‹ Finances contemporainesChapitre 14 sur 85 · JUIN 3ID SEPT · texte numérisé non relu

JUIN 3ID SEPT

101 125 60 75 94 4o 87 30 io4 00 5i3/8

448 75 468 75 233 75 33i 25 3i2 5o 422 5o 735 col

fr. c

387 5o 46^76 218 00 38o od

Grèves.

prammeTeML'^ië ^^ quatrième trimestre, qui s'ouvre au mois d'oc- [ouse.'"*" ^ ^°"' tobre et se termine au moment oii nous écrivons ces lignes, n'a pas été moins rempli, moins agité que les précédents. La rentrée des Chambres eut lieu le 14 octobre. Quelques jours auparavant, M. de Freycinet, dans un voyage à Toulouse et à Montpellier, traçait le programme du gouvernement. Il faisait appel à l'union, à la concorde de toutes les fractions des groupes républicains ; il s'exprimait, au sujet de notre politique extérieure, dans des termes très modérés et très pacifiques.

Il déclarait, au sujet de nos possessions coloniales, que notre ambition devait se borner à maintenir et à affermir notre domaine, mais que nous ne devions pas songer à l'agrandir. Améliorer ce que nous avons devait nous suffire.

L'interpellation de M. Basly sur la grève de Vierzon montre bientôt les désaccords profonds qui existaient au sein du parlement. La Chambre vote l'ordre du jour pur et simple repoussé par le ministre de l'intérieur; celui-ci donne sa démission. Presque en même temps, des votes successifs de la commission du budget détruisent complètement les projets financiers du ministre des finances.

M. Carnot donne sa démission. Grâce aux efforts du président de la République et du président du conseil, la crise ministérielle peut être conjurée. Ce n'est que partie remise. I^a discussion de la loi sur l'enseignement primaire soulève d'ardentes polémiques.

Entre temps M. Herbette est nommé ambassadeur à Berlin. Puis, au moment où la discussion du budget recommence, le ministre des travaux publics, M. Baïhaut, se retire du ministère; il est remplacé par M. Mil- Ben°au Tonff ^^'^^- ^^ nouvcllc de la mort de M. Paul Bert, notre résident général au Tonkin, cause une pénible impres-

M. Herbette a'iihassadeur à h.'.lin.

sion; elle rappelle tout ce que nous coûte cette expédition lointaine, en hommes et en argent. Pendant que mchamhro

. , - 1 f ' f 1 repousse les pro-

ie Sénat discute paisiblement la loi sur les aliénés, la jptsHnanci.rsJe

Chambre des députés est prise subitement d'un violent "• ^^*™**' amour d'économies. Elle fauche tous les budgets, sape à droite et à gauche, détruit toutes les combinaisons financières et de la commission du budget et du gouvernement. Elle ne se demande pas si certaines réformes et économies, inopportunément ou trop hâtivement faites, ne vont pas désorganiser l'administration du pays. Elle ne propose rien; elle se borne à tout démolir; elle joue avec le budget comme des enfants s'amusent avec un château de cartes. Oh peut croire un moment, après un discours habile, insinuant, fin, de M. de Freycinet, que la majorité de la Chambre va se retrouver et se grouper autour du gouvernement et du ministère. Erreur profonde. Le lendemain, la Chambre vote la suppression du crédit alloué pour les sous-préfectures, malgré les avis du ministre de l'intérieur et du président du conseil. C'est la goulte d'eau qui fait déborder le vase.

Le ministère démissionne : huit jours s'écoulent mjn^stSue'i"'* avant la formation d'un nouveau cabinet. On connaît cabinet G«biet. la suite des événements. Après de vives discussions, le Sénat et la Chambre votent des douzièmes provisoires.

Au point de vue extérieur, de graves questions res- Evénement tent en suspens : question égyptienne, question bul- eiiéneurs. gare; partout, sous prétexte d'assurer la paix, on se prépare à la guerre et les armements succèdent aux armements.

Le monde financier cependant ne perd rien de son optimisme : octobre, novembre, décembre ont été les mois les plus actifs de l'année ; toutes ou presque toutes les valeurs ont atteint leurs plus hauts cours. Des opérations financières importantes s'effectuent à l'étranger; la hausse des banques, des fonds internationaux, de quelques valeurs industrielles, est le trait caractéristique de cette dernière période. Ajoutons

que les pliis hauts cours cotés auraient été même dépassés, sans un avertissement très grave du mS-chés de Ne'^ marché de New-York : une crise de spéculation a £ ''' '•^ ^°^- éclaté sur cette place, elle a eu son contre-coup à Londres ; elle a indiqué à notre Bourse que la prudence, la modération doivent être toujours observées. D'autre part, la déconfiture d'une des principales charges d'agent de change de Paris est venue arrêter la hausse qui se produisait, faire reculer plusieurs des valeurs qui avaient le plus monté et troubler l'ensemble du marché.

Tel est le résumé des faits principaux de cette année bizarre, mouvementée, parsemée de crises politiques et financières en France et à l'étranger. Elle laisse toutes choses en suspens : elle n'a rien résolu. Nous ne savons pas, chez nous, à quelles résolutions financières se détermineront le gouvernement et les Chambres pour établir le budget; on redoute l'impôt sur le ou les revenus, ce qui serait le signal d'une véritable déroute sur le marché des fonds publics, sans parler des crises politiques que de telles mesures pourraient provoquer. A l'extérieur, l'horizon est chargé de points noirs, on commence à se préoccuper d'un fait que nous avons signalé plusieurs fois et depuis long- La paixarmée. temps dans des études spéciales (1); les budgets euro-

Con séquences , ■,■■,■,-,, ■■,■,■

budgétaiies et pécus craqucut SOUS le poids de dépenses militaires écouomiques. exccssivcs; l'Europc n'est plus qu'une vaste caserne, un camp retranché.

Partout, les impôts sont lourds, obèrent le contribuable. Partout aussi, et c'est une simple constatation que nous devons faire au point de vue économique, les doctrines libre-échangistes sont repoussées; la protection règne en souveraine; les nations s'enferment chez elles et élèvent autour d'elles des murailles fiscales.

(1) Voir notamment notre élude Ce que coûte la paix en Europe, in-8°, 1883.

Et cependant, l'année 1886, pour la Bourse et les capitalistes, aussi bien en France qu'à l'étranger, est une année de hausse; pour le commerce et l'industrie, c'est une année de reprise des affaires, reprise encore légère, sans doute, mais incontestable. Jamais les capitaux n'ont été plus abondants et, jusque dans ces dernières semaines, à meilleur compte. Grâce à cette hausse et à cette abondance de capitaux, tous les Etats européens dont les rentes dépassaient le pair, ont elTeclué des conversions. La Hollande, le Danemark, la Belgique, la Norvège, TEtat de Hambourg, la Suisse, plusiciars villes de Prusse et d'Allemagne, le Japon luimême, ont effectué ou sont à la veille d'effectuer des conversions de leurs dettes. Ils proposent le remboursement an pair ou la remise d'un titre de rente donnant un intérêt moindre. Dans presque tous les pays, les économies réalisées par ces opérations, au lieu d'être appliquées à des réductions d'impôts, sont employées à combler les déficits des budgets, déficits qui, pour une grande partie, sont eux-mêmes causés par les dépenses inouïes auxquelles donnent lieu les charges militaires.

Il faut, pour expliquer cette contradiction qui existe entre les faits et les chiffres, que le public soit resté indifférent à tout ce qui aurait pu l'émotionner et le troubler; il semble qu'il n'ait plus voulu apporter qu'un regard distrait aux choses de la politique et ne compter désormais que sur lui-même pour s'occuper de ses propres affaires. Son optimisme n'a eu d'égale que son indifférence, il ne se réveillera que quand il se croira menacé dans ses intérêts; maintenant, il ne veut songer qu'à ses affaires, sans s'occuper seulement de ce que font ou disent les hommes politiques et. il nous faut bien le constater, il éprouve un véritable soulagement quand les Chambres sont en vacances et que les débats parlementaires sont clos. Puisse l'année qui bientôt s'ouvrira, dissiper les nuages qui obscurcissent celle qui finit et permettre au commerce et à

1«86 i^st nae année de bausM et de reprise.

Dettes pDbliqaes, cuuversioDS.

Bénéfices co»sacrés aox dépenses de guerre

Conclnsion.

Optimisme et indifférence.

l'industrie de se développer paisiblement, d'affermir et de rendre durables les résultats déjà acquis.

Voici les cours comparés sur les valeurs pendant le quatrième trimestre de 1886 :

NATURE

dps

VALEURS

3 % amortissable

Banque de France

Crédit foncier

Banque de Paris..

Société générale..

Crédit lyonnais.. .

Nord

Orléans

Lyon

Est

Midi

Ouest

COURS

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du

30SKPT.

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