‹ Fior d'AlizaChapitre 65 sur 197 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

Taborder sur le seuil de la maison, et il lui adressait des compliments qui la faisaient rougir et fuir. Elle avait peur sans savoir de quoi; les yeux de cet homme ne lui plaisaient pas; plus ils étaient tendres, plus ils reffrayaient ; elle priait sa tante ou son cousin de ne jamais la laisser seule avec lui.

Quand il vit cela, il cessa, un certain temps, de rôder dans la montagne ; mais un jour que ma sœur était seule à la maison, parce que j'avais suivi Hyeronimo et Flor d*Aliza au ruisseau pour tondre les brebis et pour laver avec eux les toisons, un petit monsieur sec, mince et noir comme un homme de loi ou comme un huissier, entra dans la cabane en saluant bien bas et en présentant un papier à ma belle-sœur.

Elle ne savait pas lire; elle pria l'étranger de mettre le papier timbré sur la huche, en lui disant que nous le ferions lire le lendemain par le frère camaldule qui passait deux fois par semaine pour porter les vivres au couvent.

— Il n'y a pas besoin, dit l'homme de loi ; appelez votre fils, votre frère et votre nièce, qui ne sont pas loin ; je vais vous lire la citation moi-même.

Nous remontâmes tout surpris. Hyeronimo reconnut la ressemblance de ce messager avec Bartholomeo del Cala* mayo, l'ami du capitaine des sbires, de l'année précédente, mais il ne fit pas semblant, et l'enfant garda sa pensée en lui-même.

— Vous êtes bien, dit rhomme de loi à mon frère, Antonio Zampognari, fils de Nicolas Zampognari et d'Annunziata Garofola, vos père et mère ?

— Oui, dit mon frère,

— Et vous, me dit-il, vous êtes bien Magdalena Zampognari, fille de Francesca Bardi et de Domenico Cortaido, vos père et mère, du village de Bel-Sguardo, en plaine?

— Oui, répondis-je.

Eh bien ! poursuivit-ii d*une voix tranquille comme s'il nous avait dit bonjour, voici une citation des enfants et héritiers de Francesco Bardi et Domenico Gortaido, représentants légitimes de la branche aînée des Zampognari, qui réclament, en vertu d'un jugement en bonne forme, le partage de la maison, domaine, eaux, bois et champs du domaine des Zampognari, leurs ancêtres, dont il ne vous revient que le quart, puisque vous, Antonio Zampognari, et vous, Magdalena Bardi, épouse de Felice Zampognari, vous ne représentez que le quart de la succession totale consistant dans le domaine habité et cultivé par vous. Ordre donc, ci-dessous, du tribunal souverain de Lucques de procéder au partage du domaine et du podere (métairie) , et d*en remettre les trois quarts aux héritiers Bardi di

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