‹ Fioretti, petites fleurs de S. François d'Assise [microforme]Chapitre 58 sur 75 · Chapitre Evi. — De la vraie Religion · texte numérisé non relu

Chapitre Evi. — De la vraie Religion

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RÈRE Egide disait, en parlant de lui-même :

« J'aimerais mieux que Dieu m'accordat Jes

moindres grâces dans l'état de religion, que les

grâces les plus abondantes au milieu du siècle ; car il ya,

dans le monde, plus de périls, Plus d'obstacles, moins de remèdes ct moins de soutiens. »

Il disait aussi : «11 me semble que le Pécheur craint plus son bien qu’il ne produit son malheur et sa perte : il craint d'entrer en religion pour y faire pénitence, et il ne

‘craint pas d'offenser Dieu et son âms en demeurant dans un monde dur, obstiné, plongé dans la fange impure de ses péchés ct dans l'attente de son éternelle damnation.»

Un séculier demandait à Frère Egide : « Père, que me conseillez-vous de faire > dois-je entrer en religion, ou demeurer dans le siècle en y faisant des bonnes œuvres ? »— « Mon frère, répondit Frère Egide, il est certain que si un homme, dans le besoin, savait qu'il y a un trésor caché dans un champ Commun, il ne demanderait Pas conseil Pour savoir s'il ferait bien de le déterrer et de l'emporter chez lui; mais avec combien plus de sollicitude ne devons. nous pas nous empresser de nous-mêmes d'aller chercher le trésor céleste qui se trouve dans la Sainte religion et

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dans les congrégations pieuses !» À cette réponse, le séculier partit pour distribuer aux pauvres les biens qu'il possédait ; et, ainsi dépouillé de tout, il entra dans la sainte religion.

Frère Egide disait encore : « Je n'estime pas qu'il y ait un grand mérite à entrer à la cour d’un roi, ni même à en obtenir quelque faveur et quelque bienfait ; le grand mérite, c'est de savoir se conserver dans ses bonnes grâ- * ces, et de se conduire toujours, près de lui, avec sagesse et discrétion. Eh bien! la cour du grand Roi du ciel, c'est la sainte Religion ; on peut y entrer sans peine ct y

recevoir de Dieu des grâces et des faveurs ; mais le point

important, c'est de savoir y vivre et y persévérer jusqu'à la fin. » ;

Frère Egide disait encore : « J'aimerais mieux être séculier, et, dans cet état, nourrir le désir d'entrer en religion que d'y vivre sans pratiquer les vertus qu'elle im-° pose, dans la paresse et la négligence. Le religieux devrait donc s’efforcer de mener une vie sage et ver? tueuse, sachant qu’il ne peut vivre dans un autre état que dans sa profession. »

Frère Egide disait un jour : « Il me semble que la religion des Frères Mineurs a été véritablement établie par Dieu pour l'utilité et la grande édification du monde ; mais malheur à nous, sinous ne sommes pas tels que nous devrions être! Ilest certain que si nous remplissions exactement toutes nos obligations, il n'y aurait pas, sur la terre, d'hommes plus heureux que nous. En effet, celui-là est saint qui marche sur les traces d'un saint; celui-là est vraiment bon qui suit les exemples d'un homme connu par sa bonté : enfin celui-là est riche qui

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marche dans la voie du riche ; or, la religion des Frères Mineurs ne suit-elle pas, plus que toutes les autres, les voies et les sentiers du meilleur, du plus juste, du plus riche et du plus saint qui ait été et qui sera jamais : les voies et les sentiers de Notre-Ceigneur Jésus-Christ ? »

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