‹ Finances contemporaines (volume 2)Chapitre 8 sur 229 · LA RENTE 5 % AU PAIR · texte numérisé non relu

LA RENTE 5 % AU PAIR

La rente et la crise politique.

Le 15 juillet 1874, il y a dix jours, la rente 5 % était à 97.60, le 3 % était à 61.65.

Depuis ce moment les événements se sont succédé avec rapidité et nous avons vu coup sur coup la retraite si regrettable de M. Magne, l'adoption de la malencontreuse proposition Wolowski, la démission de M. de

QUESTIONS ÉÇU.NuMigUliS: 1872-187- "'

l'ourluu, la noininalion de l'honorable M. Malliicu liodet au niinislère des llnances, celle de M. le général le Chabaud-Latour au ministère de rinlérieur, le rejet !♦? la proposition républicaine de M. Casimir-Périer, échec des dissolu li<innisles, rajournement de la disussion des lois constiiutionnelless enlln la déclaration ir la proposition de prorogation de

\ Hiià bien des choses en dix jours, bien des nouveaul« .s, et qui ont naturellement entraîné bien des inquiétmlcs. bien d«> émoti«»n>, beaucoup dincrrliludos su:-

tnllt.

Ou a fail la Hoursc pendant - • t. iiips ? 0«o f.ii u

La renie ."> "u est à 99.45, le 3 ^ .-l à «« fraii.--.

lii II pondant ces dix longues journées, ni pu un in-i ml . !•' Hiier la ferme volonté de la Bourse de porter lîn- inii. . MTs les hauls cours. Klle n'a eu ni un inslanl de crainte», ni une heure d'hésitation et, quoi qu'il • passAl au dehors, elh» a poursuivi sa làclie avec un.* inijM'rlurbable lénacilé.

Nous avons déjà signalé i\ l'attention cette indifTéirnce si remari|uable et, disons-Fe, si nouvelle de la Hourse, pour îa pi)liti(|uo. Elle s'est manifestét* d'une f.irnii \raimenl admirable pendant cette dernière péhodi' si agitéi» et si pleine d'incidents.

Ui Hourse voulait gagner le pair ; bien plus, elle veut wu» i«>ur»uii lujourd'hui le franchir et rien ne l'a arrêtée, rien ne larrélera. Elle était disposée à continuer la hausse, • luelles que fussent les conjonctures, à celte seule coniition que l'ordre matériel ne fût pas troublé. Et nous n'oserions pas adlrmer »|u'elle se fût mise à la baisse 1 la proposition Casimir-Périer avait été adoptée. Non. Ile n'eut pas cessé de continuer son œuvre.

Kh bien, il faut le reconnaître et le dire hautement, ••••lie œuvre est bonne, excellente entre toutes.

La rente au pair ! Dans un pays qui, il y a trois ans, inclinait vers la ruine î Dans un pays qui a essuyé te» plus grands désastres : tous ceux de la guerre étrnn-

Conséquences morales.

Résultats financiers.

gère, tous ceux de la guerre civile ! La rente au pair dans un pays qui, en moins de trois années, a eniprunle et payé 5 milliards et demi, qui a élevé ses impôts jusqu'à l'extrême limite et en supporte de si nombreux qu'on ne sait plus comment en créer ! La rente au pair ! Ce 5 % émis il y a juste deux ans à 82.50 et 8i.50 !

Vraiment, certains peuvent se réjouir de nos discordes politiques et prendre en pitié nos discussions stériles et nos tristes passions ; mais, qu'on le croie bien, ce cours du pair atteint, sans doute dépassé, sur une si énorme quantité de rentes, sur une dette si considérable, ce cours du pair étonnera et édifiera les au Ires nations.

Ce qu'a fait la bourse depuis 1872 a singulièrenu^il contribué à relever la France aux yeux de l'Europtî et à lui rendre une part, au moins, du prestige qu'elle avait perdu.

Et qu'on ne dise point que ces résultats sont factict- I Si les cours de la rente se sont non seulement maintenus, mais ont monté, toujours monté, c'est que le comptant achetait toujours, c'est que, sans cesse, l'argent s'échangeait contre des titres de rentes, c'est qu'il s'empresse encore autour de ces rentes malgré leur prix élevé.

Nous avons donné l'exemple d'un marché financier où la spéculation à la baisse, si favorisée par les circonstances et qui avait pour elle tant de chances de succès, a partout et sans cesse été découragée, vaincue, brisée. Et, nous le répétons ; c'est là une œuvre bonne, une œuvre excellente sur laquelle peuvent s'exercer les méditations de nos ennemis comme celles de nos alliés.

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