CRÉDIT DU CANADA EX ANGLETERRE
Je vais maintenant passer à un autre point et discuter une autre objection. On a prétendu qu'un sentiment d'animosité allait être créé contre nous en Angleterre, par l'adoption de cette politique, et que cela ferait toi t à notre crédit à Londres. J'ai répondu à cela, à la dernière session, par les faits suivants : En 1878, les obligations de la Nouvelle- Galles du Sud, qui étaient les valeurs coloniales les plus en vogue sur le marché anglais, étaient cotées de 4 à 5 pour cent plus haut que les valeurs canadiennes; or, tandis que les valeurs canadiennes ont haussé de 89 ou 90 à 104, les autres valeurs coloniales n'ont point haussé dans la même proportion ; les valeurs canadiennes étaient alors en (1880) cotées à 1 pour cent au-dessus de celles de la Nouvelle-Galles du Sud; il ne fallait donc pas attribuer cette hausse uniquement à l'abondance de l'argent, et au taux plus bas de l'intérêt. Je suis en mesure de dire aujourd'hui que nos valeurs sont cotées à deux pour cent au-dessus le celles de la Nouvelle-Galles du Sud ; il y a donc encore une hausse relative, nos valeurs restant comme Tannée dernière à la tête de toutes les valeurs coloniales offertes sur le marché anglais, et elles ne cèdent le pas qu'aux consolidés.
A ce propos, je rappellerai aux honorables députés que j'ai déposé sur le bureau de là Chambre, il y a quelques jours, les détails d'un arrangement conclu avec nos agents pour la gestion de nos affaires financières pendant dix ans. MM. Baring et Glyn, Mills et Gie., ont été les agents du Canada depuis bien des années, et jusqu'en 1873 ou 1874, d'après les arrangements conclus avec l'ancien Canada, et avec les provinces de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Bruuswick, ils devaient
recevoir, à titre de commission, 1 pour cent pour la négociation des emprunts, le remboursement et le paiement des coupons d'intérêt. Depuis, une nouvelle convention a été faite, d'après laquelle la commission sur les coupons émis après 1873 est réduite à un demi pour cant.
On se proposait, lors de la nomination de notre Haut-Commissaire à Londres, de faire en sorte que cette agence devint aussi notre agence financière, et je répondis l'année dernière à l'honorable député de Huron-centre (sir Richard J. Cartwright) qui m'a posé quelques questions à ce sujet, à la dernière et à l'avant-dernière session, que l'on avait dû différer l'exécution de ce projet à cause de difficultés soulevées par nos agents. Ceux-ci prétendaient que des obligations encore existantes avaient été émises payables au bureau de MM. Glyn, Mills et Baring, et qu'ils avaient le droit, tant qu'ils seraient en position de le faire, de les rembourser et de recevoir leur commission. Dans tous les cas, il y aurait certainement eu des procès qu'aucune des parties ne désirait. Il en résulta que nos agents firent à sir Alexander Galt des propositions qui furent acceptées ; c'était qu'à l'avenir, à partir du 1er janvier dernier, la commission pour le paiement de tous les coupons serait uniforme, c'est-à-dire un demi jour cent. Nous économisons ainsi $15,000 par année sur la commission de nos agents.
D'un autre côté, nous avons $35,000,000 d'obligations qui pourront être remboursées en 1883. Dans le nouveau contrat, il est stipulé que, au lieu de recevoir un pour cent de commission sur le rachat de ces valeurs, nos agents consentent à échanger pour du 4 pour cent, ou peut-être pour des valeurs portant un intérêt moins élevé encore, celles des obligations à 5 pour cent dont les porteurs accepteraient l'échange, ou de racheter les vieilles obligations au moyen d'une nouvelle émission de 4 pour cent. Comme nous avions été obligés de leur donner une commission de un pour cent sur cette opération, ou même de J pour cent pour les négociations du nouvel emprunt, cet arrangement réalise sur cette opération de $35,000,000, une économie de $350,000.
Il me semble, M. l'Orateur, que j'ai répondu d'une manière concluante aux objections que l'on fesait en 1878 à la politique nationale ; j'y ai répondu par des faits recueillis dans les comptes publics, ou constatés dans les rapports du commerce, par des renseigne
meiits fournis, à mou avis, par des hommes compétents, mais, naturellement, sujets à erreur ; s'ils ne sont pas exacts, nous demandons qu'on le démontre. Nous voulons connaître la vérité sur cette question, afin de bien savoir à quoi nous en tenir ; les faits que nous vous présentons ici, nous les croyons exacts, et nous pensons qu'ils prouvent la justesse de nos opinions et l'inanité des craintes exprimées par l'opposition.