‹ Finances contemporainesChapitre 13 sur 85 · W JUIN · texte numérisé non relu

W JUIN

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Ainsi, hausse des rentes et des fonds publics étran-» gers; commencement de reprise sur les actions des sociétés de crédit, sauf sur celles de la Banque de France en raison de la probabilité d'une diminution de dividende pour l'exercice en cours ; hausse sur plusieurs actions de chemins de fer; activité du marché au comptant : tels sont les faits qui signalent la fin du second trimestre de Tannée.

Pendant les trois mois qui s'écoulent de juillet à octobre, peu d'événements politiques intérieurs, à l'exception du décret d'expulsion du duc d'Aumale à la suite de la lettre qu'il avait adressée à M. le président Gré\y, attirent l'attention. Le Sénat vote la loi relative à la publicité des séances du conseil municipal; la Chambre rejette le 'traité de navigation avec 'l'Italie; l'archipel des Gomores est mis sous le protectorat de la France; plusieurs décrets concernant l'organisation de l'exposition de 1889 sont publiés.

Les élections aux conseils généraux et aux conseils d'arrondissement étaient attendues avec impatience :

Expulsion du duc d'Aumale.

Election des conseils gdnéraux.

le pays confirmerait-il ou modifierail-il les voles émisen octobre 1885, au moment des élections législatives? En réalité, le résultat politique de ces élections fut nul; le nombre des sièges perdus et gagnés par les partis en présence fut à peu près égal. La session des conseils généraux se passa "sans incident. Graves événe- Les nouvcllcs de l'étranger devaient occuper bien

ments exteneurs ^ i <•

La question plus l'opinion publiquc. En Angleterre, les élections

"^ La question sout défavorablcs à M. Gladstone sur la question ir-

baigare. landaise. Le ministre donne sa démission et se trouve

remplace par lord Salisbury. En Irlande, la situation

est de plus en plus tendue à la suite du rejet du bill

Parnell par le parlement anglais.

Du côté de la Russie, on apprend, au moment oii l'on s'y attendait le moins, que la franchise du port de Batoum, reconnue par le traité de Berlin, est considérée comme nulle et non avenue : le gouvernement russe ne cache pas ses intentions bien arrêtées de faire de ce port, qui devait rester purement commercial, un grand arsenal militaire.

Pendant quelques jours, les journaux commentent C9 grave incident ; mais bientôt l'attention publique devait être excitée par une nouvelle plus ^rave encore. Un complot éclate en Bulgarie, on annonce la déchéance et l'arrestation du prince Alexandre. Des inquiétudes sérieuses surgissent. On cherche à pressentir ce que diront, ce que feront l'Angleterre, l'Autriche, l'Allemagne. Pendant que les journaux discutent à perte de vue sur les intentions de la diplomatie, le prince Alexandre, rappelé par les Bulgares, fait une rentrée triomphale à Sophia. La Russie, qui jusqu'alors avait agi secrètement, se découvre : elle fait entendre au prince Alexandre qu'il ne doit plus compter sur son appui et que sa présence à la tête de la Bulgarie n'est plus tolérable. Le prince abdique : les grandes puissances laissent faire. A l'heure actuelle, cette question de Bulgarie n'est pas résolue : elle fait courir de sérieux dangers au maintien de la paix européenne.

En Espagne, crise ministérielle. Le ministre des finances, M. Camacho, donne sa démission. Une insur reclion militaire éclate à Madrid; les principaux chefs sont arrêtés, passent en conseil de guerre et sont con damnés à mort. La reine-régente use de clémence envers les insurgés et comnme leurs peines : cet acte est unanimement approuvé, il consolide le pouvoir de la monarchie espagnole.

En Allemagne et en Autriche, les deux chanceliers, le comte Kalnoky et îe prince de Bismarck, ont plusieurs conférences. On commente l'absence, à ces conférences, du ministre des aiïaires étrangères de Russie, M. de Giers; mais, peu de temps après, ce diplomate rend visite à M. de Bismarck, il est chaudement accueilli à Berlin. L'entrevue, à Gastein, des empereurs d'Aile- Entrevue des magne et d'Autriche et l'absence de l'empereur de fe™*^""^! a a!i1 Russie sont très remarquées. On veut y trouver la "■c'ie a casteu». preuve d'un désaccord survenu dans l'alliance des trois empires, quoique cependant les trois souverains ne laissent pas échapper une occasion de témoigner de leurs bons sentiments d'amitié et d'union.

Les principaux événements économiques et commer- tendances ciaux qui se produisent pendant les mois de juillet et dlîachamtwe. d'août méritent d'être notés. A l'occasion de la discussion, à la Chambre des députés, du relèvement des droits sur les céréales, les tendances protectionnistes de nos députés s'accentuent de plus en plus. C'est avec une grande difficulté que le ministre de l'agriculture, qui cependant est bien plutôt partisan des doctrines protectionnistes que libre-échangistes, insiste sur le maintien du statu quo ; il obtient le renvoi de la proposition à la commission pour l'examiner à nouveau.

Le Sénat vote l'emprunt de 250 millions de la ville Bmprant de de Paris, malgré les clauses si lourdes de cette loi qui ^yîueûTpJ^. accroît les impositions de toute une catégorie de contribuables. Le président de la République signe le décret qui approuve le cahier des charges. t)e longs

mois se sont écoulés; plus d'un an s'est passé depuis que la ville de Paris a manifesté l'intention de faire appel au crédit; les pouvoirs publics se sont hâtés de donner leur sanction. Nous nous demandons ce que l'on peut attendra» pour effectuer l'émission et pour commencer les travaux prévus, que l'on disait être si urg-ents, si pressés.

Le métropoli- Mêmcs hésitatiou? et retards au sujet du métropo-

hésiiations. ^ litaiu. Le conseil municipal vote des modiiications importantes au projet primitif; un nouvel accord intervient avec le ministre des travaux publics, puis avec la commission de la Chambre, puis avec les grandes compagnies. On finit par ne plus rien comprendre à ces discussions interminables qui, du jour au lendemain, remettent tout au même point que la veille. On piétine sur place; on recule pour avancer et on avance pour mieux reculer.

On apprend enfin que tout le monde est -d'accord : on dit qu'en octobre, dès la rentrée des Chambres, le projet sera déposé sur le bureau du parlement et que la fin de l'année ne se passera pas sans que cette importante opération soit commencée. On comptait sans l'imprévu.

C'est encore pendant ce trimestre qu'a lieu l'émission des obligations nouvelles du canal de Panama : les tergiversations et les hésitations de la commission parlementaire chargée d'examiner le projet de loi auto- Émission lisant la compagnie à émettre des obligations à lots,

valions ^Panama! avaicut été tclles, quc M. de Lesseps finit par renoncer à attendre la décision finale. Il s'adressa au public : l'émission de 500,000, obligations de 1,000 francs eut lieu le 5 août, au prix de 439 fr. 16. Cette souscription eut tout le succès désirable : 458,802 obligations furent; souscrites. Les actionnaires furent invités à verser le solde de 125 francs restant dus sur leurs actions; ce versement s'effectua avec une grande régularité.

Notons encore, en juillet, l'emprunt de conversion

norvégien; en août, un emprunt de 40 millions de marks de l'Etat de Hambourg ; en septembre, la vente d'actions nouvelles des chemins de fer de l'Ouest-algérien, effectuée par la Société générale; femprunt portugais 5 % de 143,558 obligations émises à 442 fr, 50; un emprunt ù 3 1/2 % de la ville de Berlin, de 50 millions de marks ; enfin, la réussite complète, grâce à l'intervention de l'honorable M. Ghristophle, du syndicat de garantie de l'exposition universelle de 1889. Le Journal officiel publie les listes des souscripteurs : 18 millions, en parts de 1,000 francs, étaient à réaliser; plus de 22 millions ont été souscrits.

Du 30 juin au 30 septembre, la fermeté de la Bourse ne s'est pas démentie; les transactions se sont développées chaque jour, surtout sur le marché au comptant; la hausse s'est étendue à un plus grand nombre de valeurs, elle s'est accentuée principalement sur les fonds étrangers. Voici le tableau comparatif des cours cotés à ces deux dates :

Syndicat de g»

rantie de l'exposition de 1889.

NATURE

des

VALEURS

3 '^0 amortissable.

Banque de France.

Crédit foncier. . . .

Banque de Paris . .

Société générale. . , Oédit honnais. ..

.\ord...'.

Orléans

Lyon

Est

Midi

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