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COURS
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La rente 5 % seule est en baisse ; c'est la conséquence de la conversion du 5 % en 4 1/2 : sans cette opération, qui a violemment troublé les capitalistes et les rentiers et n'a pas peu contribué à augmenter la crise commerciale dont souffre le pays, cette rente aurait, comme les deux 3 %, acquis une plus-value sur les cours cotés en 1878.
Ces divers chiffres contiennent un enseignement dont les capitalistes, les rentiers, les hommes d'épargne doivent profiter. C'est qu'il n'y a pas de meilleurs placements, au point de vue de la sécurité du revenu, de la conservation et de l'augmentation du capital, que les rentes et les valeurs émises par l'Etat ou garanties par lui. Crises politiques intérieures et extérieures ; crises économiques, commerciales, industrielles, financières, que n'avons-nous pas vu depuis 1878? Aussi graves qu'aient été les événements, les capi-
Placemenls préférer.
talistes restés fldôles à leurs inscriptions de rentes sur l'Etat, les acjtionnaires et les obligataires qui ont patiemment conservé leurs titres, ont agi plus sagement et fait une meilleure opération que ceux qui, prenant peur de tout, ont vendu leurs valeurs et conservé leurs capitaux inactifs. Les cours actuels des rentes sont supérieurs à ceux cotés fin décembre 1878 ; ils se rapprochent des prix les plus élevés de 1881 et de 1882, avant le krach.
Le capitaliste qui aurait acheté des rentes aux plus hauts cours de 1881 et de 1882 aurait mieux défendu ses intérêts que celui qui aurait attendu jusqu'aujourd'hui, car la différence en baisse est bien moins importante que les arrérages payés sur les titres achetés depuis cinq ans. Sur les plus hauts cours de 1881 et de 1882, la rente 3 % a perdu à peine 5 francs : or, les intérêts payés depuis 1881 représentent 15 francs.
Quant aux obligations de chemins de fer, elles sont aujourd'hui presque à leurs plus hauts prix : ces jours derniers, l'obligation Nord se négociait à 400 francs.
Situation du Si uous cxaminons maintenant le marché des capi-
marché des ca- , , - ,
piiaux. taux dans son ensemble, nous aurons la preuve que,
malgré les pertes subies par l'épargne et la spéculation depuis 1882, malgré les mauvaises récoltes que nous avons eues, malgré les crises traversées par le pays, jamais les capitaux disponibles n'ont été aussi considérables.
En comparant le montant des sommes déposées dans les caisses des grands établissements de crédit fm 1878 à celles qui s'y trouvent amassées fm 1885, nous verrons que les ressources prêtes à s'employer sont aujourd'hui plus importantes qu'elles n'ont jamais été et qu'elles n'attendent qu'une occasion pour s'utiliser avantageusement.
Pour peu que la politique extérieure s'y prête et que l'on ne lente pas surtout, dans le domaine économique et financier, des innovations dangereuses comme celles que proposent M. Ballue et plusieurs de ses collègues, nous espérons que nous touchons à la fin de la crise dont notre pays a souffert depuis plusieurs années. Dans nos précédentes revues de fin d'année, nous avons dénommé 1881 Tannée de la spéculation ; 1882, Tannée du krach ; 1883. celle des inquiétudes : 1884, Tannée de la crise. Si nous avions un nom à donner à 1885 qui finit dans quelques jours, nous dirions que c'est une année de liquidation, et que cette liquidation est maintenant à peu près terminée. Nous ne sommes point optimiste : nous nous bornons à considérer les faits, à les étudier et à dire nettement ce que nous pensons être la vérité. De môme qu'avant le krach nous n'avons cessé de faire entendre des paroles de prudence et de prévoir la crise qui a éclaté, alors que peu de personnes se doutaient des dangers qu'elle recelait et que Ton croyait, au contraire, que nous étions en pleine prospérité, que la hausse devait éternellement continuer sur toutes les valeurs, de même aujourd'hui nous croyons pouvoir dire que les mauvais jours sont passés.
Les crises, avons-nous dit souvent et répéterons-nous encore, no durent pas toujours. Les vaches grasses succèdent aux vaches maigres. Plusieurs symptômes nous font croire à un réveil prochain des affaires, et nous ne sommes pas seul de cet avis.
ÎI y a quelques jours, à la dernière réunion de la m. ciémemjn. Société de statistique de Paris, notre éminent confrère, «'^"•«''«^'^'•'«es. M. Clément Juglar. citait à ce sujet, avec l'autorité qui s'attache à ses travaux et à ses écrits, des faits très significatifs.
Déjà, en Angleterre, en Allemagne, une vive reprise se produit dans le commerce, dans l'industrie, dans la finance. Au point de vue spécial de notre marché financier, nous nous bornerons à noter l'abondance des
ressources, la fermeté et la hausse des rentes et des valeurs à revenu fixe, l'atténuation, de la baisse sur les grandes valeurs d'Etat.
Grand^bësoin Daus tout le monde commercial, il existe partout un ddffaiies. grand besoin d'affaires : on commence à renouveler
les vieux stocks de marchandises épuisés ; on fait des approvisionnements nouveaux ; on semble vouloir secouer un trop long sommeil. Cette situation est déjà connue dans le haut commerce. Des rapports très récents des directeurs des succursales de la Banque de France, adressés au gouverneur de cet établissement, sont à cet égard des plus concluants.
Nous espérons que le réveil si impatiemment attendu ne tardera pas à sonner.
L'année dernière, à pareille date, en terminant notre revue habituelle des faits économiques et financiers qui s'étaient produits dans le cours de 1885. nous constations qu'il existait partout un grand besoin d'afïaires et nous maniieslions notre fermo espoir dans un très prochain réveil de notre activité générale.
Nous étions cependant, au même moment, en pleine crise politique : le cabinet présidé par M. Bri.sson, qui avait remplacé depuis le mois de mars le 2^ cabinet Jules Ferry, était menacé; nous étions à la veille du renouvellement des pouvoirs du président de la République; le commerce, la finance faisaient entendre les plaintes les plus vives. Les espérances que nous formulions devaient être accueillies avec incrédulité, de iiiéme que, longtemps avant le krach de 1882, on ne voulait pas croire à nos fâcheuses prévisions. Cependant les faits, cette fois encore, nous ont donné raison. Lannée 1886, envisagée dans son ensemble, dégagée dr luuUs 11'.- inquiétudes, de toutes les crises sans cesse renaissantes, jamais éteintes, qui, depuis le premier jusqu'au dernier jour, l'ont enserrée ; l'année 1886. disons-nou?, est Vannée de la reprise des araires. Lo Marché anaaréveil que nous prédisions s'est produit, aussi bien sur irlnsactioîfs! **** le marché financier que sur les marchés commerciaux. Les deux 3 % ont haussé de plus de 2 francs ; les actions de chemins de fer, sous l'influence de meilleures
Reprise des afiairés industrielles.
Reprise des affaires commerciales.
recettes, signe non équivoque de la reprise des affaires, sont toutes en hausse : 20 francs sur l'Est, 25 francs sur le Lyon, 100 francs sur le Nord, etc. Les obligations sont à leurs .plus hauts cours : elles touchent presque le prix de 400, que l'obligation Nord a déjà- dépassé ; hausse également sur les obligations du Crédit foncier; reprise considérable sur plusieurs titres de sociétés de crédit, telles que la Banque de Paris, le Comptoir d'escompte, le Crédit lyonnais, la Société générale, c'estràdire sur les établissements qui doivent participer le plus activement au réveil des affaires. Il faut noter enfin la hausse énorme de presque tous les fonds d'Etat étrangers et la tendance du publïc à rechercher, en dehors de valeurs de placement à revenu fixe, les titres industriels oubliés, ayant souffert de la crise, et devant, eux aussi, profiter d'une amélioration générale du commerce et de l'industrie.
Au point de vue commercial et industriel, la reprise n'est pas moins vive qu'à la Bourse : toutes les matières premières ont haussé considérablement depuis le commencement de l'année ; la laine, les soies ont donné lieu à de sérieuses et notables transactions. Dans toutes les villes manufacturières, Roubaix, Lille, Tourcoing, Reims, I^yon, Sedan, le travail n'a pas manqué, et l'année 1886 comptera parmi les plus laborieuses, les plus occupées. Sans doute, les bénéfices réalisés n'auront pas été aussi importants qu'ils auraient pu l'être, par suite des charges de toute nature qui pèsent sur les industriels et les commerçants, par suite aussi de la concurrence qui leur est faite et qu'ils supportent vaillamment; mais c'est déjà beaucoup de voir le réveil succéder à cette longue défaillance qui menaçait do tout engloutir; c'est déjà beaucoup de voir renaître l'espérance en des jours meilleurs.
Notre commerce d'exportation, grâce aux efforts et à l'industrie de nos producteurs et commerçants, grâce à leur esprit d'initiative, s'est relevé et tend encore à se relever davantage. Les états mensuels da commerce
extérieur sont de plus en plus favorables. Pendant le mois de novembre les exportations ont atteint le chiffre de 323.125,<XX) francs, soit une augmentation de 53,065,000 francs sur le mois de novembre de l'année 1885. Nous avons exporté, pendant les onze premiers mois de 1886, pour 1 milliard 562,722,000 francs de produits fabriqués, alors qu'en 1885, à la même époque, le total n'était que de 1,457,886,000 francs. C'est donc un accroissement de plus de lOi millions.
Sans doute, une grande partie de ces résultats a été obtenue grâce à des abaissements de prix quelquefois excessifs; dans certains cas, nos négociants se sont décidés à écouler leurs produits en se contentant d'un léger bénéfice sur les prix de revient. Mais l'ensemble est tout à l'honneur de notre commerce qui, malgré tant de circonstances défavorables, s'est créé de nouveaux débouchés et a étendu ceux qu'il possédait déjà.
Ajoutons enfin que les recettes des chemins de fer Recettes des
, , ,,.,,.. . chemins de tei.
se sont beaucoup améliorées depuis six mois; aux diminutions persistantes du trafic a succédé une augmentation sérieuse. Le même fait s'est produit sur nos canaux, les transports y deviennent de plus en plus actifs. lie mouvement s'est étendu à la navigation dans nos principaux ports. Nous ne citerons qu'un chiffre : le tableau sommaire de la navigation à Marseille pendant les dix premiers mois de l'année, d'après les documents publiés par le service spécial maritime. Le tonnage des navires entrés ou sortis sest élevé à 7,503.689 tonneaux au lieu de 6,960,042 tonneaux pour la période correspondante de 1885, soit une augmentation de 543,647 tonneaux en faveur de 1886. Ces bonnes tendances se sont surtout manifestées depuis le mois de juillet.
Influence regreilabledescvénuiiicHts politiques (le 1886 sur la reprise des aU'aires.
3» cabinet de
Kreycinet, succé- (laiU au cabinet Brisson.
L'amnistie.
L' e X p u 1 s i 0 n deb princes.
Traité de Tien- Tsin. Protectorat du Tonkin. Paul Bert, résident général.
Affaires d'Orient.
Considérée dans ses grandes lignes, l'année 1886 est donc l'année de la reprise des affaires; et cependant, combien cette reprise aurait été plus vive, combien les transactions auraient été plus animées, si les événements politiques intérieurs et extérieurs n'étaient venus inquiéter sans cesse les esprits.
Au point de vue politique, l'année 1886 est une des plus agitées, une des plus inquiètes que nous ayons eues depuis longtemps. Elle débute au lendemain de la réélection de M. Grcvy comme président de la République (28 décembre 1885). Le vote des crédits du Tonkin réveille toutes les passions. Le cabinet présidé par M. Brisson donne sa démission; il est remplacé par le ministère Preycinet (7 janvier 1886). Ainsi, l'année 1886 s'ouvre et se termine par une crise ministérielle. M. le président Grévy fait appel, dans son message, à l'union de tous dans l'intérêt supérieur du pays. Le premier trimestre de l'année est rempli par des discussions et interpellations sur l'amnistie, sur la situation des mineurs de Decazeville, sur les affaires du Tonkin, sur les propositions Duché et Rivet relatives à l'expulsion des princes. A Decazeville, la situation est tendue et la grève continue. Dans l'intervalle, paraissent des décrets promulguant le traité de Tien- Tsin avec la Chine et organisant notre protectorat de l'Annam et du Tonkin. M. Paul Bert est nommé résident général ; il part plein de foi et d'enthousiasme pour ce pays, dont il n© doit pas revenir. Les deux Chambres votent le traité de paix de Madagascar.
A l'extérieur, les crises et les inquiétudes ne manquent pas pendant le premier trimestre. La Bulgarie et la Serbie évacuent les territoires qu'elles occupaient; des négociations sont ouvertes pour la conclusion de la paix, qui est enfin signée. Mais on apprend en même temps que la Bulgarie vient de conclure une entente
avec la Turquie ; cette dernière puissance, menacée par la Grèce, fait des armements et se prépare à repousser une attaque de ce côté. Les grandes puissances s'émeuvent de cette situation et adressent une iéclaration collective à la Grèce pour la mettre en demeure de désarmer.
En Angleterre, le ministère Salisbury est renversé et cnsc anglaise.
. , ^, , , , .• • 1 I^ question û-
remplacé par le mmistère Gladstone ; la question irlan- landaise daise est posée et passionne l'opinion, des troubles éclatent à Londres. Enfin, une crise ministérielle a lieu en Portugal.
Au milieu de tous ces incidents politiques intérieurs et extérieurs, qui ont signalé les trois premiers mois de 1886, quelques faits économiques et financiers sont utiies à retenir. Le 31 décembre 1885, la convention convcnuonmonionétaire intervenue entre la France, l'Italie, la Suisse, "aUnef ^ "**'°** la Grèce et, après de nombreuses hésitations, la Belgique, était promulguée. La Chambre des députés nommait, dans les premiers jours de janvier, une commission à la tête de laquelle se trouvait ^L Rouvier, pour examiner le projet de loi sur les sociétés, voté par le Sénat, p^jet de loi Voilà une loi d'affaires par excellence, qui traîne dans *"■" *«* sociétés, les cartons législatifs depuis bientôt cinq ans, sans pouvoir aboutiri (1) Un décret organise notre protectorat au Tonkin. Une commission est instituée par le ministre Question modes finances pour examiner les questions relatives au "'-''^'^régime monétaire, en France et à létranger (2). Le ministre de l'agriculture institue, à son tour, une commission chargée de donner son avis sur les affaires d'intérêt général et sur celles qui concernent l'administration centrale. L'exposition de 1889 est décidée ; l'hono- Projet d-exporable M Ghrislophle est chargé de former le syndicat ^'j^">^«^"« do garantie. L'emprunt de la ville de Paris de 250 millions est voté par la Chambre des députés : on se rap-
(1) Voir nos études sur Les sociétés anonymes par actions. Quelques réformes pratiques, in-8*, 1881, et sur Les réformes de la loi de 1867 sur Us sociétés, in-8', 1892.
(2) Voir notre étude sur La question monétaire, in-B*, 1875.
pelle les graves objections soulevées par cette loi d'emprunt, qui augmente de 20 centimes additionnels les charges de la propriété foncière. On a une telle hâte de faire des travaux, de donner de l'occupation à une quantité de bras inoccupés, que l'on n'insiste pas outre mesure sur les critiques que mérite ce projet de loi.
Bourse de corn- L'adjudicatiou de la Bourse de commeFce, à Paris, est prononcée le 20 mars,
voyagedeM.de Sigualous encore le voyage de M. de Lesseps en Angle- Sa^ ^ ^^~ terre et à Panama ; l'interpellation de M, Soubeyran sur la circulation monétaire ; la revision de la loi sur les mines à propos des grèves de Decazeville et de Saint- Quentin. La question des chemins de fer devait inévitablement ne pas être oubliée par ceux de nos législateurs qui considèrent les grandes compagnies, leurs , actionnaires et leurs obligataires, comme des « ploutocrates », des gens avides ruinant le pays. Une discussion très vive a lieu à la Chambre à propos des tarifs ; nous en avons rendu compte en démontrant les erreurs et les exagérations commises par les adversaires des compagnies. Enfin, le mois de mars voit la première appari-
Ee budget de tion du budgct de 1887, de ce budget qui devait soulever
1887. Réformes ,,,,.°. '. ,
tant de discussions, de si nombreuses crises, et qui, a l'heure actuelle, est encore en suspens. M. le ministre des finances faisait au conseil des ministres l'exposé de son budget et des réformes financières qu'il projetait ; ces projets, approuvés à l'unanimité par tout le cabinet, étaient déposés sur le bureau de la Chambre (1). Les lignes générales du budget de M. Carnot se résumaient ainsi : — 1° Economies importantes réalisées dans tous les services des différents ministères ; — 2° Suppression du budget extraordinaire et inscription au budget ordinaire de toutes les dépenses de l'Etat présentant un caractère normal et permanent ; — 3° Diminution de la dette flottante par le remboursement de toutes les sommes dont l'exigibilité immédiate pourrait, dans un
financières projetées par M. Car uoL
(1) Voir noire élude : Vn plan de finances, in-8' 1887.
moment critique, gèner le Trésor public et lui retirer la liberté de ses mouvements ; — 4° Mesures prises pour empêcher, à l'avenir, l'accroissement de cette dette flotkante, en limitant les versements à effectuer par les caisses d'épargne dans les caisses du Trésor ; — 5° Gonsolidation, en rentes 3 % perpétuelles, des emprunts contractés à courte échéance sous forme d'obligations sexennaires ; — 6° Augmentation des droits sur l'alcool et modifications libérales apportées au régime fiscal des boissons.
Nous avons eu l'occasion de signaler, à différentes reprises, l'intérêt que présenterait, pour l'étude des projets financiers et fiscaux, la création d'un conseil supérieur des finances (1). Nous n'y reviendrons pas ici.
Il est intéressant de noter, dès à présent, l'attitude du marché financier à la fin du premier trimestre de l'année, après toutes les émotions subies. Peu d'affaires sont émises sur notre place pendant ces trois mois ; elles n'y apparaissent que pour la forme ; elles y reviendront plus tard quand la cote officielle de la Bourse leur aura donné l'accès du marché. Signalons, en janvier, un emprunt argentin de 200,000 obligations de 500 francs 5 %, •mises à 403 fr. 50 ; en février, un emprunt serbe de 26 millions en rente 5 % or amortissable, émis sur les places allemandes ; en mars, la compagnie des Asturies, Galice et Léon émet un emprunt de 60,000 obligations de "v*)0 francs 3 % à 306 fr. 25 ; MM. de Rothschild frères effectuent, à Londres, l'émission d'un emprunt brésilien de 650 millions au cours de 95 %. Le Crédit foncier égN'ptien s'adresse également à l'étranger pour émettre lies obligations, interdites en France par la législation le 1836 sur les loteries. Notons ici, à la date du 31 mars, les cours de plusieurs valeurs comparés à ceux cotés le
Marché flnai»cier.
Les émissions.
Cours e«iap»rés.
' t Voir nos études .- De la nécessité d'un conseil supérieur des finances, ic-8» 1874, et L'n conseil des finances, in -S', 1886.
NATURE DES VALEURS
COURS du
31 DÉCEUBDE
3 % amortissable.
Banque de France
Crédit foncier
Banque de Pans. .
Société générale. .
Crédit lyonnais. . .
Nord
Orléans
Lyon
Est
Midi
Ouest
Italien
Extérieur
Autrichien, or
Hongrois, or
Portugais 3 %
fr. c.
82 go
COURS du
31 M A II s
fr. c.
Pendant la même période, le Panama avait haussé de 408 fr. 75 à 462 fr. 75. Par contre, toutes les valeurs de Suez étaient en baisse : Faction, qui était à 2,202 fr. 50 le 31 décembre 1885, cotait 2,088 fr. 75 le 31 mars; la délégation avait baissé de 1,118 fr. 75 à 1,068 fr. 75; la part civile était descendue de 1,452 fr. 50 à 1,372 fr. 50. Sui plusieurs chemins de fer étrangers, un mouvement de recul assez sensible se produit : l'Autrichien baisse de 561 fr. 25 à 511 fr. 25; le Lombard de 280 à 261 fr. 25; le Nord de TEspagne de 390 à 343 fr. 75 ; les Portugais de 437 fr. 50 à 428 fr. 75 ; les Méridionaux de 717 fr. 50 à 681 fr. 25. Quelques valeurs industrielles commencent à se relever. Les Eaux de Vichy montent de 3,200 francs à 3,550 francs; les Malfidano, de 865 francs à 910 francs; le Petit Journal, de 1,310 francs à 1,385 francs; le Figaro, de 1,340 francs à 1,400 francs.
in
La Bourse, on le voit, présente, dans le premier trimestre, une assez grande indécision. Les rentes ne montent pas ; les fonds étrangers sont toujours en faveur ; les mauvaises recettes des chemins de fer exercent leur influence sur les cours des actions des chemins français et étrangers. Pendant ces trois premiers mois, tous les parlements européens sont en session ; les discours d'ouverture s'occupent de la situation économique et linancière et insistant sur la gravité de la crise commerciale que traverse l'Europe. C'est sous ces impressions maussades que s'ouvre le second trimestre.
Ces trois mois d'avril, mai et juin sont remplis par des discussions sur la grève de Decazeville, la loi d'emprunt de 500 millions, l'expulsion des princes. Entre temps, la Chambre adopte la prise en considération d'une proposition tenant à abolir le concordat.
A l'extérieur, les événements de Grèce préoccupent constamment l'opinion. Malgré l'acquiescement de ce pays aux propositions de la France, un ultimatum des puissances remet tout en question ; une crise ministérielle éclate, M. Tricoupis succède à M. Delyannis. Le nouveau ministère effectue le désarmement de la Grèce; la paix, dès lors, paraît devoir être maintenue-; le blocus, «ordonné par les grandes puissances, cesse à la fin de juin. En Belgique, des troubles graves, promptemenl réprfmés, éclatent au mois d'avril. En Italie, de nouvelles élections législatives donnent la majorité au ministère. En Angleterre, les projets de M. Gladstone sur l'organisation de l'Irlande sont discutés ; la Chambre des communes les repousse et la dissolution du parlement est prononcée. En Espagne, la naissance d'un héritier mâle est accueillie avec satisfaction par les partisans de la monarchie.
C'est à partir de la seconde quinzaine du mois d'avril, que les dispositions du marché financier deviennent plus
Indécision la Bourse.
Événementsialérieurs.
Les grèves. l«es princes. Le concordat.
Événements extérieurs.
L'emprunt de 500 millioas.
favorables k une reprise. Rassurés sur le maintien de la paix européenne, le public et la haute banque se préparent à souscrire à l'emprunt national voté par la Chambre et le Sénat, à la suite de longues^discussions que tout le monde a encore présentes à la mémoire. L'émission a lieu le 10 mai el obtient un plein succès. Emis à 79 fr. 80 l'emprunt est souscrit plus de 21 fois. L'Etat offrait au public 18,947,365 francs de rentes : les demandes dépassent 400 millions de rentes ; le premier versement exigeait environ 95 millions : dans la seule journée du 10 mai, plus de 2 milliards sont versés au Trésor, malgré toutes les précautions prises 'pour éloigner une trop grande affluence de demandes provenant surtout de la spéculation.
Importantes Un tel résultat, qui démontre et la confiance du public
opérations. ^
et l'abondance des ressources disponibles de l'épargne, devient, en quelque sorte, le point de départ d'une amélioration générale du marché. Les réalisations qui se produisent sont facilement absorbées. D'importantes opérations s'effectuent en France et à l'étranger. La Banque de Paris émet, le 25 mai, 340,000 billets hypothé caires de l'emprunt cubain ; en Portugal, un emprunt de la ville de Lisbonne de 13,880,000 francs, mis en adjudication, est promptement souscrit ; en Russie, un emprunt de 100 millions de roubles 5 % papier est très bien accueilli. Des achats suivis ont lieu sur toutes les valeurs pendant le mois de juin; quelques-unes, telles que le Panama, subissent des fluctuations de cours nombreuses à la suite des discussions relatives au projet d'émission d'obligations à lots, projet présenté à la Chambre par le gouvernement, mais dont M. de Lesseps finit par demander le retrait en présence des retards apportés par la commission parlementaire à se prononcer. Depuis le 25 mai les Chambres ont pris leurs vacances ; on ne redoute plus les débats irritants ou oiseux ; le mouvement de hausse s'accentue ; on en jugera par la comparaison des cours cotés le 31 mars et le 30 juin.
1886. — L'ANNÉE DE LA REPRISE DES AFFAIRES iSl
NATURE
des
VALELBS
3 % amortissable.
4 lyS 1883
Banque de France Crédit foncier . . . .
Banque de Paris..
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