RENTES
COURS du
ii DÉCEMBRE
HAUSSE
rr. c.
65 70 io4 20 96 00
fr. c.
fr. e.
106 20 1 1 00 1 io5 20 1 5 00 il
Ce tableau montre, à côté du progrès peu sensible du 5 %, la marche rapide du 4 1/2 % et du 3 %. L'éventualité de la conversion a été pour beaucoup dans la hausse de ces deux derniers fonds. Ainsi que nous l'avions prévu, notre 3 %, laissé longtemps à une trop large distance du 5 %, devait gagner beaucoup grâce à cette réflexion naturelle des rentiers qu'il était, bien mieux que le 5 %, à l'abri de toute réduction d'intérêt. Il en sera ainsi tant que la probabilité de la conversion n'aura pas disparu ; or, en dépit des émissions nombreuses de bons du Trésor, cette grande opération paraît encore très probable et n'être qu'une question de temps et d'opportunité.
La hausse du 3 % a donc sa cause dans les mesures de précaution prises par le public en vue de la con-
Fonds d'État étrangers.
version; le progrès du 5 % s'explique par la solidité de notre crédit, et le peu d'étendue de ce progrès par l'incertitude de la politique au dedans et au dehors, en même temps que par la menace d'expériences fiscales plus ou moins dangereuses.
Parmi les causes de l'élévation du cours des rentes françaises nous n'avons point mentionné le discrédit qui, sauf de trop rares exceptions, s'est attaché aux fonds d'Etat étrangers. Il est cependant utile de dire que l'épargne, découragée par les mécomptes que lui ont procurés les valeurs étrangères en général et la plupart des fonds publics des autres Etats, s'est presque tout entière portée sur les bonnes valeurs françaises : rentes, emprunts de villes, actions et obligations de chemins de fer, actions et obligations de nos prem ^res institutions de crédit et de nos grandes entreprises industrielles. Le tableau suivant en dira plus que toutes nos appréciations.