‹ Finances contemporaines (volume 2)Chapitre 84 sur 229 · Immeubles ti"î7,2o · texte numérisé non relu

Immeubles ti"î7,2o

3° Fonds publics français 159,115,241

A° Créances hypothécaires 39,738,410

5° Fonds publics étrangers 39,4(J2, »25

6° Prêts sur polices 34,871,976

7» Obligations hypothécaires diverses.. 28,915,926

8" Nues propriétés et usufruits 22,540,735

9» Obligations de villes et de déparlc-

menis 20,236,127

- 10« Fonds chez les banquiers 6,517,510

Total général 1,029,560,066

auxquels il faut ajouter les fonds eu caisse, les comptes courants, le portefeuille des valeurs diverses, de telle sorte qu'au 31 décembre 1887, l'actif des compagnies formait un total de 1,264,869,960 francs.

Les sociétés de secours mutuels étaient, au 31 décembre 1884, an nombre de 7,743 pour la France et T Algérie : 5,570 sociétés approuvées; 2,173 sociétés aulori- •'es, avec 1,221,136 membres. Ces sociétés disposaient, Il 31 décembre 1884, de 68 millions de ressources ; elles I valent dépensé en secours, pendant Tannée, 22 millions.

En 1789. les produits bruts du budget s'élovai-^nt Ci 091,363,282 francs, se décomposant ainsi :

Sociétés de secours mutuels.

Produits budgétaires.

Coiitribulioiis directes .363,^09,4^2

ïmp«*Jts indirects îiiO,79>,000

Produits douaniers. 5.3,14.5,000

Postes 17.310,0)0

Recettes diverses 1(>,904,000

Tuial

L .- lais de régie, de perception, d'exploitation et les restitutions s'élevaient à 113,798,288 francs, ce qui ramenait les produits nets à 577,564,994 francs.

D'après le budget de 1889, les recettes prévues s'élè- \ «nt à 3,011,992,075 francs, se subdivisant comme .«uit :

Impôts directs

Inipôt> ei revenus imlirecls. . .

Produits de monopoles et exploitai luiis

industrielles

Produits et revenus du domaine de l'Eut..

Produits divers du budget

Ressources cxcoplionnclles

Receltes d'ordre

francs

«li.8.'>!),86l 1 , .H43,31G,400

581,834,479 44,394.158 27,ir>.3,7GS 13.286.945 54,0T«.475

Total 3.011,îlUf,07.3

Les frais de régie, de perception et d'exploitation des impôts et revenus publics s'élèvent à 178,740,667 francs; les remboursements, restitutions, non-valeurs et primes, ;i 13,540,700 francs.

Depuis cent ans, le produit des contributions directes < -t passé de 363 à 444 millions, soit une augmentation de 81 millions ; celui des impôts indirects, de 240 millions à 1,800 millions, soit en plus 1,560 millions.

Frais de régie.

Contributions directes.

Revenu et va- Le revenu foncier était de 1 milliard 440 millions en

leur ue la pio-

piiété foncière. 1791, et de 2 milliards 649 millions en 1879, d'après M. de Foville.

A Fheure actuelle, les évaluations de la fortune mobilière et immobilière de la France, d'après les récents documents publiés par le ministère des finances, ne seraient pas moindres de 200 milliards en capital et 30 milliards en revenu annuel.

Les patentes, qui donnaient, au total, 22 millions en 1820 (19 millions pour l'Etat et 3 millions pour les budgets locaux) ont produit 174 millions en 1887 (105 millions pour l'Etat, 69 pour les budgets locaux). Un peu avant 1789, on évaluait à 4 millions le nombre des propriétaires fonciers ; on les chiffre à 8 millions en 1889.

La valeur moyenne de l'hectare était, il y a cent ans, de 500 francs ; elle n'est pas moindre aujourd'hui de 1,700 francs.

Il y avait environ 4 millions d'hectares ensemencés en blé ; il y en a aujourd'hui 7 hiillions. On récoltait une quarantaine de millions d'hectolitres de blé en 1815 ; le nombre moyen d'hectolitres par hectare était de 8,6 ; on obtenait, en 1886, 107 millions, comme production totale, et 16,54 comme nombre moyen d'hectolitres par hectare.

D'après Lavoisier, en 1790, dans son mémoire sur la richesse de la France, le revenu net de la propriété non bâtie était évalué à 1,200 millions : il en défalquait la moitié à titre d'impôt, restaient 600 millions. — Même évaluation de Forbonnais, acceptée par Léonce de Lavergne.

D'après M. de Foville, on pouvait, pour l'année 1789, faire les évaluations suivantes :

frnncs

Valeur vénale de l'hectare 500

Rente du propriétaire 15

Bénéfice de l'exploitant ; 6

Frais, salaires et impôts 35

Produits hruts : lo + 6 + 35 = 56

La valeur des lerres aurait été, en 1789, de 25 à 30 milliards.

Depuis 1789, la progression de la valeur vénale de Progression do

,.^ f X . ■ L celle valeur.

1 hectare est la suivante :

Annéos ' - fraact

18ÎO 100

iMoO I,i90

" 18*4 îà.OOO

Quant au prix du pain, le Journal des Débats publiait P' »^ ^" i^-"" récemment la curieuse statistique suivante sur le prix du pain de 2 kilogrammes depuis le commencement du

-ire le :

tr, 9.

En 1800, le prix était de 0 ttO

1H19 — 0 fr. 65 à 0 70

l»iO-1821 — t» 70

1829 (mai et juin) . . . 1 10

1829 (juillet) 0 85

1841 h 1846 OfrtîOà 080

1847 (avrill— 1 25

1847 (fin année I 0 70

1848 a 1859 - 0 fr. 53 à 0 70

IWiO à 1861 — 080

* 1863 (sept.) -- 0«5

lHG4àl869— Olr. 70à 100

1^70ell871— 1 00

1874 a 1885— 0 fr. 80 à 0 85

18v"«etl886— 0 75

lft87 — 080

Prix actuel 0 85

En résumé, le prix du pain a peu varié depuis le commencement du siècle : aujourd'hui, la population parisienne paie le pain le même prix, à quelques centime.s

près, qu'il y a quatre-vingts ans. Ce résultat est d'autant plus remarquable que les frais de fabrication du pain, loyers, impositions, main-d'œuvre, éclairage, chauffage, ont augmenté dans des proportions considérables ; on peut dire qu'ils ont doublé. Il n'est pas sans intérêt non plus de constater que les prix tendent à s'égaliser ; ils ne subissent plus, depuis vingt-cinq ans, ces brusques variations qui étaient autrefois si préjudiciables à la population laborieuse.

s;iiairc agricole. En 1788, Ic Salaire agricole, au prix moyen d'une journée, était payé à peine 0 fr. 60 ; le revenu annuel d'une famille était estimé 200 livres ; aujourd'hui, le salaire moyen n'est pas moindre de 2 fr. 50 et le revenu annuel de 800 francs.

iiouiii.^ et in- En 1789, la production de la houille était de 240,000 tonnes et la consommation de 450,000. En 1886, la production est de 19,909,000 tonnes, la consommation, de 29,619,000 ; la valeur des tonnes de houille extraites des mines indigènes représente 222,749,225 francs.

Pour le fer, la production des usines était, en 1789, de 50,000 tonnes ; elle était de 767,000 en 1886.

Commerce gô- Eu 1789, le commercc général de la France était d- "''""■ 1 milliard 17 millions : 576,589,000 livres d'importa-

tions, 440,975,000 livres d'exportations. En 1886, le commerce général de la France s'est élevé à 9 milliards 361 millions ; 5 milliards 116 millions à l'importation, 4 milliards 245 millions à l'exportation. Sa répartition La répartition de ce commerce était à peu près la %lS?ur. ■ ''' même en 1789 qu'aujourd'hui. Ainsi que l'a fait justement remarquer M. Levasseur, dans son Histoire des classes ouvrières, les industries se sont plutôt développées que déplacées, étant comme attachées au sol par la proximité des matières premières et les habitudes de plusieurs siècles. Le lin et le chanvre étant cultivés dans presque toutes les provinces, on faisait

QUESTIOiNs ÉCONOMIQUES : J88G-1890 397

partout des toiles. Saint-Quentin était déjà renommé un, chanvre

..... , r> 1 T <?^ 'curs dérivée.

pour ses linons, ses batistes et ses gazes de fils. Le • oton commençait à entrer pour une. part importante dans la fabrication des toiles. Après l'avoir reçu, pendant tout le moyen âge, tout filé du Levant et Tavoir mêlé à d'autres textiles, la France, depuis cinquante ans, le filait, le tissait et l'imprimait pour en faire les toiles peintes et les étoffes légères adoptées par la

IIKhIc

Les « rouenneries » de Rouen étaient renommées ; ie \ elours de coton d'Ltrecht se fabrique à Amiens; Scheurer fonde à Wesserling la première fabrique de toiles peintes d'Alsace ; Oberkampf crée une manufacture d'indiennes à Jouy.

L'industrie des laines variait dans chaque province uincs. uivant les habitudes séculaires du travail, et florissait Il Champagne, en Picardie, en Normandie. Sedan fait (les draps fins; Reims, des flanelles; Troyes, des i.itines et des molletons; on travaille à Reims et à Abbeville les draps, les serges, les camelots ; Rouen, Elbeuf, Darnétal fabriquent des draps ordinaires ; Louviers, des draps fins ; dans le centre, en Saintonge, dans le Bourbonnais, on fait des draps communs. Dans le Midi, Lodève et Montpellier fabriquent les draps de l'armée et les couvertures. Lyon tient la tète pour les -oieries. Les Gobelins, Aubusson, Beauvais n'ont pas «le rivaux pour les tapis. Les glaces de Saint-Gobain, les porcelaines de Sèvres, les meubles, les modes et les industries de luxe ont pour siège Paris. Au Creusot on commence à travailler le fer au coke. Mais « il manquait à la France, pour développer son négoce, la pleine liberté industrielle et commerciale, l'ordre intérieur avec la liberté, l'usage des machines industrielles, la plus grande facilité des communications (1) », des capitaux suffisants pour féconder le travail, le crédit de l'Etat et des particuliers plus étendu, l'argent à meilleur compte et plus facile. La Révolution de 1789 ne

(1) Pcriffot, Histoire du commerce français.

devait donner au commerce que les premiers de ces avantages ; les autres étaient réservés à des temps plus voisins de nous. Essor commer- On peut dire, en effet, que si, depuis un siècle, le

nal du xix« siè- ^ ■ • \- ■ , ,

oio. commerce français a pris un prodigieux essor, maigre

les guerres, malgré les crises intérieures et extérieures, il le doit au crédit merveilleux dont l'a armé la découverte des métaux précieux en Amérique et en Australie ; à la création de nombreuses banques ; au développement des opérations financières ; à l'extension des voies de communication, chemins de fer, canaux intérieurs, canaux maritimes supprimant les isthme.^, réduisant la durée et les frais de la navigation, paquebots sillonnant toutes les mers, télégraphes électriques, terrestres et sous-marins, portant d'un bout du monde à l'autre les commandes, les ordres d'achat ou de vente de tous les commerçants et de tous les industriels, crodit Ce l'É- Cet essor, le commerce français le doit surtout à la

tal.

confiance que le crédit de FEtat a toujours inspirée depuis le commencement du siècle, alors que, pendant le siècle dernier, la loyauté nationale avait été trahie cinq fois. A la fin du règne de Louis XIV, sous Desmarets, on ne paya ni le capital ni les intérêts des fonds déposés à la caisse des emprunts et on fit subir le môme sort à beaucoup d'autres créances ; — à la chute . du système de Law, sous Le Pelletier de la Houssaye, lors de l'opération du « visa » ou recensement des fortunes particulières exécuté par les quatre frères Paris. on réduisit arbitrairement les créances de l'Etat; — sous l'abbé Terray, on ne paya pas les rescriptions du Trésor et beaucoup d'autres dettes du gouvernement; — sous la Révolution, on vit la création de 45 milliards 578,810,040 francs d'assignats et de 2 milliards 400 millions de mandats ; — enfin, en 1798, sous le ministère de Ramel, on opéra la réduction des deux tiers de la dette publique. — Et nous ne parlons pas des suppressions arbitraires, des retranchement partiels, des paiements ajournés, des liquidations jamais terminées. Tels sont

les tristes faits qui ont ruiné la confiance et le crédit au -iècle dernier.

Pour terminer cette longue énumération, nous don- TianvpnN. lierons quelques prix payés il y a cent ans, pour le transport des voyageurs et le prix des lettres.

Il fallait 13 jours pour aller en diligence de Paris h Marseille ; 8 jours, de Paris à Toulouse ; 6 jours, de Paris à Bordeaux ; 5 jours de Paris à Lyon ; 4 jours et

• h'mi, de Paris à Strasbourg ; 3 jours, de Paris à Nancy; ■2 jours, (}(' I^ari"^ m Lillo : 1 jour, de Paris à Amiens ou à lieims.

Le prix des places élait :

De Paris «i Marseille 157 livres 12 soli.

— à Toulouse 135 — 4 —

— à Ik>r<Jeaux . Ii5 — » —

— à Lyon 88 — 16 —

— à Strasbourg,' 93 — 18 —

— à Nancy 65 — 12 —

— a Lille 43 — .12 —

— à Amiens 24 — 16 —

— à Heims 30 — 8 —

En 1791, une lettre simple coûtait 25 centimes de Paris à Versailles ; 05 centimes de Paris à Lyon ; 75 cen- (imes de Paris à Marseille.

D'après M. de Foville, il y avait 1,700 à 1,800 carrosses le place à Paris, à la fin du siècle dernier. Le prix des ourses était ainsi réglé, en 1786 : 1 livre 10 la course •t 1 livre 10 l'heure, . pendant le jour; 1 livre 16 la

• ourse et 2 livres l'heure, pendant la nuit. Hors barrière, la course coûtait 1 livre 16 le jour et 2 livres pendant la nuit. Pour se rendre aux Invalides, au Gros-Caillou, il l'Ecole militaire, à l'hospice Saint-Sulpice, à la Salpéfrière, à Gharonne, à Ghaillot, la course coûtait 3 livres et le retour 4 livres 16 après une demi-heure d'attente. On louait des carrosses i\ la journée pour 15 livres, plus '2\ sols de pourboire au cocher.

Parlerons-nous des salaires, des gages des domesti- salaires, ga- ((ues, des traitements des fonctionnaires? Depuis un ,ments! ^'^*'^^" siècle, les salaires industriels ont augmenté de plus

de 150 % (1) ; les gages des domestiques sont hors de prix : on louait à Tannée un domestique pour quelques livres ; aujourd'hui, il gagne en un mois ce qu'il recevait en un ou deux ans ; les traitements des hauts fonctionnaires, civils .et ecclésiastiques, sont bien moins élevés qu'autrefois; les petits employés ont vu leur situation s'améliorer. Quant aux salaires militaires, aux dépenses de la guerre, un seul chiffre répondra pour nous. Nous dépensons pour la guerre et la marine, tous les ans, plus de 800 millions. Or, le budget total pour toute la France s'élevait en 1789 à 550 millions.

Dépenses de luxe et de plaisir.

Que pourrions-nous dire encore des prix payés pour les plaisirs, les amusements, le luxe, les œuvres d'art ? Pour 1 livre on allait au théâtre il y a un siècle et quelques centaines de livres suffisaient à payer annuellement les acteurs en renom. Il en coûte aujourd'hui 10, 12 et 15 francs pour obtenir une bonne place à l'Opéra ; une seule représentation de la Patti coûte 20,000 francs ; des ténors à la mode reçoivent 100,000 et 150,000 francs par an. Les recettes brutes des théâtres et spectacles de

(1) Nous empruntons à V Album de slalislique graphique i\e 1888 du ministère des travaux publics, publié par M. Gheyssou, une comparaison des salaires des ouvriers du bâtiment ;

PUOTESSIONS

Terrassiers

Charrons

Ajusteurs

Car iers

Tailleurs de pierre

Charpentiers

Forgerons . ;

r.ouvreurs

Ma(,'ons

Garçons-maçons

Menuisiers

Peintres

Paveurs

Aide-pavcuis

Page 1