LES SALAIRES
Un député de l'opposition, venant de nia propre province, et parlant des effets du tarif à l'avant-dernière session, disait que s'il était un résultat dont on s'était cru certain, c'est que le tarif ferait augmenter le salaire des ouvriers, et que cependant tel n'était pas le cas. J'ai ici un tableau analytique des états fournis par 460 établissements industriels et qui donne le taux des salaires en 1881, comparé avec celui des salaires en 1878. Dans 135 de ces établissements, sur les 460 que j'ai visités, les salaires sont les mômes qu'en 1878, mais presque tous font travailler la journée complète, tandis qu'auparavant, un grand nombre avaient réduit les heures de travail. Cinquante manufactures ont été inaugurées aux salaires régnant à l'époque, et il n'y a pas eu lieu de les modifier. Dans 277 fabriques, les salaires ont été augmentés de 5 à 35 pour cent. Le taux général des salaires dans tout le pays a été considérablement augmenté, nous le savons tous. La question des salaires est donc réglée.
M. PATERSON (Brant Sud.) — Pouvez-vous les comparer avec les salaires payés aux Etats-Unis ?
Sir LEONARD TILLE Y— Je sais, M. l'Orateur, que nous avons été obligés de faire venir des Etats-Unis des ouvriers pour nos manufactures, et de les payer plus, dans certains cas, qu'ils n'étaient payés de l'autre côté de la frontière.
M. PATERSON. — Avez-vous une taxe sur la main-d'œuvre étrangère qui nous arrive au Canada ?
Sir LEONARD TILLEY. — Non, nous n'avons aucune taxe sur la main d'œuvre qui vient du dehors ; nous donnons aux ouvriers cet encouragement que l'honorable député félicitait son chef de leur avoir accordé lorsqu'il augmenta le droit sur les cigares. L'honorable député avait pris la parole pour féliciter l'ex ministre des finances de ce qu'il avait augmenté le droit sur les cigares, déclarant qu'il avait ainsi fait venir au pays des milliers d'ouvriers, et que c'était la meilleure politique à suivre. C'est le même genre de protection que nous leur offrons, et j'espère qu'il nous donnera son appui.
M. PATERSON. — La citation est inexacte, voilà le malheur.
mr LEONARD TILLEY. — Alors qu'on me corrige: pourtant, je l'ai lue quelque part et je n'ai pas vu de contradiction.
M. PATERSON. — C'était une figure de rhétorique.
Sir LEONARD TILLEY".— On vient de me passer le Compte rendit, des Débats. Je suppose qu'il a dû revoir son discours avant qu'il parût dans les Débats ?
M. PATERSON. — J'ai dit que c'était une figure de rhétorique.
Sir LEONARD TILLEY.— Mais voyons, M. l'Orateur, de qui est ce discours. Je vois que c'est un discours de M. Patersoû, et je suis convaincu que ce n'est pas de mon honorable ami qui siège derrière moi (M. Patterson, Essex). Voici le texte :
" L'année dernière, le ministre des Finances, en revisant le tarif, a donné à noire industrie des avantages qu'elle n'avait jamais eus jusqu'alors. Le résultat est qu'un millier d'hommes qui étaient employés à cette industrie en Allemagne ont été littéralement transportés au Canada et mis à l'ouvrage. Le coût de l'article n'est pas du tout augmenté et le Canada en a tout le bénélice. Les intermédiaires ont vu diminuer leurs bénéfices ; mais personne ne semble les plaindre beaucoup, la sympathie générale étant pour le producteur et le consommateur."
Je dirai donc à mon honorable ami
M. PATERSON. — Je ne m'en dédie pas encore. J'ai dit à cette époque, au figuré, que ces hommes n'avaient pas tort