TABACS
tie de ses produits. La Régie n'a jamais traité qu'à Hambourg I
Mais reA^enons au décompte du produit net.
La vérité est entre le doublement et le décuplement du rendement actuel; elle doit être très voisine du chiffre de trois milliards auquel on arriverait dans un temps très rapide et qui procurerait à l'Etat, en outre des divers impôts payés, deux gros milliards de plus que ce qu'il touche actuellement, en attendant que ces deux gros milliards se métamorphosent en quatre et au delà.
Vous ne pouvez pas faire deux pas à Genève, à Lausanne, dans toutes les villes suisses, sans
I'ouver des magasins vendant du tabac, et ces lagasins n'existeraient pas s'ils ne gagnaient pas e l'argent.
L'ingéniosité qui incite aux achats a fait créer e petits étuis en papier plié qui conservent admirablement les cigares.
Pour un paquet de cigarettes de douze sous, on vous fait cadeau, à titre de prime, d'une boîte d'allumettes, et d'une boîte d'allumettes qui s'enflamment I
Ceci est la part du public dans le retour à l'industrie privée d'un monopole d'Etat : des soins, des prévenances, des facilités d'achat, des qualités soignées, des marchandises bien présentées, une prime par-dessus le marché !
Nous qui recevons pour quatre sous une boîte d'allumettes depuis longtemps dépourvue de tout
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aïo TABACS
cachet de garantie, contenant un nombre d'allumettes variant à chaque boîte, dont chaque allumette s'éteint après avoir déposé sur les doigts du fumeur le phosphore incandescent, lequel ne brûle que là, nous pourrions avoir un grand choix de cigares, n'importe où, au bazar, au café et même aux débits, nous pourrions avoir des allumettes inflammables et même les recevoir en cadeau et tout de même le monopole privé des tabacs et des allumettes gagnerait beaucoup d'argent I
Si le pubHc ne pose pas la question et ne la pose pas sans se lasser jusqu'à ce qu'elle soit résolue, c'est qu'il lui est égal de payer deux ou trois milliards de plus d'impôts, et c'est son aflalrc; mais alors qu'il paie et ne se plaigne pas.
S'il pose la question, on lui servira les thèmes éternels que tous les monopoles sont haïssables (ce qui est vrai), que les monopoles d'Ktat le sont moins que les autres (ce qui est tout à fait faux), que le monopole des tabacs, aujourd'hni séculaire, ne gêne la nation qu'au minimum (co qui est faux, archi-faux) ; enfin on lui opposera le silence, qui est la plus grande force de l'administration, et il lui faudra beaucoup d'énergie et de persévéralice pour que cette discussion arrive à son terme qui est d'arracher aux incapables mains de l'Etat une affaire susceptible de donner, entre les mains de n'importe qui, un rendement de dnix à dix foi'i «supérieur.