TABACS ^O
ropération elle-même, on voit l'Etat dégoûter, par ses exigences formalistes, les cultivateurs français, de la production, pourtant extrêmement lucrative, du tabac, ne donner aucune utilisation à des sortes coloniales très recherchées dans chacune des possessions qui les produisent, ne faire que des cigarettes infumables, localiser la vente dans des débits spéciaux, tracasser tous ceux qui,
m utilisant le tabac de la régie pour des manipu-
itions, sont ses collaborateurs, on admet parfaiiment qu'un gaspillage des neuf dixièmes du
)énéfice à réaliser soit permanent.
Se rappelle-t-on le caractère grotesque de la
ûtuation maintenue pendant toute la guerre par l'incurie de la régie ? Nous refusions du tabac à
les étrangers qui offraient de noua en prendre à tout prix, nous maintenions l'ordre aux abords
les débits de tabac, avec des forces de police qui [auraient eu ailleurs un meilleur emploi ; et, pen-
lant ce temps, ce produit que l'administration n'arrivait pas à se procurer courait les rues en sortes et marques étrangères. La France aurait pu pendant la guerre alimenter, à prix fort, en tabac produit dans nos campagnes, tous les étrangers qui vivaient sur son territoire et elle a, tout au contraire, obligé ces étrangers à importer comme ils pouvaient des qualités et des marques étrangères de tabac et de cigarettes, afin qu'il fût bien démontré que le tour de force que ne pouvait arriver à accomplir la régie, armée de toutes
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les forces gouvernementales, était tous les jours réaUsé, dans les restaurants, par les maîtres d'hôtel et même par tous les garçons I
Un homme d'affaire ne peut manquer d'apprécier qu'une entreprise aussi mal gérée que celle des tabacs et des allumettes en France pourrait donner dix fois plus qu'elle ne donne entre des mains, non pas parfaitement, mais même moyennement expertes.
Mais il n'est pas nécessaire de concevoir de pareils espoirs pour tenter l'aventure. Il suffirait que la remise du monopole du tabac entre les mains de l'industrie privée pût permettre d'en doubler le rendement pour qu'on dût le faire aussitôt dans la période de difficulté financière actuelle.
Si quelqu'un doute qu'une exploitation d'Etat entre des mains privées doive au moins doubler de rendement, qu'on le signale I II est mûr pour les petites maisons I
Se rend-on compte de la différence qu'il y a entre un service d'Ëtat ne payant aucun impôt et une exploitation privée qui les assume tous ? Trois milliards de rendement commenceraieni par assurer à l'Etat en timbres, en patentes, en impôt sur le chiffre d'affaires, en impôt sur les valeurs mobilières cinq à six cents milHons qu'il ne touche actuellement pas.
De plus une société privée serait astreinte ou amenée à acheter en France la plus grande par-