‹ Fior d'AlizaChapitre 63 sur 197 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

L^veugle, après avoir bu une goulte de mon rosoglio dans ma gourde, reprit le récit juste où la veuve Tavait interrompu

— Quand Hyeronimo remonta de Lucques le soir, bien avant dans la nuit» à la cabane, il nous raconta que les messieurs de Lucques avaient été pleins d'honnêteté et de caresses pour lui pendant tout le chemin, qu'ils s'étaient arrêtés dans toutes les osterie des gros villages qu'ils avaient rencontrés pour s'y rafraîchir d'un verre de vin, . d'une grappe de rai^n, d'un morceau de caccia^avallo^ sorte de fromage dur et brillant, comme un caillou du Gerchio, et que partout on l'avait forcé de se mettre à table avec eux et de boire comme un homme, jusquà ce

que les yeux lui tournassent dans la tête et la langue dans la bouche, comme pour le faire babiller à plaisir sur Fior d'Aliza, sa cousine ; sur Lena, sa tante ; sur Taveugle et sur sa famille.

Le capitaine des sbires lui-même, un peu aviné, ne tarissait pas, nous dit-il, sur la beauté de Fior d^Aliza sortant

tout échevelée de la grotte aux chèvres^ s' essuyant les pieds & rherbe, et les bras à la laine des petits agneaux qu*elle venait de laver, c Encore un ou deux printemps, » disait-il tout bas.

Un vieux petit pèlerin tout mince et tout vêtu de noir, d'un habit râpé avec un rabat mal blanchi autour du cou et une plume à écrire derrière son oreille, Técoutait en Tapprouvant finement du sourire.

— Signor Barlholomeo del Calamayo^ lui disait à Toreille le capitaine à moitié gris, vous êtes mon ami pu vous ne Têtes pas,

— Votre ami à tout faire, lui répondit le scribe. Commandez-moi, il n*y a rien à quoi je ne puisse réussir avec ma plume, comme vous avec votre espingole.

— Ceci ne sera pas œuvre d*espingole, mais de plumi* tif, reprenait le sbire, en lui passant le bras autour du cou et le pressant sur sa poitrine. Jurez que vous me servirez

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