EXPORTATIONS
Nos amis de l'Opposition ont, parait-il, pour habitude, quand ils s'adressent à leurs électeurs ou à ceux d'autres comtés du Canada, d'attribuer la situation actuelle aux grandes exportations des deux ou trois dernières années, et, si je suis bien informé, l'honorable député de Brant-sud (M. Paterson) a déclaré qu'elle n'était pas le résultat de la politique nationale, mais bien celui des grandes exportations et des grosses recettes d'or qui entrent dans le pays. Eh ! bien, M. l'Orateur, je constate que l'honorable député et d'autres encore, lorsqu'ils parlent , de la condition du pays, ou de la politique des deux administrations, ancienne et actuelle, par rapport aux dépenses, sont très sujets à confronter une période particulière de l'une avec une période particulière de l'autre. Ainsi, dans le cas qui nous occupe, l'honorable monsieur parle des exportations de l'année dernière, 1881, et dit que la condition actuelle doit leur être attribuée. Ne serait-il pas juste, M. l'Orateur, qu'en comparant l'état du pays sous les deux administrations et en embrassant différentes périodes dans cette comparaison, nos honorables adversaires fissent entrer en ligne de compte tout le temps que ces administrations ont existé, — c'est à-dire les cinq années que ces messieurs ont passées au pouvoir et les deux ou trois ans que nous venons d'y passer — plutôt que de choisir un exercice particulier ? Ce ne serait peutêtre pas aussi commode pour l'honorable député ; mais j'ai préparé un relevé qui démontre que la situation actuelle ne peut pas être le résultat du grand accroissement des exportations des produits canadiens.
M. PATERSON. — Ecoutez î écoutez !
Sir LEONARD TILLE Y.— Je vais donner lecture de cette statistique, et puis je défie l'honorable député de démontrer qu'elle n'est pas exacte.
En 1874 les exporta tions de produits canadiens, y compris les produits fabriqués, ont été de $73,926,748 ; en 1875, $67,490,893 ; en 1876, $69,861,849 ; en 1877, $65,864,880 ; en 1878, $65,740,134 : soit, pour les cinq années, une moyenne de $68,576,901.— En 1879 elle ont été de
$60,089,578 ; en 1880, $70,096,191 ; en 1881, $80,921,379 : soit, pour les trois années, une moyenne de $70,369,049, une augmentation de $1,- 792,148 par année.
On peut donc dire, M. l'Orateur, que l'état actuel des affaires ne provient pas seulement des exportations des produits du Canada. S'il veut bien tenir compte du chiffre de la population à cette époque et de celui des trois dernières années, l'honorable député pourra se convaincre que la situation d'alors comparée avec celle d'aujourd'hui, ou la condition actuelle du pays comparée avec celle de ce temps là n'est pas entièrement due, comme il le prétend, à cette cause ou à d'autres causes tout à fait étrangères à la politique nationale. Je signale ce fait à son attention, car il est important pour démontrer que, pendant les cinq années que nos amis de la gauche ont été au pouvoir, la valeur des exportations des produits canadiens n'a été que de $1,700,000 moindre par année, avec une population moins considérable, que pendant les trois ans écoulés depuis notre avènement.