COMPENSATION
fr. c.
Bénéfices des reporteurs.
Si nous additionnons le montant des reports payés à chaque liquidation mensuelle, depuis le 2 septembre 1872, nous trouvons un total de 6.36 1/2 ; c'est-à-dire qu'un spéculateur qui, depuis cette époque, aurait fait reporter sa position de mois en mois, aurait payé 6 fr. 36 1/2 de report ; il faut ajouter à ce chiffre le courtage de l'agent de change : 0 fr. 05 par chaque liquidation et par 5 francs de rente, soit pour 20 liqui-
eapItallstM.
dations i franc de courtage. Par contre, il aurait bénéficié des coupons trimestriels de l'emprunt, soit 1 fr. 25 par 5 francs de rente, à partir du 16 août 1872, soit en tout 6 coupons d'intérêt à 1 fr. 25, ce qui forme un t ! il de 7 fr. 50, et il pourrait revendre au-dessus de i' > francs, prix actuel du 5 %, ce qu'il aurait souscrit il s\ fr. 50, ou acheté à 88 fr. 50 le premier jour de la « .1 • de l'emprunt. Pour le spéculateur, les bénéfices -suiit, on le voit, considérables.
Pour le capitaliste qui s'est borné à souscrire et à conserver son titre, les bénéfices ne sont pas moins grands. A U5 francs, il gagne 10 fr. 30 par 5 francs de rente, sans compter les intérêts qu'il a reçus trimestrillement et qui représentent un revenu des plus fi' -Nés.
Kn effet, on versait en souscrivant l'i fr. 50 par 5 francs de rentes demandés; les autres versements ctaient échelonnés sur 20 termes égaux de 3 fr. 50 chacun. Le Trésor payait l'intérêt intégral sur la portion -I nts effectués. En sorte que, trois mois après
i i — .. i versement, le souscripteur avait versé :• fi ancs et avait reçu déjà 1 fr. 2ô d'intérêts, soit 20 % ; MX mois après, il avait versé 35 fr. 50 et avait reçu 2 fr. 50 d'intérêts, soit 14.08 %; neuf mois après, il avait versé 46 francs et avait reçu 3 fr. 75 d'intérêts, soit 10.86 %. Au douzième mois, sur un versement de r»i' fr. U), le Trésor avait payé 5 francs d'intérêts, soit S.84 %. Au quinzième mois, sur un versement de 137 francs, les intérêts payés s'élevaient à 6 fr. 25, soit 7.46 %. Au dix-huitième mois, sur un versement de 77 fr. 50 les intérêts payés s'élèvent à 7 fr. 50, soit 0.45 %. Aujourd'hui enfin, les versements totaux s'élevant il 8i.r)0 rinkrt^t h rocovoir est de 5 francs, soit 5.92 %.
Au moment où ces iininenses emprunts étaient con- opér«uoii«extractés, on ne pouvait prévoir assurément des résultats aussi favorables. Tous ceux qui s*y sont intéressés ont fait une excellente opération, en même temps que
leur concours a permis au gouvernement d'acquitter la lourde rançon qui avait été imposée au pays.
m. LA SITUATION
^^suuation favo- La situatiou générale du pays, au point de vue financier, est donc satisfaisante. Qu'on la compare à celle qui nous avait été léguée par les événements de 1870, et qu'on juge sans parti pris. Au lendemain de la guerre et de la Commune, nous avions un Trésor public à sec ; 5 milliards à payer ; des impôts à créer ; une crise monétaire à redouter ; un budget en déficit considérable ; le 3 % à 50 francs. Aujourd'hui, les 5 milliards sont payés ; les impôts aussi lourds qu'ils puissent être, se paient et se perçoivent régulièrement ; pas de crise monétaire ; pas de prime sur l'or ; pas de porte sur le billet de banque. I^ budget, sauf quelques millions qui seront facilement trouvés, est en équilibre. La rente 3 % est à 60 francs, les renies 5 % font 10 et 12 % de prime sur leurs cours d'émission. Gomme nous venons de le voir, l'encaisse de la Banque se reconstitue ; le chiffre de 1 milliard en espèces métalliques, qu'on avait vu pour la première fois le 12 décembre 1867 et qui depuis le 11 août 1870 semblait à jamais perdu, est atteint de nouveau.
Ce sont là certainement des faits dont le marché financier devra, avant peu, ressentir les heureuses influences.