‹ Fioretti, petites fleurs de S. François d'Assise [microforme]Chapitre 62 sur 75 · Voyez la note 5°, à la suite de cet ouvrage · texte numérisé non relu

Voyez la note 5°, à la suite de cet ouvrage

Saint Francois.

La fresque représente le baptême dn Saint,

‘Les fonts baptismaux de Saint-Ruftin où fut baptisé

Franciscains d'Assise 343 ——— sont les fonts baptismaux sur lesquels il fut régénéré: sa

mémoire a protégé ce monument antique (1) A Sainte- Claire, à Saint-Damien et à l'Eglise. Neuve, on retrouve aussi, d'abord le Crucifix si célèbre dans l’histoire du serviteur de Dieu (2) : Puis la cassette dans laquelle il jetait l'argent qu’on lui apportait pour la réparation de l'église Saint-Damien, et enfin la prison dans laquelle il fut enfer mé par son père (3). On voit encore, à l'évêché, la salle où il put enfin s'affranchir des persécutions paternelles : c’est là, qu'en présence de l'évêque, il se dépouilia de ses vête. ments, en déclarant qu'il renonçait à tout héritage, et que Dieu seul serait désormais son Père (4). Dans la chapelle de la Portioncule, à Sainte-Marie.des-Anges, Dieu ratifia, en l'appelant à la Pauvreté zpostolique, la détermination que saint Fränçois avait prise dans la salle de l’évéché. Or, tous ces faits et ces souvenirs appartiennent à la première période de sa vie. Mais, à partir du poin où nous en sommes, à la Portioncule, entre les faits de la jeunesse du saint Patriarche et ceux de sa virilité, sa memoire s'éclipse Presque entièrement dans les monuments d'Assise. C’est qu'on est arrivé à cette grande époque de sa vie, pendant laquelle il chercha si Persévéramment à se dérober à la Connaissance du monde. Mais quand on approche du

‘terme de cette sainte vie, c'est alors que les monuments reéparaissent. Le trésor de la basilique possède Plusieurs pièces des vêtements que saint François portait dans ses dernières années ; et nous Y avons remarqué surtout la

+ Voyez la note 6°, à la suite de cet ouvrage. . Voyez la note 7°, à la suite de cet ouvrage, Voyez la note 8e, À Ja suite de cet ouvrage.

. Voyez le note %, à la suite de cet ouvrage,

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bénédiction qu'il écrivit sur le Mont-Alverne, pour le frère Léon, et qu'il signa de la lettre T (1). Au monastère de sainte Claire, on conserve des vêtements travaillés de ses mains pour son Père séraphique et des linges imbibés du sang de ses Stigmates. Un hôpital rappelle encore l’ancien Spedalicchio, ce petit hospice près duquel saint François se fit tourner vers la ville d'Assise, pour la bénir une derniere fois. A Sainte-Marie-des- Anges, à côté de la chapelle où le saint Patriarche s'était dépouillé de tous ses biens, nous l'avons dit, le pèlerin s'agenouille dans la cellule d’où son âme s’est envolée vers le ciel.

Beaucoup d'hommes, à notre époque, ne comprennent pas le sentiment avec lequel la piété chrétienne suit jusqu'aux moindres vestiges &c la vie de saint François d’Assise. Cependant, alors même qu'ils ne l'apprécieraient que selon la mesure de leurs idées purement naturelles, il semble qu'ils devraient encore trouver que cet homme a été vraiment grand dans ses œuvres. La simple bienfaisance, l'esprit d'association, le culte des arts, devraient au moins trouver grâce devant eux. Cet homme que personne n'a jamais surpassé dans son zèle à secourir les souffrances du pauvre ; cet homme qui a remué le monde avec les Ordres religieux dont il fut le fondateur ; cet homme enfin qui, du fond de sa tombe, a fait surgir tant de chefs-d'œuvre artistiques qui célèbrent à l’envi sa glorieuse mémoire, comment ne pas le saluer au moins comme un homme merveilleux ?

L'idée fondamentale de saint François d'Assise est une des plus nobles pensées qui soit jamais venue à l'esprit

1. Un #ac-simile d’une ressemblance parfaite est quelquefois offert au pèlerin comme suuvenir de ce précieux autographe : nous avons la satisfaction de le posséder.

Franciscains d'Assise

ne nee eee RER ns d’un homme. Cette pauvreté volontaire et toujours laborieuse dont il était épris, une distance infinie la sépare du vice social de la mendicité désœuvrée. Saint François et ses compagnons disaient au peuple : « Nous venons vers vous comme vos auxiliaires et vos amis, A vors notre temps, nos travaux, notre amour et tous nos services. Mais, vous le savez, l'ouvrier convient d'un prix avant d'engager son travail ; c'est la condition préliminaire ; et, s’il le souhaite, on la rédige en contrat formel, et le représentant de la loi y appose son sceau. Or, voici nos conditions, à nous : Notre salaire ce sera la joie de vous faire du bien : votre charité en sera le contrat, et c'est Dieu lui-même qui ratifiera la légali £ de cet acte. » Evidemment, ces conditions étaient encore plus avantageuses pour le peuple qui pouvait s’y fier que pour les hommes apostoliques qui voulaient bien s'en contenter.

Trois principes divers caractérisent les relations sociales et servent à mesuret jusqu’à quel point elles se rapprochent ou s’éloignent du type idéal de cette fraternité parfaite que la foi nous montre dans le ciel. La violence d'abord, qui doit armer pa:fois le bras de la justice ; la justice cllemême, qui détermine rigoureusement les inflexibles exigences du droit; et enfin un troisième principe qui n’invoque ni la force ni la justice, et c’est la charité gra-

tuite qui offre ses services à la charité libre. Disons-le, un siècle dont les opinions seraient incompatibles avec toute institution basée sur ce principe renoncerait, par là même, à toute dignité, à toute grandeur dans sa constitution. Il ne ferait plus que prouver une seule chose, c'est qu'il serait tombé trop bas dans l’égoïsme pour s'élever jamais jusqu’à la noblesse dans les idées et les principes.

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Les Monuments

Ces considérations se présentent naturellement sur mon chemin, et je les recueille ; mais grâces à Dieu, je n'ai pas du tout besoin de l'approbation de la philosophie, pour continuer mon pèlerinage jusqu'à la tombe du pauvre d'Assise. Le principal gardien de ce tombeau, c'est le vaste

” couvent qui touche à l'église patriarcale, et que l'on ap-

pelle le Sacro-Convento, parce qu'il a été bénit et consacré à la manière des basiliques. Les arcades qui lui servent de portique, le long de sa principale façade, donnent à cet édifice plutôt la physionomie d'une église que d'une habitation claustrale. Dans l'intérieur, les corridors du cloître la salle de l'ancien Chapitre, les réfectoires, les chambres des étangers et l'appartement papal, furent jadis ornés de peintures remarquables ; mais le temps les a considérablement endommagées. Les portraits des Généraux de l'Ordre, et quelques belles têtes de bienheureux, les fils de saint François, forment là comme un magnifique cortège à leur saint Fondateur. On serait tenté de croire du Sacro- Convento que c'est la sacristie de la basilique (1).

Pour bien se rendre compte Ü la pensée générale de cette basilique, il faut se rappeler d'abord que l’architecture, la peinture et la musique, ne sont, en réalité, que les formes variées de la poésie qu'elles expriment par des lignes, des couleurs et des sons. La poésie est l'art par excellence, la mère, ou du moins, la sœur ainée des trois autres. Le plus souvent, en effet, c'est elle qui se manifeste

la première dans sa forme propre, et les autres ne font que marcher à sa suite. Quelquefois cependant, elle commence par se révéler sous la forme d’une mélodie, d'un tableau,

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