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CHAPITRE CINQUIÈME. 2H

Il dit enfin que, caché en silence derrière la porte, la main sur le loquet, il avait tout entendu de ma résolution de chercher les traces d'Hyerom^io, comme Tombre celles du corps, et des résistances de mon père et de ma tante.

— Cette pensée, mais c'est une pensée du cœur, dit-il, il faut la lui laisser accomplir, car, quand la raison ne sait plus quoi conseiller aux hommes dans leur situation désespérée, il n'y a que le cœur qui ait quelquefois raison contre tout raisonnement ; laissez-le donc parler dans le cri de Tenfant, et qu'elle aille, à la grâce de Dieu, là où le cœur la pousse.

Mon père et ma tante, déjà ébranlés par la violence de ma résolution et par Tobstinalion de ma pensée, n'osèrent plus résister à cette voix du frère quêteur, qu'ils étaient habitués à considérer comme l'ordre du ciel.

Je profitai de leur hésitation pour m'arracher de nouveau de leurs bras, qui me retenaient plus faiblement, et pour m' élancer, sans plus de réflexion, sourde à leurs cris, par le sentier qui descend dans la plaine.

212 PIOR D'ALIZA.

CXXXVIII

Je descendis d'abord comme un tourbillon de feuilles sous un vent d'hiver qui les roule de précipices en précipices, sans autre sentiment et sans autre idée que de me rapprocher d'Hyeronimo.

Puis» quand je n'entendis plus les cris de ma tante qui me rappelait, malgré le frère, à la cabane, et que je fus psurvenue au bord de la plaine, où les passants et les chars de maïs commençaient à élever les bruits et la poussière du matin sur les routes des villages et des villas, je tombai plutôt que je ne m'assis sur le bord du sentier, à l'endroit où il va se rejoindre aux grandes routes, sous le petit pont sans eau qui sert à passer le torrent pendant l'hiver pour aller de Lucques au palais de Saltochio.

Là, sans pouvoir être vue de personne, j'essuyai mon front tout mouillé de sueur; mes yeux obscurcis de larmes; je repris mon haleine essoufflée et je me mis à réfléchir, trop tard , hélas I à ce que j'allais faise, toute seule ainsi et toute perdue, dans les rues de la grande ville, d'où j'entendais déjà les cloches et les bruits formidables monter dans l'air avec le soleil du matin.

Oh ! que j'avais peur, mon Dieu I et que je sentais mon pauvre cœur devenir petit dans ma poitrine I Car la soli-

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