‹ Finances du Canada (volume 2)Chapitre 14 sur 20 · PRIX DBS ARTICLES FABRIQUÉS · texte numérisé non relu

PRIX DBS ARTICLES FABRIQUÉS

Sir LEONARD TILLE Y.— J'en viendrai maintenant à une autre assertion des honorables députés de l'Opposition; mais avant d'aborder ce sujet, et afin de rendre ma réponse plus complète qu'elle ne le serait aatrement, j'ai l'intention de dire quelques mots du coût des produits manufacturés au Canada pour le consommateur, comparé à ce qu'il était en 1878. Et j'espère être en mesure de dire en me servant d'expressions aussi énergiques, d'expressions du genre de celles dont mon honorable ami s'est servi, que le tarif n'a pas eu pour résultat d'augmenter le prix pour le consommateur des articles manufacturés. Je vais prendre d'abord les cotons, car je sais que dans les provinces maritimes comme dans l'ouest, mais surtout dans les provinces maritimes, on a beaucoup insisté sur l'augmentation du coût des cotons, ainsi que de celui des lainages, et en particulier des articles les plus communs.

J'ai mentionné l'année dernière les prix des cotons gris et blanc, et des cotons bruns pour draps de lits ; j'ai ici un tableau qui démontre que les cotons bruns pour draps de lits, et les cotons blanchis pour chemises, fabriqués en Canada, se vendaient de 5 à 7^ pour cent de plus que le prix coûtant net de ces articles aux Etats Unis, ou à 10 pour cent de moins qu'on aurait pu les vendre sous le tarif de 1877-78. C'est-àdire que, pour ce qui concerne ces articles en particulier, le produit fabriqué en Canada se vend à un prix plus bas qu'il ne se vendait sous l'ancien tarif.

J'ai aussi un état fourni par M. Parks, de la ville de Saint-Jean, à propos du coton à tricoter, fabriqué et vendu par lui à 39^ contins la livre, livré à Montréal, à Toronto, à London ou à Hamiiton, tandis que le prix net du même article aux Etats-Unis est de 50 centius la livre. J'ai en ma possession des lettres écrites à des fabricants du Massachusetts, et leurs réponses, où ils donnent leur plus bas prix net. Par consé quent, le consommateur de ces cotonnades peut se les procurer à \lh pour cent meilleur marché qu'en 1878.

Quant aux fils de coton, du numéro ,7 au numéro 10, ils se vendaient aux Etats-Unis, en 1878, 20Xg centins la livre, le coton brut étant à 10 centins la livre.

Les mêmes articles, fabriqués par M. Parks, se vendent, en 1882,

centins, le coton brut étant à 12 centius la livre. L'augmentation

du prix du produit manufacturé n'a été que de 1-^ centin par livre, tandis que le prix de la matière première a augmenté de 2 centins par livre. Les chaînes de tapis se vendaient aux Etats-Unis, en 1878, 22T5^ centins la livre; aujourd'hui, le même article est vendu par M. Parksà24/V centins la livre; l'augmentation du prix du produit manufacturé a été de centin par livre, tandis que le prix de la matière première a augmenté de 2 centins; ce qui prouve que le piàx actuel n'est pas plus élevé que ce qu'il aurait été en 1878. Les chaînes à rouleaux n° 10 valaient 28^ centins la livre aux Etats-Unis, tandis qu'au Nouveau- Brunswick, en 1882, elles valent 31 f^, soit une augmentation de 2/0centins contre une augmentation de 2 centins par livre sur le coton hrut. Les chaînes à rouleaux, en janvier 1882, se vendaient aux Etats- Unis 30^* centins par livre, tandis que le prix, au Nouveau- Brunswick, était de 31-^u par- livre, soit moins de 2 par cent au-dessus du prix des Etats-Unis.

Ces chiffres prouvent que ces produits dont nous venons de parler, au moins, sont vendus à plus bas prix qu'en 1878,etqu'un grand nombre des articles de coton se vendent au môme prix qu'aux Etats Unis, ou une fraction au-dessus ou au-dessous. Nous ne nous attendions pas à ce que les prix fussent aussi bas pour les premières années, qu'ils le seront plus tard, lorsque la concurrence se fera sentir. En 1880, par exemple, nous n'avions que deux rafhneries de sucre, celles de Montréal, et voyez ce qui a suivi l'établissement de trois autres raffineries dans les provinces maritimes. Il y a un an, j'étais forcé d'admettre, en face des documents qui m'étaient montrés, que l'on payait 25 centins par cent livres de plus pour le sucre que sous le tarif de 1878. Ce calcul ne tenait pas compte des profits des intermédiaires. Nous pouvons maintenant dire bien haut, que le consommateur paie moins aujourd'hui que si le sucre était importé sous le tarif de 1878. Et je crois bien sincèrement que la concurrence pour les cotons, d'ici à un an, lorsque nous aurons 400,000 broches en opération au lieu des 180,000 que nous avons aujourd'hui, produira un résultat tel qu'il y aura bien peu de différence entre les prix du Canada et des Etats-Unis. Nos manufacturiers nous disant : " Nous pouvons fabriquer aussi économiquement ici qu'aux Etats-Unis, mais il nous faut le marché. Nous nous préparons à la concurrence la plus active ; nous ne craignons point nos amis de l'autre côté de la frontière, pourvu que nous ayons le marché local, et la concurrence qui s'exer-

cèra ici entre nous abaissera les prix en faveur du consommateur."

Cette question est très importante ; le chef de l'Opposition l'a déjà discutée, et afin de faire partager au peuple des provinces maritimes sa manière de voir sur le tarif, il leur disait qu'un cultivateur entrant dans un magasin de nouveautés pour y acheter une robe destinée à sa femme, devait envoyer trois ou quatre verges de son étoffe à Ottawa sur les dix ou douze dont il faisait emplette. Un des cultivateurs présents répondit que ce n'était pas vrai, parce qu'il emportait chez lui tout ce qu'il achetait; il n'en envoyait pas du tout à Ottawa. Mais le chef de l'Opposition parlait au figuré, comme mon honorable ami de Brant.

Un grand nombre de messieurs et même quelques dames qui étaient présents à cette assemblée ont dit que le meilleur argument dont il se soit servi contre le tarif, avait rapport au droit sur les lainages. Il a prétendu que le pauvre aurait à payer 40 pour cent et plus, de droits, et le riche de 25 à 27. Je me suis fait un devoir d'écrire à des gens qui pouvaient me fournir des renseignements exacts, au sujet du prix des lainages. Une personne bien renseignée m'a adressé, à la demande d'un ami, une lettre dont elle m'a autorisé à faire l'usage que je jugerais à propos. J'avais écrit à cette personne que je désirais avoir des données qui ne pussent être contredites par des faits, parce que nous voulions .connaître la vérité avant tout, et si les fabricants réalisaient de gros bénéfices, il valait mieux nous le faire savoir, afin de pouvoir discuter la question à son vrai point de vue. Cette lettre me vient de MM. Cantlie, Ewan et compagnie, de Montréal, qui sont depuis des années, je crois, dans le commerce de lainages ; elle se rapporte au prix et à la nature de certains lainages faits au Canada, comparé avec le prix des mêmes marchandises avant le changement de tarif. La voici :

" lo. Les étoffes, tweeds et autres tissus faits de laine canadienne, principalement à l'usage des cultivateurs, des journaliers, des hommes de chantier et des ouvriers de la campagne, sont à aussi bas prix aujourd'hui qu'ils l'ont jamais été pendant les dix années qui ont précédé 1878. Nous entendons parler du prix des ventes régulières. Sans doute, pendant la crise commerciale si intense que nous avons traversée, on a pu vendre certains lainages au-dessous du prix, pour en augmenter la vente, mais le prix moyen de ces articles en 1880, 1881 et 1882, est au-dessous de la moyenne des dix années qui ont précédé 1878.

" 2o. Les tissus de laine, de qualité moyenne et de belle qualité, faits exclusivement de laine importée, à l'usage des cultivateurs et des ouvriers des villes et des cités

el de la grande masse de la population, se vendaient on 1880 et en 1881 et se vendent encore h plus bas prix qu'à aucune époque antérieure depuis que ces tissus sont fabriqués au Canada.

" Les articles fabriqués au Canada, avec des laines de bonne et de moyenne qualité) ont considérablement gagné en réputation pour le tissu, la couleur et le Uni, et devraient à ce compte se vendre plus cher au lieu de baisser comme ils le font.

" 3o Les flanelles sont à des prix aussi bas qu'elles l'ont été depuis quatorze ans, excepté pendant une courte période de 1877 et de 1878, lorsque sous l'influence de la crise, le plus gros fabricant de cet article a baissé tout à coup ses prix dans le but de se débarrasser de ses plus petits concurrents. Il n'y a pas réussi, et les prix sont depuis restés fermes. Il n'y a pas eu de hausse, quoique la laine brute et les salaires aient considérablement augmenté.

" 4o. Les couvertures sont à aussi bas prix aujourd'hui qu'à aucune autre époque pendant les dix années qui ont précédé 1878. En 1880, elles sont descendues plus bas qu'elles ne l'avaient jamais été au Canada. Nos laines canadiennes étaient alors h très-bas prix, à 21 contins la livre environ. Depuis cette époque, la laine propre à la fabrication des couvertures n'a pas été au-dessous d'une moyenne de '29 à 30 centime, et les couvertures ont dû en conséquence subir une hausse. L'année dernière et cette année, les prix sont aussi bas qu'ils l'ont été depuis 1869. Ayant été forcé par la concurrence étrangère d'abandonner la fabrication des couvertures en 1875, 1876, 1877 et 1878, nous n'avons aucune donnée sur les prix pendant ces quatre années."

Voilà, M. l'Orateur, une preuve convaincante, en ce qui concerne le prix et la valeur des tissus fabriqués au Canada avec des laines canadiennes en grande partie et consommés par le peuple dn Canada. Et comme je l'ai dit en commençant, pendant que la masse du peuple a pu acheter les tissus à son usage à aussi bas prix qu'avant le changement de tarif, les tableaux du commerce nous apprennent que nous avons perçu $411,000 de plus que l'année précédente, de droits sur les lainages de qualité supérieure, soit une plus-value moyenne de Ih à 9 pour cent payés par ceux qui font usage des plus riches tissus, ce qui prouve abondamment que, au lieu de baisser les prix des tissus à l'usage du riche et de hausser ceux des tissus à l'usage du pauvre, le tarif permet au pauvre d'acheter aujourd'hui les tissus dont il se sert à aussi bas prix ou à plus bas prix qu'auparavant, tandis que le riche paie de 7 à 10 pour cent de droits additionnels.

M. MILLS.— Alors le Canada n'a jamais été un marché où l'on vendait au dessous du prix régulier?

Sir LEONARD TILLEY. — Oui, il l'a été, et c'était le pire de la chose. J'ai demandé à l'un des manufacturiers : Gomment se Tait-il que les prix soient plus bas, malgré l'augmentation des salaires ? " Il m'a répondu : u C'est parce que nous étions obligés de dépenser des sommes considérables pour payer des commis-voyageurs chargés de parcourir le pays pour faire des ventes ; nous perdions une somme considérable en intérêts sur les stocks en magasin et uous ne pouvions vendre malgré tous ces déboursés. Aujourd'hui, notre production a doublé, nous avons des commandes devant nous, nos frais d'administration n'ont pas augmenté ; et nous pouvons vendre à moindres profits qu'auparavant, et malgré cela, notre production augmentée nous permet de réaliser des bénéfices plus considérables à la fin de l'année." Ainsi vous voyez que tout en favorisant l'établissement de ces industries, le tarif permet au public d'acheter ses marchandises à meilleur marché et les fabricants font plus de profits qu'auparavant.

Après m'tMre renseigné au sujet des tissus de coton et de laine, à l'usage de la masse du peup'e, j'ai désiré m'informer de la situation du commerce de la chappellerie en laine grossière, en feutre, etc. ; je me suis adressé pour cela à une personne de Montréal qui est largement intéressée dans la fabrication de ces articles— à une personne que connaissent, je crois, un bon nombre des membres de cette Chambre : à M. E. K. Greene. J'ai eu sa réponse, avec d'autres, et il m'a autorisé à en faire usage si je le jugeais à propos. Et comme il me paraît avoir une conviction bien solide sur cette question, je le citerai comme autorité.

C'est je crois, un homme de quelque réputation à Montréal.

M. MAGKENZIE. — Un protectionniste éminent. Sir LEONARD TILLEY. — En effet, et je crois qu'il a été à une certaine époque l'un des partisans de l'Opposition. M. MACKENZIE —Il l'est encore.

Sir LEONARD TILLE Y.-— Alors je m'appuie sur le témoignage d'une personne 'dont les sympathies sont en faveur des honorables membres de l'Opposition, et qui dans des circonstances de ce genre, ne voudrait pas, si ce n'était pour la politique nationale, maintenir au pouvoir le ministère actuel.

M. MAGKENZIE. — L'honorable ministre n'est pas juste ; j'ai dit que c'était un protectionniste convaincu.

Sir LEONARD LLE Y -—Précisémen t. Il n'avait donc aucuu but politique en écrivant une lettre comme celle-ci. Je lui ai dit : "Je vois que vous fabriquez des chapeaux et des casquettes et d'autres articles de chapellerie," dont je n'ai pu jusqu'ici connaître le prix relatif pour le consommateur. J'étais sous l'impression que quelques casquettes, faites d'étoffes grossières de laine, coûtaient un peu plus cher, et je tenais beaucoup à me renseigner sur ce sujet ; c'est pour cela que je lui écrivis.

M. MACKENZIE.— Quels sont les droits sur ces articles?

Sir LEONARD T1LLEY.— Vingt cinq pour cent. Voici sa réponse :

" Hamilton, 3 janvier 1882.

"J'ai examiné avec soin et j'ai comparé les prix des dillérenles espèces de casquettes et de chapeaux de feutre fabriqués par nous en 1878 et en 1881, et je trouve, comme résultat de cet examen, que le prix de vente moyen de nos articles pendant l'année dernière a été plus bas que le prix des mêmes articles en 1878. Ce fait est vrai nonseulement pour des produits sur lesquels l'augmentation des droits a été légère, mais pour les lainages grossiers et pesants frappés de droits élevés. Ces résultats ont été obtenus par l'augmentation de la production en faveur de ces articles, produite par le tarif actuel, et par la loi naturelle des industries en vertu de laquelle un article fabriqué en plus grande quantité, conte moins au fabricant et peut être vendu à plus bas prix au consommateur, que lorsqu'il est fabriqué en moindre quantité. En d'autres termes, le marché plus vaste fourni par la protection et l'ardeur de la concurrence locale, nous permettent de livrer au public en général des casquettes de lainages grossiers et des chapeaux de feutre, à plus bas prix sous le tarif actuel qu'en 1878, avant qu'il fût en vigueur.

" Comme importateur, manufacturier et négociant de vingt-cinq ans d'expérience, dont les affaires s'étendent du Cap-Breton à la Colombie anglaise, je déclare hautement que le pays tout entier n'a jamais été (pendant la période mentionnée) plus réellement prospère qu'aujourd'hui, .le crois que cette déclaration sera confirmée par tous les banquiers et les marchands de quelque importance, de tous les pays. .Vous pouvez faire de cette lettre ce que vous jugerez à propos."

Nous avons passé en revue les casquettes en laine, les chapeaux de feutre, les tissus de laine et les cotons, et il ne paraît pas que la masse du peuple ait payé beaucoup plus cher pour aucun de ces articles ; il a payé généralement un peu moins cher; mais dans tous les cas, nous pouvons affirmer qu'ils ne lui ont pas coûté plus cher que sous le tarif de 1878. Voyons maintenant quels autres articles ont été affectés par le tarif.

Nous avons considérablement augmenté les droits sur les charrettes et les voitures. J'ai ici plusieurs tableaux qui disent à peu près la même chose; j'en ai un eu particulier qui donne les prix des charrettes et des voitures. Des charrettes qui en 1871 se vendaient $64, en 1878 se sont vendues $62, et en 1881, $60. Les voitures qui se vendaient en 1871, $110, comptant, se sont vendues, comptant, en 1878, $105, et en 1881, comptant, $100. Une voiture qui se vendait en 1871, $120, se vendait en 1878, $100. et en 1881, $100. Un buggy couvert, de première classe (dont la description est donnée) qui se vendait en 1871, $170, s'est vendu en 1878, $160, et en 1881, $150. L'augmentation des droits sur les voitures n'a donc pas eu l'effet d'en élever le prix pour l'acheteur.

Les charrues se vendent à 15 pour cent meilleur marché qu'en 1878. Tous les instruments agricoles se vendent de 5 à 20 pour cent au-dessous des prix de 1878. Les orgues se vendent 15 pour cent au-dessous du prix de 1878, et les affaires de cette industrie ont quatruplé. Le prix des machines à coudre a diminué de $10 par machine, et les affaires ont triplé et même plus.

Les chaussures et les articles en cuir, ouvrage sur commande de première qualité, ont augmenté de 15 pour cent, ce qui est l'équivalent de l'augmentation du salaire des ouvriers qui l'ont ces articles spéciaux ; mais les articles de fabrique se vendent de 10 à 25 pour cent au-dessous du prix de 1878, malgré l'augmentation du prix de la main-d'œuvre. Les verres à lampe sont moins chers qu'aux Etats-Unis eu 1878. Les quincailleries ont haussé pour centains articles, mais dans la proportion seulement de l'augmentation du prix de la main-d'œuvre eNle la matière première ; cependant la plus grande partie des quincailleries se vend à plus bas prix qu'en 1878.

Les meubles des plus belles qualités se vendent à un prix un peu au-dessus des prix antérieurs ; mais ce ne sont que les meubles de luxe, pour ainsi dire ; pour les meubles à l'usage de la masse du peuple, fabriqués par les grands établissements du Canada, ils sont vendus au même prix ou à plus bas prix qu'en 1878.

Le prix des articles en foute, en 1882, a haussé d'environ 15 pour cent, c'est-à dire en proportion de la hausse du prix du fer en gueuses, et du prix de la main-d'œuvre—principalement de la main-d'œuvre. Les clous coupés sont à 5 pour cent, et les clous finis à 9 pour sent au-dessous du

prix de 1878. Les chevilles pour chemius de fer sont à $2 la tonne audessous du prix de 1878. Le prix des fers à cheval a haussé de 8 pour icent sur celui de 1878, parce que, lorsque l'on a introduit au pays les fers fabriqués à la machine, on a réduit les prix pour engager ceux qui les employaient à abandonner l'article fait à la main ; les prix ont donc baissé en 1878, et ils se vendent actuellement en hausse de 8 pour cent sur les prix de 1878 ; mais pour les clous, ils n'ont pas augmenté de prix, quoique les dioits dont ils étaient frappés aient été augmentés.

Je puis donc dire que pour tous ces articles manufacturés, le public n'a pas eu à les payer plus cher, en règle générale, mais dans quelques cas, il les a payés moins cher qu'auparavant. Il faut donc en conclure que le tarif, en ce qui concerne ces articles, n'a pas été, pour la masse du peuple, l'instrument d'oppression que l'on prédisait.

Un honorable député de l'opposition, le député du comté de Saint- Jean, l'ex ministre des douanes, a vu les choses sous une autre couleur, et sa manière de voir a été approuvée par l'ex-ministre des finances. Il était évidemment d'opinion que le tarif était un tarif protecteur, qu'il augmenterait considérablement la consommation des produits de l'industrie indigène à des prix plus élevés, et qu'il donnerait moins de ce venu. Il a déclaré — et l'ex-ministre des finances a prétendu qu'on n'avait point refuté cette assertion— que sous l'opération du tarif, nous allions augmenter les taxes du peuple de $7,000,000, et que sur cctlc somme il n'y aurait que $2,000,000 de versés au trésor.

Mais voilà que l'on a versé au trésor $0,000,000 de plus qu'en 1877 ; et si, l'année dernière, nous avons augmenté les productions de nos industries de $15,000,000, si la moyenne des droits qui auraient été perçus sur ces articles importés était de 20 pour cent, et si le coût pour le consommateur de ces $15,000,000 valant de produits de nos manufactures avait été augmenté dans la proportion des droits imposés, l'honorable député serait en droit do dire que le public a payé pour ces articles $;5,000,()00 qui n'ont pas été versés au trésor.

Mais j'ai démontré qu'au lieu de payer les droits additionnels imposés sur les articles importés, le public acnète ces articles à aussi bas prix qu'avant le changement de tarif. Le trésor a perçu $6,000,000, et le public n'a rien payé de plus pour les articles manufacturés au pays à la laveur du tarif protecteur.

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