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COURS
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ouelle est la première observation qui s'impose à , <:apitaux à dé-
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1 esprit en présence de tels rapprochements de chif- môme revenu. fres ? C'est qu'il faut aujourd'hui débourser sensiblement plus de capitaux pour obtenir le même chiffre de revenu qu'il y a peu d'années. Quelques rapprochements suffiront à le démontrer.
Il y a sept ans, un capital de 100,000 francs en rentes 5 % aurait produit 5,000 francs de rentes ; le môme capital, placé aujourd'hui sur la même rente, ne produirait plus que 4,160 francs.
Il y a sept ans, un capital de 100,000 francs placé en actions du chemin de fer de l'Est aurait donné près de
6,000 francs de revenu ; le même capital, placé aujourd'hui sur la même valeur, ne donne plus que 4,000 fr. à peine.
Un capital de 100,000 francs placé en obligations dç priorité du chemin de fer du Nord de l'Espagne, il y a sept ans, aurait rapporté 7,500 francs de rentes ; il n'en donnerait plus aujourd'hui que 4,350 francs.
La diminution du revenu est donc d'environ 1 % sur la rente 5 % ; 2 % sur les actions de chemins de fer ; 3 % environ sur les obligations de chemins de fer étrangers que nous venons de citer.
En d'autres termes pour avoir un revenu de 5,000 fr. en 5 % il faudrait débourser maintenant 120,000 francs, soit 20,000 francs de plus ; pour avoir un revenu de 6,000 francs en actions de l'Est, il faudrait débourser près de 60,000 francs de plus qu'il y a sept ans ; pour avoir un revenu de 7,500 francs en obligations du Nord de l'Espagne, il faudrait débourser aujourd'hui 172,500 francs, soit 72,500 francs de plus qu'il y a sept ans.
Accentuation flu (lécroissement.
Nombreuses c on version s effectuées.
Mais c'est principalement depuis quatre ans, depuis le commencement de l'année 1877, que le changement du taux de capitalisation des valeurs s'est de plus en plus accentué. De 1874 à 1877, on s'est habitué à voir les rentes 5 % pivoter autour du pair, tantôt se négocier quelques francs au-dessus, tantôt revenir aux environs du cours de 100 francs pour le dépasser à nouveau. Lorsque ces prix furent bien consolidés, bien acquis, lorsque le public eut pris l'habitude de ces nouvelles cotes, la hausse de tous les fonds d'Etat français et étrangers, de toutes les grandes valeurs à revenu fixe, valeurs de premier et de second ordre, devint vertigineuse.
Grâce à cette hausse, à cette plus-value constante des cours, des opérations de conversion qui, auparavant
semblaient irréalisables, furent exécutées dans tous les pays : en France, l€s principales villes, les principaux départomenls, remboursèrent leurs emprunts contractés à des taux d'intérêt élevés pour en émettre d'autres consentis à des taux plus bas. Depuis cette époque, le G % américain a disparu ; converti d'abord en 5 %, puis en 4 %, enfin en 3 1/2 % attendant le jour prochain d'une nouvelle conversion en 3 %. En 1876, le 6 % américain valait 108; aujourd'hui, le 4 % converti vaut 122 !
Le 4 1/2 belge, les fonds allemands tels que les 5 % ^chiffres ao badois, bavarois, wurtembergeois, etc. ont, sur la cote, cédé la place à des titres de moindre rapport.
Dans l'Europe entière, les rentes 4 % qui ont été créées en remplacement de rentes 5 % sont au pair et m(>me au-dessus.
En France, nous voyons le 4 1/2 à 115 ; le 4 % à 106, en progression marquée, mais cependant à des prix moins élevés qu'elles ne pourraient l'être si ces rentes n'étaient arrêtées par la préoccupation de ce cours de 100 francs auquel elles peuvent être remboursées ; par contre, nous voyons les deux 3 % se hisser peu à peu à des hauteurs qui les rapprochent du pair de 100 fr., hauteurs qu'ils n'ont atteintes que pendant bien peu de temps et à des époques déjà éloignées, 1840, 1845 et ia*S2 I
Des fonds étrangers, exotiques, comme l'un dit en bourse, arrivent maintenant au taux moyen auquel se négociaient anciennement de bons crédits européens de second ordre. Les cotes anglaises nous donnent, à cet égard, de curieux exemples.
Voici, notamment, le 7 % japonais qui valait 100 fr. fin 1876 et qui vaut maintenant 113; à pareille date, le 6 % argentin 1868, coté aujourd'hui 101 à 102, valait 60 ; le 5 % brésilien valait, fin 1876, 87 à 88 ; il est maintenant à 103, trois points au-dessus du pair : il se capitalise à un taux moins élevé que les rentes portugaises ! ^
îi24 FINANCES CONTEMPORAINES
Voilà donc des fonds étrangers qui se capitalisent encore à 6 et à 5 %, c'est-à-dire à un taux inférieur à celui auquel se capitalisaient, il y a peu d'années encore, les fonds autrichiens, italiens et autres.
Le 3 % espagnol qui rapporte i se négocie maintenant à 24 ; c'est absolument comme si 5 francs de rente valaient 120 francs. Il est vrai de dire que ces cours ne s'expliquent que par l'espérance que l'on a de voir l'Espagne augmenter successivement de 1/4 % par an le revenu de sa rente, jusqu'à ce qu'elle soit revenue au taux de 1 1/2 au maximum.
Le 5 % italien, qui rapporte net 4.3i, valait fin 1876, 72 francs ; il est maintenant à 93 fr. 50, c'est-à-dire qu'il est juste 11 francs plus cher que le prix auquel nous émettions en 1871 notre rente française 5 %.
Le 5 % roumain, qui valait 40 francs fm 1876, et qui rapportait par conséquent 8 %, vaut maintenant 92. On évalue donc aujourd'hui le crédit de la Roumanie à un taux bien supérieur à celui auquel notre propre crédit était estimé en 1871 et 1872, puisque, dans ces deux années, la France émettait ses rentes 5 % à 82.50 et 84 fr. 50.
La rente autrichienne en or, cotée aujourd'hui 83 fr. pour 4 francs de revenu, donne net 4.90 %. C'est, à quelques centimes près, le revenu que donnaient nos rentes françaises 3 % en 1874 et en 1876.
considérable ^^^ ^^^ ^^^ quclques cxcmplcs, OU voit combien la hausse de toutes les valeurs a été considérable et quelles modifications profondes ont été, par conséquent, apportées dans le taux des revenus.
réaiïïé?s^^^^^°"^ ^^ nous scra bien permis de rappeler que ce qui se passe aujourd'hui, et qui peut être considéré comme excessif, nous n'avons cessé de l'indiquer comme devant inévitablement, fatalement, arriver.
ce sens.
Depuis plus de sept ans, du jour où la rente 5 % a atteint le pair, nous avons constamment fait prévoir que les revenus de 5 %, puis de 4 1/2 %, puis de 4 %, allaient peu à peu et successivement disparaître ; nous avons sans cesse fait prévoir la hausse de toutes les grandes valeurs à revenu fixe, hausse qui devait avoir pour conséquence la diminution du taux de l'intérêt, et nous avons répété à satiété que les rentiers prudents, que les capitalistes prévoyants ne devaient pas perdre de vue la conversion inévitable et prochaine, en France et à l'étranger, des emprunts contractés à des taux élevés, et surtout l'éventualité de la conversion de notre rente 5 %, opération retardée jusqu'ici bien plus par des motifs politiques que par des motifs financiers et économiques.
Si les faits nous donnent raison, combien doivent se jp^„J"'*^^ féliciter ceux qui, partageant les mêmes idées, ont agi quioniuKiit en conséquence.
Le rentier qui, fin 1876, par exemple, eût acheté du 3 % à 70 francs et conservé imperturbablement ses titres, sans jamais se lasser, sans vouloir suivre les mouvements de hausse et de baisse, sans se laisser impressionner par toutes les nouvelles politiques, sans croire à des raisonnements intéressés, aurait, en somme, effectué l'opération suivante : il aurait placé son argent à 4.28 % et gagné plus drî 20 % sur son capital, comme plus-value, de 1877 à 1881, c'est-à-dire en cinq ans. A l'heure actuelle, s'il réalisait, il aurait fait un placement qui lui aurait rapporté en moyenne plus de 8 %.
Actuellement, s'il conserve ses titres, il obtiendra toujours 4.28 % de revenu dû par un débiteur du plus haut crédit, revenu qu'il ne trouverait plus nulle part, en aucun fonds d'Etat étranger de premier ordre, car ni les consolidés anglais, ni les fonds badois, bavarois, belges, danois, américains, hollandais, norvégiens, prussiens, etc., etc. ne pourraient lui donner semblable revenu 1
Taux actuel du n est presque impossible maintenant de placer son
revenu.
argent en fonds d'Etat de premier ordre et de recevoir 4 % net. C'est presque à ce taux que se capitalisent les crédits de second ordre ; c'est vers ce taux qu'ils convergent tous ; ce n'est qu'une question de temps, pour peu que l'Europe reste en paix.
Les fonds autrichiens, italiens, espagnols donnent moins de 5 % et à peine un peu plus de 4 1/2 %. Les fonds hongrois et portugais donnent encore 5 %.
Pour trouver en un fonds de premier ordre un revenu supérieur à 4 %, c'est à la rente française 5 % qu'il faut encore se tenir. Après tous les exemples de conversion qui nous ont été donnés par les autres pays, cette rente restera-t-elle longtemps encore à son taux d'origine ? On ne saurait raisonnablement l'espérer.