Voyez, à la fin de la Lie de saint François, du Père
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Bonaventure.
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est demeurée intacte avec ses vieux murs de plus de sept siècles. Aujourd'hui des peintures magnifiques glorifient sa pauvreté; mais la fresque d'Owerbeck est celle qui frappe plus vivement : la vision de saint François y est exprimée avec une foi et une simplicité qui font penser à Giotto et à Cimabiie.
A droite de la Portioncule, dans l'intérieur de la basilique, se trouve la petite cellule dans laquelle saint François rendit son âme à Dieu. C'est là qu'il voulut ètre déposé sur la terre nue, et que Fière Léon et Frère Ange chantèrent en chœur, à ses derniers moments, le cantique du Soleil et de sa sœur la Mort. Cette cellule a été convertie en oratoire, et on y voit un des plus anciens portraits de saint François.
‘Tout près de l’église, dans l'intérieur du couvent, on retrouve encore deux souvenirs bien touchants de la vie de saint François. Le premier est une espèce de cave, une vraie prison souterraine, dans laquelle François se retirait pour se livrer plus librement à ses rudes pratiques de mortification qui, plus tard, au moment de sa mort, lui faisaient demander pardon à son corps de tant de mauvais traitements. Après saint Frençois, bien des imitateurs de sa sainteté sont venus se mortifier ici, à l'exemple de leur Père ; aussi ce lieu est saint, des inscriptions vous le rappellent, et le Frère Mineur qui vous introduit ne manque pas de s’agenouiller là comme dans un temple.
Dans un petit jardin voisin, je fus conduit vers ‘in massif de rosiers dont les roses blanches s'épanouissaient gracieusement au soleil. Au temps où vivait François, c'étaient de rudes épines qui couvraient ce sol ; un jour, le saint alla s'y rouler nu, pour dompter la violence d'une
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Couvent des Carceri près d'Assise
. Franciscains d'Assise 339
tentation qui l’obsédait, La tentation fut vaincue, et l'attouchement de ces membres sanctifiés par la mortification changea les épines en branches de rosiers. Touchante transformation qui s'est perpétuée jusqu’à nos jours, et qui nous a permis d'emporter, comme souvenir de pèlerinage, une branche des rosiers de saint François d'Assise !
Plus tard, dans un autre pèlerinage, à Subiaco, aux en-
virons de Rome, nous avons retrouvé un autre souvenir de
saint François, qui nous rappela les rosiers de Notre-Damedes-Anges. Le saint Patriarche était allé vénérer les lieux sanctifiés par la vie et les prodiges de saint Benoit. On lui montra, dans un jardin, les buissons d'épines au milicu desquels le saint Pénitent amortissait le feu de ses tentations. Un jour, saint François se mit en prière en cet endroit, fit le signe de la croix sur les buissons d'épines : et ils furent, à l'instant, transformés en rosiers, qui se sont Propagés jusqu’à présent. Nous avons dit, dans notre intro. duction aux Fioretti, comment s'explique cette merveil. leuse puissance de saint François sur la nature: le sens vraiment chrétien n'éprouve aucune difficulté dans la perception de ces prodiges.
Nous avons visité à Venise, les Plombs et les Puits, ces terribles cachots du Palais Ducal. En vérité, les prisonniers d'Etat qu'on y tenait enfermés devaient y souffrir une cruelle torture ; et cependant, ona beaucoup exagéré l'horreur de ces sombres prisons. Ce qui nous a plus vive. ment impressionné encore, à Assise, ce sont ces cellules, ou plutôt ces grottes cellulaires creusées dans les entrailles des rochers, ou formées par leurs déchirures naturelles, qui servirent d'habitation à saint François et à ses premiers disciples. Ils appelaient Couvent l'ensemble de ces cellules
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340 Les Donuments
abruptes ; plus tard, on leur donna le non: plus juste de Prisons. Nous les appellerions plus volontiers encore les Cavernes de saint François. , ;
Le saint Patriarche avait visité, à Subiaco, ces cavernes sauvages, ces nids d’aigles aux flancs des rochers, où saint Benoît et ses compagnons s'étaient abrités entre le ciel et la terre ; et, de retour à Assise, il s’en était allé parcourant les hautes montagnes qui la couronnent ; il y avait trouvé des repaires abandonnés et silencieux, et ce fut l’endroit qu’il choisit pour venir quelquefois se retremper, loin du monde, dans une solitude qu'aucun bruit humain ne pût troubler. Les anachorètes des premiers siècles chrétiens eussent été jaloux de ces abris sauvages. Maintenant encore, on les voit, ces Prisons, telles qu'elles étaient au temps de saint François ; les siècles ne pourront rien contre le granit qui les forme. Vous entrez dans une de ces tanières que rien ne ferme; vous y trouvez des parois nues et rudes. Quelque aréte de rocher, un banc de granit y servaie nt tout à la fois de siège, de table et d'oreiller ; et voilà tout l’ameublement de ces cellules franciscaines. En descendant la montagne escarpée qui conduit aux Prisons, nous comparions entre elles, la vie de ces anges de la terre qui y demeuraient, et celle de tant de pécheurs qui ne rech erchent ici-bas que la satisfaction de leurs sens ; et la pensée du suprême jugement nous faisait frissonner.
En entrant dans Assise par la route de Foligno, nous nous arrêtâmes un instant devant sa porte monumentale. Da ns le lointain, au fond de la vallée qu’elle domine, nous apercevions la ville de Spolète dont les maisons blanchissaient au soleil. Nous pouvions même distinguer, sur la route d'Assise, une porte historique, dont nous avions lu,
: Franciscains d'Assise . 341 quelques jours auparavant, la glorieuse inscription. Vivement repoussé par les habitants de ce Municipe Romain, Annibal a laissé, sur cette porte, le souvenir mémorable de sa fuite. Voici cette inscription :
HANNIBAL CAESIS AD TRASIMENUM ROMANIS URBEM ROMAM INFENSO AGMINE PETENS SPOLETO MAGNA SUORUM CLADE REPULSUS INSIGNI FUGA PORTAE NOMEN FECIT.
Assise, elle, a choisi pour sa porte principale une inscription étrangère à toute idée mondaine ; c'est comme une voix du ciel. On y a gravé les paroles de la dernière bénédiction qui lui fut donnée par saint F rançois. Avant d'arriver à Sainte-Marie-des-Anges, où ses disciples le transportaient, le saint Patriarche, aveugle et mourant, se fit tourner vers sa chère cité, et lui dit : « O cité chérie! soyez bénie du Seigneur parce que beaucoup d'âmes seront sauvées en vous et par vous. Un grand nombre'‘de servi. teurs du Très-Haut demeureront dans l'enceinte de vos murailles, ct plusieurs de vos citoyens seront choisis pour la vie éternelle. »
« Benedicta tu civitas a Domino
Quia per te multæ animæ salvabuntur
Et in te multi servi Altissimi habitabunt
Et de te multi eligentur ad regnum æternum. »
Les rues d'Assise, avec leurs fresques antiques, annoncent la présence de l'église sépulcrale par les souvenirs qu’elles rappellent. Quel que soit le sujet particulier de ces peintures, on voit qu’elles sont là toutes à l’occasion