‹ Fioretti, petites fleurs de S. François d'Assise [microforme]Chapitre 66 sur 75 · Les Poètes Franciscains en Italie · texte numérisé non relu

Les Poètes Franciscains en Italie

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« Loué soit Dieu, mon Sauveur, à cause de toutes les créatures, «et singulièrement pour notre frère messire le Soleil, qui nous «donne le jour et la lumière! Il est beau et rayonnant d’une «grande splendeur, et il rend témoignage de vs: 5 mon « Dieu.

« Loué soyez-vous, mon Seigneur, pour notre sœur la june et « pour les étoiles ! vous les avez formées dans le: « ivux claires e « belles !

« Loué soyez-vous, mon Seigneur, pour mon frère le vent, «pour l'air et le nuage, et la sérénité de tous les temps, quels «qu'ils soient ! car c’est Par eux que vous soutenez toutes les « créatures.

« Loué soit mon Seigneur pour notre sœur l’eau, qui est très «utile, humble, précieuse et chaste !

« Loué soyÿez-vous, mon Seigneur, pour notre frère le feu ! «par lui vous illuminez la nuit, il est beau et agréable à voir, « indomptable et fort.

« Loué soit mon Seigneur Por notre mère la terre, qui nous «soutient, nous nourrit, et qui produit toute sorte de fruits, les « fleurs diaprées et les herbes ! »

Saint’ François ayant appris que l'union était brisée entre l'évêque d'Assise et les magistrats de cette ville, ajouta ces paroles à son cantique :

« Loué soyez-vous, mon Seigneur, à cause de ceux qui par- « donnent pour l'amour de vous, et qui soutiennent patiemment « linfirmité et la tribulation ! heureux ceux qui persévèrent dans « la paix ! car c’est le Très-Haut qui les couronnera. »

Plus tard, François ayant été conduit à Foligno, pour y rétablir par le changement d'air sa santé altérée, il éprouva quelque adoucissement à ses douleurs. Mais bientôt il apprit par révélation qu’il souffrirait encore deux ans, après quoi il entrerait en possession du repos éternel ; et ravi de joie, il composa le verset suivant, par lequel il termina le cantique.

« Soyez loué, mon Seigneur, À cause de notre sœur la Mort « corporelle à qui nul homme vivant ne peut échapper! Mal- « heur à celui qui meurt en péché mortel! Heureux ceux qui, à « l'heure de la mort, se trouvent conformes à votre très sainte « volonté ! car la seconde mort ne pourra leur nuire.

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« Louez et bénissez mon Seigneur, RTE jui grâces, et servez- «le avec une grande humilité (1) »

Cette façon de composer peu à peu, selon l'inspiration du cœur et le besoin du moment, dit Ozanam, rappelle tout-à-fait la manière des grands poètes, comme Dante, comme Camoëns, portant dans leurs voyages et leurs exils l’œuvre qu’ils avaient conçue, et y ajoutant au jour le jour l’expression toute brûlante de leurs douleurs ou de leurs espérances. Le poème de saint François est bien court, et cependant on y trouve toute son âme : sa fraternelle amitié pour les créatures ; la charité qui poussait | cet homme humble et timide à travers les querelles publiques ; cet amour infini qui, après avoir cherché Dieu dans la nature et l'avoir servi dans l'humanité souffrante, n’aspirait plus qu’à le trouver dans la mort. On y sent comme un souffle de ce paradis terrestre de l’'Ombrie, où le ciel est si doré et la terre si chargée de fleurs. Le langage a toute la naïveté d’un idiôme naissant ; le rythme toute l’inexpérience d’une poésie peu exercée, et qui contente à peu de frais des oreilles encore indulgentes. Les délicats auront quelque peine à y reconnaitre les conditions régulières d’une composition lyrique. Ce n’est qu’un cri; mais c’est le premier cri d’une poésie naissante, qui grandira et qui saura se faire entendre de toute la terre (2).

Nous avons remarqué que saint François chantait souvent en français ; c’est qu’en effet l'éducation littéraire du saint Patriarche s'était faite moins par les études classiques, auxquelles il donna peu de temps, que par la langue française, déjà considérée en Italie comme la plus délectable de toutes, et la gardienne des traditions chevaleresques qui polissaient la rudesse du moyen âge. Il avait un secret penchant pour le pays de France,

1. Le texte du poème présente une sorte de prose rimée qu’on peut écrire ainsi :

Altissimo, omnipotente, bon Signore ; Tue son le laude, la gloria, lo honore ; E ogni benedizione. . .

Lodaio sia mio Signore per suora luna, e per le stelle, Il qual in cielo le hai formate chiare e belle... 2. Poètes Franciscains, 91 et 92.

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auquel il devait son nom ; il en aimait ja langue, bien qu'il sy exprimât avec difficulté, il la parlait avec ses frères. Il faisait retentir de cantiques français les forêts voisines ; on le voit, dans les premiers temps de sa pénitence, mendiant en français sur l'escalier de Saint-Pierre de Rome, ou, tandis qu'il travaillait à la reconstruction de l'église de Saint-Damien, s'adressant en français aux habitants et aux Passants, pour les inviter à relever la maison de Dieu.

NOTE QUATRIÈME, Page XII. — On a donné aux plaies de saint François le nom de Stigmates, qui est le terme dont saint Paul se sert pour exprimer les marques et les cicatrices des coups et des blessures qu’il avait reçus pour la gloire de son Maître. Ce terme est pris de l'usage des anciens qui imprimaient certains Caractères sur le corps des esclaves et des soldats nouvellement enrôlés. L’apôtre mettait sa gloire dans ses cicatrices comme dans des marques royales, dit saint Chrysostôme : et ces Stigmates, en le rendant conforme à Jésus-Christ, attestaient tout à la fois qu’il était son serviteur et son soldat, et qu’il en avait bien rempli les fonctions.

Grégoire IX écrivit trois lettres apostoliques pour confirmer la vérité des Stigmates de saint François; e' “ent adressées En 1237, la première à tous les fidèles d’AIL la seconde à l'évêque d'Olmutz, et la troisième aux Supt Lurs de l'Ordre des Frères Prêécheurs. La vérité de ces Stigmates étant d’une notoriété incontestable, et autorisée de Dieu par des miracles sensibles, le pape Benoit XI voulut, en 1304, que l’on en célébrât la fête tous les ans avec un office double, L'an 1337, Sous le pontificat de Benoit XIE, il fut ordonné au Chapitre général des Frères Mineurs qui se tenait à Cahors, que cette fête serait célébrée solennellement dans tout l'Ordre, et on pria Gérard Odon, ministre général, d'en composer un office propre, qui est celui que l’on récite encure maintenant.

Toutefois, le témoignage authentique par excellence est le mont Alverne lui-même. Oublié dans l’histoire jusqu'alors, il devient, aussitôt après le miracle des Stigmates, un lieu important et sacré aux yeux des puissances de la terre et des simples fidèles.

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La montagne d’Alverne est sur les confins de la Toscane, assez près de Camaldoli et de Vallombreuse : elle fait partie de la chaîne Apennine, mais elle s’en détache et la domine ; et, à plusieurs milles, on voit son imposante masse de rochers couronnés de grands hêtres. Après quatre heures de montée dans les chemins raides, étroits, bordés de précipices profonds ou de quelques champs dont la glèbe blanchâtre atteste l’infécondité, on arrive sur le plateau incliné du sommet. Le couvent qui s’y trouve est irrégulier comme le sol ; la porte, basse et massive, posée sur des rocs, rappelle la porte des manoirs féodaux. Vous êtes dans une petite cour carrée ; en face est un portique soutenu de deux colonnes: c’est l'entrée de l’église mineure, le plus ancien monument de l’Alverne. Sur la porte à plein cintre est un bas-relief antique représentant la stigmatisation de saint Francois : de chaque côté sont les armes du comte Orlando, une croix et trois fleurs de lis, glorieux souvenirs pour un Français. A droite est la porte du couvent, surmontée des armes de Florence, du pape Eugène IV, et de cette puissante confrérie des artisans en laine, berceau des Médicis. Dans une partie du couvent sont les hospices des nombreux pèlerins qui, chaque jour, viennent vénérer la mémoire dela grande merveille des Stigmates. Personne n’a frappé à la porte sans être reçu. Noble et généreuse hospitalité, où l'on partage les aumônes des Frères, où l’on est servi par des mains sacerdotales avec un dévouement qu'il est impossible de reconnaitre.

L'église mineure est basse, simple, divisée en trois parties par une fort belle grille en fer. Le maître-autel est décoré d’une magnifique Assomption du célèbre André della Robbia. On entre de là dans l'église principale, qui remonte au milieu du quatorzième siècle, Elle est éclairée, spacieuse, flanquée d’une belle tour, et ‘ourée d’un portique d’où l’on découvre le plus immense »» \:°4e dont il soit possible de se faire une idée. D'un côté, ce portique se prolonge jusqu'à l'église des Stigmates, dont la voûte est tout azurée avec des étoiles d’or. Au milieu, sous une grille, est le licu à jamais béni, où François était agenouillé pendant la stigmatisation. Tous les jours après Complies et toutes les nuits après Matines, les religieux vont en procession de l'église principale à l’église des Stigmates.

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On reste profondement ému quand on voit ces religieux, avec

leurs grands manteaux bruns, défiler deux à deux sous les ar.

Ceaux du portique, chantant des hymnes entrecoupées de repos

pendant lesquels on n'entend que le bruit des pas sur les dalles,

le son de la cloche et le murmure du vent dans le feuillage des

hêtres. Pendant l'office, lorsqu'on entend les divines harmonies

o de l'orgue, l'âme monte vers Dieu ; les bruits de

la terre se taisent, et il n'y a plus que le retentisse-

ment infini de ces concerts angéliques qui conso-

laient et réjouissaient François

dans sa solitude. Chaque par-

tie de la montagne est consa-

crée par une tradition vénéra-

ble. Là priait

et méditait

saint Bona-

venture : là,

js dans la petite

chapelle de

Saint-Sébas-

tien, le dé-

mon voulait

Précipiter

François dans

l'abime ; là est l'oratoire où le bien-

heureux Jean d’Alverne conversait

27 familièrement avec Jésus ; là sont

des hêtres Contemporains de saint

François ; ji: aimait à 2 retirer dans

cette grotte pour y contempler les

adorables grandeurs du Christ Pieux et tcuchants souve-

étaillée de l’Alverne, dans

ise, par M. Chavin de Malan,

CixquièME Nore. Page 342. — Quelques jours avant la naissance de François, Pica sa mère, souffrait de grandes douleurs, Un pèlerin vint avertir qu’elle ne serait délivrée que dans une

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étable et que son enfant devait naître sur la paille. Ce conseil parut étrange; cependant il fut suivi, et la mère eut une heureuse délivrance. Plus tard, cette étable devint une chapelle, que lon appela San Francesco il Piccolo, Saint-François-le-Petit, Sur la porte, on lit cette inscription latine en caractères fort anciens :

Hoc oratorium fuit bovis et asini stabulum In quo natus est Franciscus mundi speculum.

« Cette chapelle a été l'étable du bœuf et de l’âne, où est né François, le miroir du monde. »

SIXIÈME NOTE. Page 343. — Au baptême de François, un inconnu se présenta pour le tenir sur les fonts : il le pressait dans ses bras avec tendresse. C'était un ange envoyé de Dieu, dit Wadding. Annales Minorum, Tom. I.

SEPTIÈME NOTE. Page 343. — Un jour François se promenait, en méditant, dans la campagne ; il se dirigea vers la vieille église de Saint Damien pour y faire sa prière. Prosterné devant le Crucifix, il prononça trois fois avec une grande dévotion, ces belles paroles qu’il répéta si souvent depuis : « Grand Dieu, plein

de gloire, et vous, mon Seigneur Jésus-Christ, je vous -prie de m'éclairer et de dissiper les ténèbres de mon esprit : de me donner une foi pure, une ferme espérance et ur.e parfaite charité Faites, à mon Dieu ! que je vous connaisse si bien, qu’en toutes choses, je n’agisse jamais que selon vos lumières et confoimément à votre sainte volonté. » Et, les yeux baignés de larmes, il regardait très amoureusement le Crucifix. Alors, il entendit par trois fois ces paroles prophétiques : « François, va, répare ma maison que tu vois tout en ruine.» Il ne les comprit pas d'abord, il les prit dans un sens matériel et travailla aussitôt à la réparation de l’église de Saint Damien ; mais plus tard la fondation de ses trois Ordres contribua plus efficacement à la restauration de la société chrétienne,

Nous avons vu ce Crucifix qui parla à saint François ; il est d'une composition bien simple ; mais indépendamment du souvenir qui s’y rattache, il inspire par lui-même une impression de piété dont on ne peut se rendre compte qu’en tombant à genoux devant lui dans une fervente prière.

MOnRU JUS

Saint Damien

HurriÈME Nork. Page 343. — Bernardone ne pouvait sup- Porter que Fr: 1çois son fils embrassät un genre de vie qui l'exposait à la rise : du monde : il était surtout furieux de le voir se dépouille: de tout ce qu’il possédait pour le donner aux pauvres, ou le consacrer à la réparation des églises. Un jour, il poussa la brutalité jusqu’à le frapper violemment ; puis, il le renferma dans un endroit obscur que l'on voit encore aujourd’hui, et que l'on appelle la Prison de saint François.

NEUVIÈME NOTE. Page 343. — D'après l'avis des magistrats, Bernardone eut recours à Vico Secundi, évêque d'Assise, pour arrêter les libéralités de son fils. L’évêque fit donc appeler Fran- Çois, et lui dit: « Votre père est très irrité contre vous : si vous voulez servir Dieu, rendez-lui l'argent que vous avez. Mon fils, ayez confiance en Dieu, ne craignez pas, il sera votre aide et, pour le bien de son Église, il vous donnera tout ce qui est nécessaire. » Encouragé par ces paroles de l'évêque, et comme enivré de Dieu, François se leva et dit: « Maitre, je lui rendrai tout ce qui est à lui, même mes vêtements.» Et il se déshabilla : puis, déposant tout devant l'évêque : « Écoutez et comprenez, dit-il ; jusqu’à présent, j'ai appelé Pierre Bernardonc, mon père : désormais jé puis dire hardiment : Notre Père, qui êtes aux Cicux, en qui j'ai mis tout mon trésor et la foi de mes espérances. » Tous les assistants furent émus jusqu'aux larmes, et maudirent la rapacité impitoyable de Pierre Bernardone. L'évèque, ravi de la plus tendre admiration, ouvrit ses bras et Son Cœur à françois : il le Couvrit du manteau que l’on voit encore à Saint-Georges, au couvent des Clarisses.

DIXIÈME NOTE. Page 346. — Le Sacro-Convento est occupé par les Frères Mineurs Conventuels : « est à ces religieux qu'est confiée la garde d’honneur du tombeau de saint François et de la basilique patriarcale. Une recommandation précieuse nous a mérité la faveur de passer Plusieurs jours dans l'intimité de ces dignes enfants de saint François, et nous avons pu constater par nous-mêmes qu’ils n'ont rien oublié de ses saintes et antiques traditions. La science religieuse est peut-être plus en honneur, ou du moins elle est plus cultivée chez les Conventuels que dans aucune autre branche de la famille de saint François. C'était ure

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bonne fortune, pour nous, que de pouvoir étudier les monuments franciscains sous leur direction. Indépendamment des nombreuses ressources bibliographiques qu’ils nous offraient, nous avons trouvé, en plusieurs d’entre eux, une science, une érudition, un goût artistique, qui n'étaient dépassés que par la modestie et la charité avec lesquelles ils en faisaient usage. Nous serions bien heureux que ces lignes leur parvinssent comme un témoignage public de notre affectueuse reconnaissance.

ONZIÈME NOTE, Page 349. — Cette magnifique peinture d'Owerbeck représente la Vision de saint François, et voicT quel en est le sujet. C'était au mois d'octobre 1221, François, prosterné dans sa cellule de ‘re-Dame des-Anges, priait Dieu avec larmes pour la conversion des pécheurs, lorsqu'il fut averti par un ange d'aller à l'église. Il y trouva Notre-Seigneur Jésus-Christ, sa très sainte Mère et une multitude d’esprits célestes. Le Christ lui dit : « François, vous et vos frères vous avez un grand zèle pour le salut des âmes ; en vérité, vous avez été j'ac# comme un flambeau dans le monde et comme le soutien ue ‘Eglise. Demandez donc ce que vous voudrez, pour le bien et la consolation des peuples, et pour ma gloire. » François fit cette prière : « Notre Père très saint, je vous supplie, quoique je ne sois qu’un misérable pécheur, d'avoir la bonté d'accorder aux hommes, que tous ceux qui visiteront cette église reçoivent une induigence plénière de tous leurs péchés, après s'en être confessés à un prêtre ; et je prie la bienheureuse Vierge, votre mère, avocate du genre humain, d’intercéder pour m'obtenir cette grâce. Marie inclina son cœur vers son Fils bien-aimé, et il se passa, dans ce Paradis, tout un mystère d'amour. Jésus dit à François : « Cela est grand, mais vous recevrez des faveurs plus grandes encore. Je vous accorde ce que vous demandez ; mais que cela soit ratifié, sur la terre, par celui à qui j'ai donné le pouvoir de lier et de délier' » Et, en effet, cette indulgence fut ratifiée par Honorius III, confirmée et étendue, par ses successeurs, à toutes les églises de l'Ordre des Frères Mineurs.

Bien des peuples manquent maintenant à ce saint rendezvous d’indulgence et d'amour; mais les Italiens y sont restés fidèles. C'est là où il faut les voir avec leurs costumes si gra:

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ur le lamndez des otre jératous ière + je ain, œur un nais rde rre, Et, née dre

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cieux et si variés, C'est à dans cette grande fête populaire du 2 août, que te peuple italien apparait vraiment peuple-roi: roi de : la grâce, de la poésie et de l'art.

Cependant la cioche du Sacro:( ‘onvento donne le signal solennel que la journée du pardon s'ouvre dans le ciel et sur la terre ; tous les religieux de saint François, Conventuels, Observantins, Réformés, Capucins, Tertiaires, qui s'étaient réunis au Sacré. Couvent, défilent en longues processions sur la route d'Assise, L'évêque vient ensuite avec son clergé, tous les grands personnages ecclésiastiques et les magistrats, On traverse la nef, on Entre dans la Portioncuie, où l’on ne fait qu'une simple salutation: puis, sortant par la petite porte pratiquée à droitæ on se retire dans le cloître intérieur. Aussitôt, le peuple se précipite avec une passion, un délire, dont il est difficile de se faire une idée. Ce sont des cris, des invocations, des Cantiques ; chacun à sa manière témoigne à Marie, Reine des anges ct des hommes, son amour, son respect et sa reconnaissance, //stoire de saint Fra. ‘ois d'Assise, de M. Chavin de Malan, chap. XI.

Douzièue NOTE Page 353. — « Ce soleil n'était pas encore très loin de son lever, lorsqu'il commença À faire sentir à la terre quelques bienfaits de sa grande vertu.

« Car, tout jeune, il résista à son père pour l'amour de cette femme à laquelle, comr mort, nul n'ouvre Ja porte avec Plaisir.

« Et devant la cour spirituelle, et devant son père, il s’unit à elle, et puis, de jour en jour, il l’aima plus vivement.

« Elle, veuve de son Premier mari pendant mille et cent ans et plus, délaissée et obscure, avait attendu jusqu’à celui-ci sans être recherchée de personne.

«ne lui servit de rien qu'on eût dit d'elle, que celui qui

* avait fait trémbler le monde au son de sa voix l'avait trouvée sans

Peur avec Amyclas.(1) « Et il ne lui servit de rien d’avoir été si fidèle et si bardie, que lorsque Marie resta au pied de la croix, elle y monta avec le Christ,

1. Amyclas, pêcheur qui reçut Jules César dans sa barque, et le transporta S'Épire en Italie,

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« Mais afin que je ne continue pas avec trop?de mystère, Fran- Çois et la Pauvreté sont les deux amants qu'il faut reconnaître dans mes paroles diffuses.

« Leur concorde et leurs joyeux visages, leur amour, leur admiration et leurs doux regards étaient la cause de saintes pensées.

« Aussi le vénérable Bernard se déchaussa le premier pour courir après tant de paix ; et même, en courant, il lui sembla qu'il n'allait pas assez vite.

« O richesse ignorée ! 6 bien vénérable ! Égide et Sylvestre se déchaussent pour suivre l'époux, tant l'épouse leur plait,

« Puis, ce père et ce maitre s’en va avec elle, et avec cette famille que ceignait déjà l'humble cordon.

« Et aucune faiblesse d'âme ne lui fit baisser le regard, quoiqu'il fût fils de Bernardone, et qu'il parût vivre méprisé,

« Mais, il exposa royalement sa règle austère à Innocent, et il obtint de lui la première confirmation de son Ordre.

« Lorsque la pauvre famille s'accrut après lui, lui dont la vie admirable devait être chantée au milieu de la gloire du ciel,

« La sainte volonté de cet Archimandrite (1) reçut une seconde couronne du Saint-Esprit par les mains d'Honorius.

« Etlorsque, par la soif du martyre, il annonça en présence du superbe Soudan, le Christ et ceux qui le suivirent,

« Comme il trouva les peuples’encore trop rebelles à la conversion, pour ne pas rester oisif il revint recueillir le fruit de ce qu'il avait semé en Italie,

« Dans un âpre rocher, entre le libre et Arno, il reçut du Christ les derniers stigmates que ses membres portèrent deux années.

« Quand il plit à Celui qui l'avait choisi pour un si grand bien de l'appeler à la récompense dont il s'était rendu digne par son humilité, ;

« 11 recommanda à ses frères, comme à des héritiers légitimes, la femme qu'il avait tant chérie, et il leur ordonna de l'aimer fidèlement.

« Et son âme sainte voulut se détacher du sein de la pauvreté

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