanger contre des renies perpétuelles dans la proportion de un quart % de la somme apportée en échange ; on reconnut alors qu'après avoir vendu un tiers du territoire français, après avoir fait une réduction de deux tiers sur les créances, il restait encore une charge annuelle de 180 millions.

Au 1* germinal an IX, des titres pour 198 millions rJSmw^Za. de francs se trouvaient en circulation ; cependant l'ordre se rétablissait, de véritables hommes d'Etat se trouvaient à la tête des affaires. En 1802, la dette publiqub

fut l'objet d'une longue et intéressante discussion dans

de crédit.

L'amortissement.

les conseils du gouvernement ; on prit pour point de Le maximum départ uu iTiaximum de crédit; on établit en principe que ce maximum se produit dans un Etat lorscjuc les profits des fonds placés dans un emprunt public ne sont pas supérieurs aux profils que les mêmes fonds donneraient par un autre emploi dégagé de tout risiiue. On ajoutait que, dans ces termes, il est d'un égal intérêt pour le gouvernement et pour la nation de faire usage du crédit ; qu'une dette modérée, -non seulement n'est pas une charge pour l'Etat, mais qu'elle est un moyen de rattacher toujours les fortunes privées à la fortune publique. On disait enfin qu'un gouvernement sage et bon ordonnateur du trésor public, après avoir déterminé le maximum de crédit, devait établir un ordre de remboursement tel que, du moment où la dette s'élèverait au delà de la somme fixée, l'excédc^nt serait nécessairement et constamment amorti.

En faisant l'application de ces principes à la France, on déclarait que la somme de 50 millions pouvait, être regardée comme le maximum des rentes perpétuelles, attendu ([u'elle était proportionnelle à la masse des richesses circulantes ainsi qu'aux forces des finances de l'Etat. Le maximum du 5 % consolidé fut donc fixé à 50 millions, chiffre au delà duquel l'amortissement devait fonctionner.

L'institution de l'amortissement était considérée

comme une des découvertes les plus utiles ; on portait

ce jugement sous Tinlluence des idées qui dominaient

alors en Angleterre. La loi de 1802 substitua à la déno-

Le 5 % conso minatiou de tiers consolidé celle de 5 % consolidé, en

lide. ' '

vue d effacer le souvenir de la liquidation de vendémiaire an VL La dette connue au l®"" vendémiaire an X (1802) était de 38,730,881 francs ; mais en tenant compte de 6 millions de francs de rentes non encore transférées et des liquidations de toute sorte montant à plus de 14 minions, la dette perpétuelle, s'élevait' en réalité à 59 millions, et on attribuait par conséquent à la caisse d'amortissement, mais à partir de l'an XII seulement,

En 1802.

Oî'KSTIONS ÉCONOMIQUES: 1872-1875 11

un fond .. lu millions. On établissait W maximum des rentes viagères à 20 millions et, dans le cas où il y aurait ou excès, la différence devait être rrniboursée. Les comptables furent admis à fournir leur cautionnement en tities de rente perpétuelle ; on assura la bonne tenue des livres, la régularité des transferts et, en général, la marche économique de Tadministration. La confiance renaissant, les fonds publics s'étaient élevés de 10 à eO %.

De 1802 à 1812, la réunion de plusieurs Etats à la i>ei»iài8u. France apporta quelques modificatictns h la situation de la dette publique ; la dette de certains Etats iinparfait(»ment liquidée fut inscrite au Grand-Livre ; pour certains autres, la Toscane, par exemple, et les Etals- Romains, (»n se résen'a de prendre des mesures spéciales.

En 1811, le ministre des finances, fidèle aux prmcipes consacrés par la loi de 1802, fixait, en raison de la grandi* ét<*nilue de l'Empire, le maximum de la dette perpétuelle ù 80 millions et il portait au budget pour la dette inscrite et h inscrire, d'une part, (12,900,000 fr. ; d'autre part, pour la Hollande, 26 millions ; ensemble 8S millions ; mais les 8 millions excédant le maximum précité devaient être amortis en quinze ans, au moyen do rachats pratiqués avec un fonds attribué à la caisse d'amortissement Le maximum des renies viagères, i\\é en 1802 à 20 millions, n'était pas dépassé ; elles ne figuraient au budget que pour 47 millions.

Apres 181 'i, la France se trouva dans la nécessité de Aprê«iW4. faire disparaître, dans la mesure du possible, les traces des douloureuses catastrophes qui accompagnèrent la guerre et l'invasion, et de liquider les dettes qu'elle avait dû prendre à sa charge dans la plupart des Etats de l'Europe. Par le traité du 25 avril 1818, il fut convenu que notre libération s'effectuerait au ninyen d'une renie de 12,'i00,000 francs, et que chaque Elat se chargerait de répartir entre ceux de ses habitants qui

INANCES CONTEMPORAINES

Le max de crédit

L'amortissement.

Le 5 % conso lidé.

En 1802.

les conseils du gouvernement ; on prit pour point de imum départ un maximum de crédit ; on établit en principe que ce maximum se produit dans un Etat l(jrs(iue les profits des fonds placés dans un emprunt public ne sont pas supérieurs aux profits que les mêmes fonds donneraient par un autre emploi dégagé de tout risciue. On ajoutait que, dans ces termes, il est d'un égal intérêt pour le gouvernement et pour la nation de faire usage du crédit ; qu une dette modérée, -non seulement n'est pas une charge pour l'Etat, mais qu'elle est un moyen de rattacher toujours les fortunes privées à la fortune publique. On disait enfin qu'un gouvernement sage et bon ordonnateur du trésor public, après avoir déterminé le maximum de crédit, devait établir un ordre de remboursement tel que, du moment où la dette s'élèverait au delà de la somme fixée, l'excédent serait nécessairement et constamment amorti.

En faisant l'application de ces principes à la France, on déclarait que la somme de 50 millions pouvait, être regardée comme le maximum des rentes perpétuelles, attendu ([u'elle était proportionnelle à la masse des richesses circulantes ainsi qu'aux forces des finances de l'Etat. Le maximum du 5 % consolidé fut donc fixé à 50 millions, chiffre au delà duquel l'amortissement devait fonctionner.

L'institution de l'amortissement était considérée comme une des découvertes les plus utiles ; on portait ce jugement sous l'inlluence des idées qui dominaient alors en Angleterre. La loi de 1802 substitua à la dénomination de tiers consolidé celle de 5 % consolidé, en vue d'effacer le souvenir de la liquidation de vendémiaire an VL La dette connue au l^' vendémiaire an X (1802) était de 38,730,881 francs ; mais en tenant compte de 6 millions de francs de rentes non encore transférées et des liquidations de toute sorte montant à plus de 14 milhcns, la dette perpétuelle, s'élevait" en réalité à 59 millions, et on attribuait par conséquent à la caisse d'amortissement, mais à partir de l'an XII seulement,

un fond.^ de 10 millions. On élablissail W maximum des rentes viagères à 20 millions el, dans le cas où il y aurait eu excès, la différence devait être remboursée. Les comptables furent admis à fournir leur cautionnement en tities de rente perpétuelle ; on assura la bonne tenue des livres, la régularité des transferts et, en général, la marche économique de Fadministration. La confiance renaissant^ les fonds publics s'étaient élevés de 10 à 00 %.

De 1802 à 1812, la réunion de plusieurs Kun- à la Det»ièitit. France apporta quelques modifications à la situation de la dette publique ; la dette de certains Etats imparfaitement liquidée fui inscrite au Grand-Livre ; pour certains autres, la Toscane, par exemple, et les Etals- Romains, on se réserva de prendre des mesurcb -j-. ciales.

En 1811, le iiniu:5lie de- liuaiu;., ..4cle aux principes consacrés par la loi de 1802, fixait, en raison de la grande étendue de TEmpire. le maximum de la dette perpétuelle ù 80 millions et il portait au budget pour la dette inscrite et à inscrire, d'une part, «2,300,000 fr. ; d'autre part, pour la Hollande, 26 millions ; ensemble &S millions ; mais les 8 millions excédant le maximum précité devaient être amortis en quinze ans, au moyen do rachaLs pratiqués avec un fonds attribué à la caisse d amortissement Le maximum des rentes viagères, fi.xé en 1802 à 20 millions, n'était pas dépassé ; elles ne figuraient au budget que pour 47 millions.

Après 181'!, la France se trouva tians la nécessité de ap**««w* faire disparaître, dans la mesure du possible, les traces des douloureuses catastrophes qui accompagnèrent la guerre et l'invasion, et de liquider les dettes qu'elle avait dû prendre ù sa charge dans la plupart des Etats de l'Europe. Par le traité du 25 avril 1818, il fut convenu que notre libération s'effectuerait au moyen d'ime renie de 12,400,000 francs, et que chaque Etat se chargerait de régartir entre ceux de ses habitants qui

Son premier Sous le ministère de Gasimir-Périer. alors que celui-ci expose u ge- ^^^^^-^ ^^^^^ eucore devaiit lui plusieurs jours pour préparer l'exposé de la loi de finances, la Chambre décida tout à coup qu'elle passerait immédiatement à la discussion du budget (22 janvier 1832). Rien n'était prêt. En vingt-quatre heures, M. Thiers rassembla tous ses documents, tous ses chiffres» et, guidé seulement par quelques notes prises à la hâte, présenta à l'assemblée le résumé le plus complet, le plus éloquent de la situation fmancière de la France. Il emporta une victoire éclatante. Combien d'autres n'a-t-il pas remportées depuis ! Car, à dater de cette époque, il prit part à presque toutes les discussions auxquelles donna lieu le vote des budgets.

Dei832ài84o. Eu 1832, cu 1840, il attacha son nom aux grandes entreprises de travaux publics, aux diverses opérations financières, effectuées pendant cette période, apportant dans tous les services l'ordre et la clarté. Nul n'est allé plus loin que lui dans l'étude de nos ressources et de notre production ; nul n'a mieux élucidé la question de l'impôt et, si Ton peut^ sur bien des points, ne pas partager ses opinions, on ne saurait nier la science profonde qu'il a apportée dans la discussion de ces matières si complexes et si controversées. Il faut relire, dans son livre sur la Propriété, les pages claires, rapides et savantes en même temps, qu'il consacre à l'examen de nos diverses sortes de revenus. Il faudrait encore reprendre cette longue série de discours sur nos traités de commerce, sur la marine marchande, sur toutes les questions économiques de notre siècle.

Au Corps légis- Qui ne se rappelle ces brillantes improvisations, ces éloquents discours dans lesquels M. Thiers, parlant pendant plusieurs heures, discutait devant le Corps législatif les budgets de l'Empire !

Il nous souvient encore d'une séance à laquelle nous assistions en 1868 ; pendant cinq heures, M. Thiers, malgré l'aridité et la quantité des chiffres, discutait le budget avec une vigueur étonnante et tenait l'assem-

latif.

QUESTIONS ÉCONOMIQUES: 1872-1»75 là \

blée «ous le charme de sa parole facile, simple, claire, ^p^ **^- ]

Au lendemain de nos désastres, c'est assui-ément un | -rand bonheur qu'il se soit rencontré un homme poli-

iique sur la persunnalilé duquel tous les partis se trou- j

valent d'accord. Mais c'est un bonheur plus grand encore i

cet homme fût en môme temps un financier d'une ;

i ience consommée et de la première valeur. Car si j

les luttes de la politique étaient à redouter, bien plus |

I ' ' hles étaient les difficultés de notre situation ]

1 le. Le Trt'sor était vide, on croyait la France ] ruinée ; notre crédit était profondément ébranlé et

nous avions à payer des milliards pour notre rançon, 1 des milliards pour couvrir les frais de la guerre, des

milliards pour dompter une formidable insurrection et '

^' r les traces. \

t , niant, la puissance de notre crédit, deux fois •oowitrfc ^

prouvée, 6'est relevée tout entière. Les milliards dont \

nous avi« * «un, nous les avons trouvés. L'équilibre J

«le nos 1' - se rétablit peu à peu. I^ France s'est \

remise au travail et, dès qu'on lui aura rendu l'ordre \

complet et le calme absolu, son commerce, son indus- \

trie, toutes les sources de la production nationale retrou- \ veront leur activité féconde.

Assurément, des fautes ont été commises et nous

n'avons pas hésité à les signaler. Des critiques très ^

vives ont été faites à propos de l'emprunt de 1872, i

contre les faveurs accordées au.x souscript4*urs étran- ]

pTs, contre l'exclusion presque complète dont étaient \

liappées les petites souscriptions, contre les difficultés ]

.le classement qu'on s'était créées. Ce classement se \ réalise néanmoins ; tout ce qui s'est fait de bien porte

ses fruits, tout ce qui s'est fait de mal n'a point de j

résultats funestes. i

C'est en grande partie à M. Thiers qu'il faut attribuer le mérite d'une si prompte résurrection, et toutes les

erreurs de détail, les fautes mêmes d'ensemble, s'effa- \ cent devant le nombre et la valeur des services rendus.

L'œuvre de réparation est en bonne voie. Il ne faut

La majorité du aiys ' * ■ quise.

pays lui est aciis<

point qu'elle soit compromise par des luttes déplorables. Il ne faut point que l'administrateur habile, le financier expérimenté et puissant soient trahis par Thomme politique. La majorité du pays lui est acquise ; elle est formée par ceux pour qui, à l'heure où nous sommes, toute question de parti, toute conviction politique, tout« affection personnelle si forte qu'elle soit, s'effacent devant la nécessité de reconstituer les richesses disparues : cette majorité est à la fois la sagesse, le patriotisme et le nombre. Avec elle seule on peut réorganiser et fonder d'une façon durable ; avec elle M. Thiers pourra achever la tâche qu'il a entreprise et mériter la reconnaissance que la nation lui promet et lui garde.

Page 1