‹ Fioretti, petites fleurs de S. François d'Assise [microforme]Chapitre 12 sur 75 · S. Matthieu, chap. xvi · texte numérisé non relu

S. Matthieu, chap. xvi

3 L'église de Saint-Damien que saint François avait fait réparer à ses propres frais.

de saint Francois d'Assise

que vous avez de l'argent, Payez-moi,» Saint François demeura surpris d'une telle avarice ; il ne voulut cependant Pas contester avec cet homme ; mais, en véritable observa. teur de l'Evangile, il met aussitôt la main dans la bourse de Bernard, et Prenant une poignée d'argent, il la donne à Silvestre, et lui dit : 4 Si cela ne vous suffit Pas, vous en

aurez encore,» Enchanté d’une si grande générosité, Silvestre n’en demanda pas davantage ; il retourna chez lui, Cependant, réfléchissant le soir sur ce qu'il avait fait, pensant à la ferveur de Bernard et à Ja sainteté de saint Fran. Sois, un remords secret vint le tourmenter, Trois nuits de suite il eut de Dieu cette vision : de la bouche du saint sortait une croix d'or dont le haut touchait le ciel, et les bras s’étendaient de l'Orient jusqu’à l'Occident. Touché de cette vision, Silvestre, à son tour, donna lui-même tout ce qu'il possédait pour l’amour de Dieu, et se fit Frère. Mineur, et dans la suite sa sainteté et les grâces qu'il rece-

8 Fioretti mr a vait dans l'Ordre s'accrurent À un tel Point, qu'il en vint à s'entretenir familièrement avec Dieu, comme un ami avec son ami, Saint François attesta lui-même plusieurs fois ce prodige, et nous aurons Occasion d'en parler plus tard, Bernard, lui aussi, souvent Dieu le raviss

avait quitté le monde sans aucune réserve, et donné aux Pauvres du Christ tout ce qu'il possédait ;

lui demanda d la bouche,

QUE tiôs cat serviteur du Crucifé, saint Fran.

Çois, par suite de :es macérations, de ses prières

et de ses larmes, était devenu Presque aveugle

et ne voyait plus qu’à peine. Désirant un jour s'entretenir des choses de Dieu avec Frère Bernard, il alla le trouver : mais il arriva dans un moment où ce frère, en Prière dans le bois (1), était ravi en extase et intimement uni à Dieu. 1. Le bois est souvent désigné dans les Petites Fleurs, romme un endroit connu. Il paraît que les Premiers disciples de saint François choisissaient Pour leurs couvents, des lieux voisins d’un bois, Entièrement séparés du monde, environnés des beautés de la nature, c’est là qu’ils allaient goûter les

rs d’une complète solitude, et retremper leur âme dans la prière et la contemplation des choses du ciel,

de saint Francois d'Assise 9

Le saint se dirige vers lui et l'a venez vous entretenir

ugle qui vous demande. » Frère

homme de haute

alors comme élevée et

ne répondit Pas. Saint François ière de comm

quelques instants, roisième fois de la mé » Qui ne l'enten

Un peu triste, Frère Bernard

et c'est Pourq répondre A

aucune dé A cette réponse de Dieu,

Mauvais soupçon qu'il il J'anerçit, se dirige à sa “iais saint François le

relève, lui raconte, avec une humilité profonde, et sa mauvaise pensée et le trouble qu’il en avait éprouvé; puis, après lui avoir rapporté la réponse qu'il avait reçue de- Dieu, il ajoute: « Je vous ordonne, en vertu de la sainte obéissance, d'accomplir ce que je vais vous imposer. » Frère Bernard, craignant que, dans cette circonstance, le Saint ne lui prescrivit, à son ordinaire, quelque obligation très difficile à remplir, chercha poliment à s'excuser, et répondit : « Je suis prêt à obéir, mais à la condition que vous me promettrez de faire ensuite vous-même ce que je vous ordonnerai ; »et, sur la promesse de saint François : « Eh

bien! maintenant, Père, ajouta-t-il, que souhaitez-vous de moi? » Et le Saint lui répondit : « Voici l’ordre que je

vous impose en vertu de la sainte obéissance, et pour me punir de ma présomption et de la témérité de mon cœur ; je vais m'étendre à terre, et alors vous me poserez un pied

de saint Francois d'Assise

sur la gorge et l’autre sur la bouche, et vous me passerez ainsi trois fois sur le corps en m'accablant de honte et de mépris, et en me disant surtout : « Reste ]à étendu, misérable fils de Pierre Bernardone (1); d'où te vient tant d'orgueil, à toi, la plus vile des créatures?» F rère Bernard Ééprouvait une vive répugnance à se Soumettre à une telle

Parole de réprimande à un homme dont il connaissait l'éminente sainteté: et si parfois il avait le désir de le voir et

rait la charité, le respect et l'humilité de saint François, père de l'Ordre, dans ses rapports avec Frère Bernard, son fils premier-né, A la louange et à Ja gloire de Jésus-Christ

et de saint François, son petit pauvre, Amen.

1. Ottavio, évêque d'Assise, rapporte que c’était Pour se mépriser que saint François s’appelait le fils de Bernardone. Bernardone n’était qu'un surnom

de son père, dont le véritable nom était Moriconi, Voyez Luni serafici dé Portiuncula. Venise, 1701.

SSL AE A

Chapitre ÎV. — comment !’Ange de Dieu proposa un: question à Frère Elie, gardien d'un couvent du Val de Spolète, et comment, sur la réponse hautaine de ce frère, 11 se retira et se renditsur le chemin de Saint-Jacques où il trouva

Frère Bernard auquel ‘1 raconta ce qui venait de se passer, axe ARR EROEEOSOES ER L = 7 ANS les premiers temps de l'Ordre, alors que les frères étaient en petit nombre et qu'ils n'étaient pas encore établis dans leurs couvents, saint François eut la dévotion de faire le Pèlerinage de Saint-Jacques en Galice, et il y conduisit avec lui quelquesuns de ses compagnons, parmi lescuels se trouvait Frère Bernard. Comme ils étaient en chemin, le Saint vit un pauvre malade dont le triste sort le toucha de compassion ; il dit à Frère Bernard: « Mon fils, je vous ordonne de rester ici au service de cet infirme.» Le frère, s'agenouillant et inclinant la tête, reçut humblement l'ordre du Père vénéré et le laissa poursuivre sa ruute avec ses autres compagnons. Lorsque les pèlerins furent arrivés à Saint- acques, une nuit qu’ils étaient en oraison dans l'église, saint ! François eut révélation de Dieu qu'il devait établir un grand nombre de couvents par le monde, parce que son Ordre devait s’accroître, et le nombre des frères se multiplier ; et dès lors, il jeta lui-même les fondements d’un de ces couvents dans le pays où il se trouvait (1). Reprenant

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1. Tourmenté du désir d’aller porter aux infidèles la bonne nouvelle de l'Evangile, François se rendit en Espagne avec Bernard de Quintavalle et quelques autres frères, dans l'espoir de pousser de 1à jusqu’au Maroc ; mais

ner en Italie. Toutefois, avant de partir, il alla trouver à Burgos, Alphonse IX, de Castille, père de la reine Blanche, et lui demanda l'autorisation d’établir son Ordre dans ses Etats. Alphonse

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