CHAPITRE TROISIÈME
d^Aliza tenaitie coffre ouvert poor me laisser voir ces trois che&-d*œuvre, quels instruments I et comme Antonio en jouait alors qu*il avait les doigt agiles et le soufiDe forti Non, jamais aucune Madone des coins de rues, à Lucques, à Pise, à Sienne, peut-être à Rome, n*a entendu des sérénades pareilles pendant les nuits de la semaine de la Passion ; on priait rien qu*à les entendre, les anges souriaient en pleurant et les soirs d*été, après la moisson, quand elles jouaient des airs de danse, les chênes mêmes auraient bondi en cadence en les écoutant.
Le couvercle du coffre échappa à ces mots de la main de la pauvre nourrice, «t retomba avec un bruit sépulcral sur les zampognes désormais muettes. Elle avait pensé à son amant
— C*est vrai, dit Taîeule, que le pauvre Hyeronimo en jouait encore mieux que mon mari et que son père ! Et celle-ci, ajouta-t-elle en montrant Fior d*Aliza, monsieur, elle en jouerait encore mieux que son mari si elle voulait ; mais depuis nos malheurs, elle n*a plus le cœur à rien qu'à penser à lui, à Tattendre, à le pleurer et à regarder son petit enfant pour retrouver Hyeronimo dans son visage.
ŒUVR, COMPL. — XLI. f8
Nous vivions ainsi, monsieur, dans le travail, en santé, en bon accord et en joie, dans notre petit domaine indivis entre nous. La maison se composait de mon mari, de moi, d'Hyeronimo, qui grandissait pour nous remplacer, d'Antonio, mon beau-frère, sain et valide alors, qui avait épousé ma sœur, mère de Fior d*Aliza. Ah ! c*est celle-là qui était belle, voyez-vous! On venait jusque de Pise pour la voir, quand elle descendait à la foire de Lucques avec son mari. Pauvre sœur ! Qui aurait dit qu*elle mourrait avant d*avoir fini d'allaiter son enfant, Fior d'Aliza, que vous voyez devant vous.
Antonio, à ce souvenir, passa sa manche sur ses yeux, et Fior d*Aliza regarda son enfant comme si elle eût tremblé de ne pas le nourrir non plus jusqu'au sevrage.
— Avant cette mort et avant celle de mon mari, poursuivit-elle d'une voix affaissée par de tristes souvenirs, nous étions trop heureux ici, mon mari, moi, Hyeronimo, mon