‹ Finances contemporaines (volume 2)Chapitre 7 sur 229 · TIO · texte numérisé non relu

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Moyenne de 1817 à I83J

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Ainsi, en 1869, les importations et les exportations s'élevaient au chiffre de 6 milliards 228 millions ; c'està-dire six fois plus haut que dans les meilleures années de Charles X ou deliOuis-Philippe.

Importations.

Exportations.

Appareils à v; peur.

Production houillère et métallurgique.

Les importations du commerce spécial étaient en :

frnucs.

1849 SIU.Tl).-;. 145

1869 3.ri3.071.2ïi7

Les importations de notre commerce général ne sont pas moins considérables :

1831 de 512.825.554

1869 i.0OH.(iî>9.695

Quant aux exportations, les résultats comparatifs sont tout aussi frappants.

Les exportations du commerce général de la France étaient en :

francs.

1831 de 618.169.911

En 1851, l'industrie française employait 10,384 chaudières à vapeur d'une force de 70,631 chevaux ; en 1866, elle en employait 51,190 représentant une force de 274,936 chevaux.

Pendant la môme période, la production de la houille s'était élevée de 44 millions de quintaux métriques à 122 millions.

En 1851, la production métallurgique avait été de 8,548,538 quintaux métriques, pour une valeur de 235 millions de francs ; on la trouve, en 1866, à 25, 286, 8 i8 quintaux métriques, pour une valeur de 520 millions.

Ainsi, en moins de quinze ans, la puissance productive de notre industrie avait triplé.

Impôts. Les impôts directs et indirects, les produits doma-

niaux, les postes et les recettes de diverses origines, produisaient au Trésor :

de francs.

Faut-il parler des chemins de fer et examiner le déve- cheoMMiiefar. loppemcnt qu'ils ont reçu, les produits qu'ils ont donnés, le bien qu'ils ont fait ?

En 1848, h la chute du gouvernement de Juillet, les clieniins de fer en exploitation accusaient

une longueur de l,830kil.

les chemins de fer en construction, dv 2,872 »

Total du réseau.. 4,702 kil.

Au 31 décembre 1886, les lignes en exploitation s'élevaient à r. likil.

oi.ii*.c ..M ^'onstructioîî < i).:»20 »

21,040 kil.

De 1852 à 1866, il a ivré à l'exploitation

10,864 kilomètres de chemins de fer, soit exactement 2 kilomètros par jour pendant 15 années consécutives.

En 1809, la longueur des li&rncs exploitées était de 16,260 kilomètres.

En 1851, le revenu net était de.. .s .«^s i8l fr.

En 1867, il s'élevait déjù • .W8,2uu,a28

En 1851, le nombre des voyageurs transportés & toute distance n'était que de 19,996,399

En îsr.7 ro iininbre s'est élevé à 101,610,000

A Id lin de 1873, d'après un rapport présenté à l'Assemblée nationale par M. de Montgolder au nom de la commission d'enquête sur les chemins de fer, 23,360 kilomètres étaient concédés à titre définitif et à titre éventuel ; 10,138,500,000 francs avaient été déjà dépensés pour la construction de ces voies ferrées ; l'Etat, engagé pour 1,638,500,000 francs, avait déjà payé en garanties et subventions 1,0(^,904,000 francs.

Ajoutons que, d'après M. de Montgolfler, les profita particuliers retirés annuellement par l'Etat de l'exécu-

tion des chemins de fer, soit en recettes perçues, soit en économies réalisées, se fixent à 162,767,800 francs.

La Banque de France et Tescompte.

La Banque de France escomptait, à son origine, 112 millions d'effets de commerce : le chiffre de ses escomptes est successivement passé de 1,814,759,000 fr., en 1847, à 1,824,469,000 fr., en 1852 ; 5,431,600,000 fr., en 1862; 6,574,900,000, en 1860; 6 milliards 682 millions, en 1867.

La fortune mobilière.

Sa valeur en capital .

Il est facile, d'ailleurs, de dégager des documents budgétaires l'importance de la fortune mobilière de la France.

Les recettes attendues de la perception de la taxe de 3 % sur le revenu des valeurs mobilières avaient été évaluées, pour l'année 1873, à 24 millions : elles se sont élevées à 31,760,000 francs. Pour que ce résultat ait été obtenu, il a fallu que le revenu total annuel des valeurs mobilières taxées atteignît le chiffre de 1 milliard 58 millions. Si nous capitalisons à 6 % ce revenu de 1 milliard 58 millions, l'opération donne exactement un capital de 17 milliards 633 millions, soit, en chiffres ronds, près de 18 milliards de valeurs mobilières circulant en France et appartenant à des Français.

Le service des rentes 5 %, 4 1/2 %, 4 %, 3 % entre lesquelles se répartit notre rente consolidée exige une annuité de 748,593,642 francs. Les annuités diverses. afférentes aux canaux, à la Société algérienne, aux obligations trentenaires et à celles de l'emprunt Morgan, sont inscrites au budget pour une annuité de 4,141,859 francs. La dette française nécessite donc un crédit annuel de 752,735,501 francs, représentant à 5 % un capital de 15 milliards 45 millions.

Ces 15 milliards 45 millions de rentes françaises et lesi 18 milliards de valeurs mobilières taxées forment un total de 33 milliards, équivalent de la fortune mobilière de la France, sans compter toutefois les valeurs étrangères, qui se trouvent dans le portefeuille des capitalistes français et les placements faits à l'étranger.

On pfHil, croyons-nous, évaluer à plus de 2 milliards sonrereno. le revenu annuel que donnent aux capitalistes français les valeurs mobilières françaises et étrangères, abstraction faite, bien entendu, d'une quantité de valeurs locales non cotées, ou se négociant à l'étranger, et, par là, échappant à tout couIkMo ricroiin'iiSfMiîont exnct.

Ces chifTres, tous tirés de documents officiels, oxpli- prodaiia. quent que la France ait pu trouver aussi facilement les 5 milliards de sa rançon et les 5 milliards des dépenses de la guerre.

Ces chiffres prouvent que, depui> \mgt-cinq ans, une impulsion extraordinaire avait été imprimée à la prospérité publique et que le pn* ivait obtenu des résultats féconds.

Ces chiffres prouvent que les grands travaux publics, les encouragements donnés à l'agriculture, les dépenses faites pour lextension des chemins de fer, des télégraphes, des canaux et des routes, ont développé le commerce et l'industrie dans des proportions vraiment considérables : les grands travaux de la paix sont donc une source certaine de richesse pour le peuple.

Ces chiffres prouvent qu'un gouvernement ne doit jamais hésiter à faire les dépenses nécessaires h ces grands travaux, à ces œuvres fécondes, sous prétexte d'économies. Ces économies-là sont mauvaises, parce qu'elles peuvent tarir la source du travail, du commerce et de l'industrie, la source de la production.

Ces chiffres prouvent encore qu'en matière économique et financière, il convient de demeurer fidèle au système économique et financier que des esprits éminenls ont mis en œuvre malgré les attaques passionnées des uns, les injustes défiances des autres.

Le développement du commerce et de Tindustrie, la prospérité de nos finances publiques, le relèvement de

Conduite à suivre.

notre crédit, tels sont aujourd'hui nus vcritabies éléments de revanche. Ce sont les économies réalisées, grâce à notre prospérité d'autrefois, qui nous ont permis de payer les 10 milliards que la guerre a coûtés. Grùce à celte prospérité, nous pouvons faire face à un budget qui exige annuellement 2 milliards 800 millions, c'est-àdire plus de 233 millions par mois, près de 8 millions par jour. Il faut donc que la France travaille et produise : qu'elle travaille pour récupérer ce qu'elle a perdu, qu'elle produise pour retrouver son nnrionne prospérité.

Nous avons montré comment nous avions trouvé les 5 milliards : puisse le passé nous servir d'exemple pour l'avenir ! Le maintien de Tordre, la sécurité de la propriété, les facilités les plus larges données à la liberté du travail; la multiplication, le perfectionnement des différents moyens de communication ; l'exécution de grands travaux d'utilité publique ; le développement des institutions de crédit, voilà le système fmancier que nous devons hardiment mettre en œuvre: voilà le système qui nous aidera à retrouver les milliards que nous avons payés et une situation prospère que nous avons perdue ; voilà le programme que nous voudrions voir adopter par les pouvoirs publics, programme fmancier modeste, mais dont les résultats, qu'on en soit convaincu, seront plus féconds pour le pays que les discussions politiques.

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