Bossuet, Panégyrique de S. François
vil gntroduction
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qu'il possédait. Jaloux de posséder cette âme privilégiée, l'esprit de séduction redoubla d'efforts pour la captiver par 8€ artifices. François se laissa d’abord éblouir, des projets de grandeur et de gloire l'occupèrent dans ses premières années ; mais une longue maladie, jointe à des angoisses spir-tuelles, Varrachèrent définitiyement au monde pour le donner à Dieu sans partage. Un jour, après un repas somptueux, la troupe joyeuse et turbulente de la jeunesse d'Assise parcourait la ville en chantant ; François, contre son habitude, s'était retiré seul à l'écart et il marchait tout pensif. Ses compagnons s’en aperçurent et lui demandèrent, en riant, le sujet d’une si profonde rêverie. — « Je songeais à prendre une épouse, répondit François, mais une épouse si noble, si riche et si belle qu'il n'yena point de semblable au monde. » C'en était fait, l'esprit de Jésus-CHRIST crucifié venait de descendre sur lui ; et, dès ce moment, l'amour de la croix, du détachement des créatures, et de la pauvreté, devenait sa grande et unique passion.
Cependant Bernardone ne voyait pas avec plaisir les pieusc:: largesses de son fils, ilalla même jusqu’à le citer devant l’évêque d'Assise, dont it était justiciable, en l'accusant de Jétourner, au profit des pauvres, Je fruit de son négoce. Vico de Secundi reçut François avec bonté, et, loin de le condamner, il l'encouragea dans ses projets en l'exhortant à mettre en Dieu son seul espoir et sa confiance. Alors, comme s'il eût été soudainement inspiré, le jeune homme se iève, se dépouille de ses vêtements et les jette aux pieds du pontife, en disant : Jusqu'à présent, j'ai appelé Pierre Bernardone mon père ; désormais, je puis dire hardiment: Notre Père, qui êtes aux cieux. « O Dieu éternel ! s'écrie ici le grand Bossuet, que vous inspirez de belles réponses à vos serviteurs, quand ils se laissent conduire à votre Esprit-Saint ! Quelle éloquence assez forte, quels raisonnements assez magnifiques pourraient égaler la majesté de cette parole? Oh! la belle banqueroute que fait aujourd’hui ce marchand ! Ô homme, autant incapable d’avoir des richesses que digne de n’en avoir pas assez | digne d’être écrit dans le livre des pauvres évangéliques et de vivre dorénavant sur les fonds de la Providence (1) ! »