L'ANNÉE DE DÉCEPTIONS ET DE SPÉCULATION
Crise présidentielle : M. Gasimir-Périer remplacé par M. Félix Faure;
Crises ministérielles : le cabinet Dupuy remplacé par le cabinet Ribol, faisant place à son tour au cabinet Bourgeois;
Crises coloniales : M. de Lancssan remplacé au Tonkin par M. Rousseau; M. Grodet, gouverneur du Soudan rappelé en France; l'expédition de Madagascar, heureusement terminée après avoir vivement surexcité l'opinion publique;
Politique extérieure troublée : question du Mékong avec l'Angleterre; dénonciation des traités de commerce de la Tunisie avec les puissances étrangères; inquiétudes causées par le règlement de la guerre sinojaponaise; troubles à Gonstanlinople, en Arménie; réveil de la question d'Orient; et, pour fmir l'année, conflil entre les Etats-Unis et l'Angleterre;
Agitation commerciale pour la reprise, heureusement conclue, des relations avec la Suisse;
Agitation monétaire : création d'une ligue bimétallisle:
Agitation financière : propositions ou projets d'impôts sans cesse renaissants, sur le revenu, sur la rente ; continuation des discussions sur les conventions de chemins de fer et leur durée, à la suite de l'arrêt
M. Félix-Faara président de !• République.
3» cabinet Ribot.
Cabinet Bourgeois.
Crises colo> niales.
Bvénemeat extérieurs.
Agitation com merciale, monétaire, financière et flsc&le.
Spéculations sur les mines d'or. ,
rendu par le conseil d'Etat qui donne pleinement raison aux compagnies d'Orléans et du Midi; propositions de rachat par l'Etat des compagnies de l'Ouest et du Midi; attente du renouvellement du privilège de la Banque de France.
Agitation fiscale : projet de loi sur les successions adopté par la Chambre ; augmentation des droits de timbre sur les valeurs étrangères votée. La « classe capitaliste », comme on l'appelle, est toujours considérée par bon nombre de législateurs comme une ennemie « taillable et corvéable à merci ».
Propositions tendant à exclure du parlement les administrateurs de sociétés financières; démission de M Christophle, gouverneur du Crédit foncier.
Réveil des tristes affaires des chemins de fer du Sud et du Panama; discussions animées sur « l'affaire » des phosphates algériens.
Spéculations insensées sur les valeurs de mines d'or et divers fonds étrangers ; pertes énormes subies par les capitalistes, rentiers, spéculateurs; et, finalement, débâcle des « mines d'or », rentes étrangères et valeurs diverses sur lesquelles la spéculation s'était portée avec frénésie; défiance générale entre les intermédiaires, coulissiers et banquiers; nullité d'affaires au parquet des agents de change; désorganisation du marché libre; chacun se regarde et doute de son voisin; liquidation de toutes les positions à la hausse; telle est, en quelques lignes, l'histoire de 1895.
Situation des partis politiques.
A l'intérieur, 1895 laisse les partis politiques très unis, en apparence, à en juger JDar les votes récents de la Chambre, mais, en réalité, aussi divisés que par le passé. L'extrême gauche, les socialistes, les radicaux les plus avancés sont devenus ministériels et... opportunistes. M. Léon Bourgeois a fait un véritable miracle! Le budget a été voté avec une rapidité et un ensemble
bliques.