LXI1I
Journalisme catholique. — " The True Witness."
Circulaire, n Mai 1850.
A l'heure qu'il est le journalisme est une puissance formidable dont l'enfer se sert malheureusement avec trop de succès; pour empoisonner le monde de ses doctrines impies et corrompues. La religion se voit donc dans la nécessité de se servir de cette arme, pour combattre l'erreur et le mensonge. Pressés par les besoins de l'époque, et à la demande de pluiseurs laïques profondément affligés de voir que le catholicisme en Canada n'a pas un seul organe, dans la langue anglaise, pour repousser les attaques incessantes des journaux protestants, nous nous sommes arrêté à ce qui suit :
1. Nous approuvons de tout notre cœur, comme une œuvre avantageuse à la religion, la publication d'un journal religieux en anglais, pourvu qu'il ne s'attache à aucun parti politique.
2. Ce journal devra être, pour le moment, imprimé à Montréal, rédigé par des laïques sous la surveillance de quelques prêtres et publié une fois par semaine. .
3. Il aura pour titre "The True Witness," parce que sa mission sera de rendre témoignage aux saintes vérités de la religion catholique, dont Notre-Seigneur se déclare le témoin fidèle ; Jêsu Christo qui est testis fidelis et dont tout le clergé doit se montrer le zélé défenseur par tous les moyens en son pouvoir.
Mission des Chantiers.
Circulaire n Mai 1&50.
Depuis quelques années, l'on a à bénir la divine miséricorde du prodigieux changement opéré chez les jeunes gens qui travaillent dans les chantiers. Il faut l'attribuer au zèle des RR. PP. Oblats qui se sont imposé le pénible ministère de les visiter dans les forêts, et de les desservir à Bytown et dans les environs, où le scandale les attendait à toutes les portes. Pour généraliser ce bien si heureusement commencé, voici ce que nous avons décidé :
MM. les curés des paroisses qui se trouvent sur la route que suivent les hommes de cages de Bytown à Québec, sont priés de veiller sur eux quand ils les verront s'arrêter dans leurs paroisses, et de s'entendre avec quelques-uns de leurs bons et charitables paroissiens, pour les détourner des auberges et leur porter secours au besoin.
MM. les curés, ayant dans les paroisses des jeunes gens qui vont dans les chantiers, sont invités à les réunir à l'église, à l'époque de leur départ, pour leur donner des avis, les confesser et leur recommander de prendre part aux exercices religieux indiqués ci-dessus, de ne se loger que dans des auberges bien tenues, lorsqu'ils s'arrêtent quelque part, de se pourvoir des vêtements nécessaires pour n'être pas obligés de les acheter à des prix très élevés dans les chantiers, de ne pas craindre de faire leurs prières soir et matin, malgré les railleries dont ils pourraient être l'objet, de rester le moins longtemps possible dans les villes, etc.
Un avis qu'il importe surtout de leur donner à leur arrivée à Québec et à Montréal, où ils sont exposés à aller gaspiller leur argent dans des maisons suspectes, tout en perdant leur âme, est de les engager à déposer leur argent dans une banque d'épargnes, ou de le prêter à des gens honnêtes et solvables, afin qu'en gardant ainsi avec soin leurs gages, ils puissent, après quelques années de travail, acheter des terres productives, ce qui leur sera d'autant plus facile que le gouvernement cède maintenant celles de la Couronne à meilleure compôsition que jamais. Cette recommandation devra aussi leur être faite partout où l'on aura occasion de les rencontrer et de leur parler.
Agence a Rome.
Circulaire, n Mai 1850.
Ce qui affermit la foi dans un pays, c'est l'attachement au St. Siège Apostolique. Plus on a de rapports intimes avec la Chaire de St. Pierre, plus la foi est ferme et éclairée, car c'est de ce tribunal infaillible qu'émanent tant de décisions qui sont pour toute l'Eglise des règles de foi et de morale. Ces raisons et beaucoup d'autres nous ont déterminés à avoir constamment à l'avenir, dans !a Ville Sainte, un Agent chargé de représenter, auprès du Vicaire de Jésus-Christ, le clergé de la province ecclésiastique de Québec, chaque diocèse devant avoir droit d'y envoyer à son tour un de ses prêtres.
En établissant cette agence, nous avons sans doute en vue par dessus toutes choses le bien de 1 Eglise du Canada ; mais nous nous trouvons heureux de pouvoir procurer en même temps au clergé qui nous seconde avec tant de zèle, un moyen honorable d'aller puiser à leurs sources des connaissances canoniques qui ne manqueront pas de faire briller un jour à l'étranger le clergé de cette province d'un éclat, dont la religion devra s'honorer et la patrie se glorifier.
Ornements Sacrés de l'Evêque.
Mandement, 6 Avril 1850.
L'Evêque vous apra ît, rev êtu d'ornements sacrés auxquels sont attachés des significations mystérieuses, et des grâces spéciales de ministère. Ses mains consacrées pour porter les vases du Seigneur, (Isai 12.) c'est-à-dire, les âmes pures et innocentes confiées à sa vigilance, sont couvertes de gants précieux. C'est par respect pour l'onction sainte dont elles sont imprégnées pour mieux vous signifier les Mains Vénérables de J. C, le véritable Jacob, qui a mérité toutes les bénédictions du Fils Aîné, pour s'être humilié jusqu'à prendre les apparences du péché, figuré par les peaux de chevreau qui couvraient les mâins de ce Saint Patriarche. C'est ainsi que, sous le voile de l'humilité, Dieu a caché^dans les mains de votre Evêque, les abondantes bénédictions qu'il vous réserve dans la Visite qu'il va vous faire de sa part.
L'anneau qu'il porte au doigt, est spécialement bénit pour être le signe de l'alliance sacrée, qui l'unit à chaque Paroisse, et le sym bole de la fidélité avec laquelle il doit travaillera les orner de tous les dons du St. Esprit, que l'Eglise appelle le doigt de la main droite de Dieu. La Crosse qu'il tient à la main est le bâton sacré que lui a donné le Dieu tout-puissant, pour lui aider à soutenir le poids écrasant de la charge Episcopale, et la Houlette Pastorale, qui lui inspire une pieuse sévérité, pour corriger les abus, et une sage discrétion pour s'insinuer dans les cœurs et les gagner à Dieu. La Mitre précieuse qui orne sa tête, le fait aisément reconnaître pour le conducteur du Peuple de Dieu, dans les déserts de cette vie, au vif éclat des lumières qui brillent sur sa face, comme sur celle de Moïse, qui lui-même n'était que la figure de J. C, tout resplendissant de gloire sur le Thabor. Cette Mître est pour lui le casque du salut, chaque fois qu'il lui faut entrer en lutte contre les ennemis de la vérité. Par les prières de l'Eglise, elle le rend terrible dans les combats du Seigneur ; Quatenus terribilis apparent adversariis veritatis. A un appareil si pompeux, vous reconnaissez J. C. que St. Paul appelle la splendetir de. la gloire de Dieu, et la parfaite Image de sa substance. (Heb. 15.)
Ainsi revêtu et orné, l'Evêque se met humblement à genoux sur le seuil de la porte du Presbytère, et baise amoureusement la croix que lui présente le Curé, et sur laquelle a expiré le Bon Pasteur, pour l'amour de ses brebis. C'est ainsi, qu'à la face de toute la paroisse assemblée, et pour premier acte de visite, il proteste hautement qu'il veut être le serviteur de tous. Pour remplir les graves devoirs de cette glorieuse servitude, il embrasse de bon cœur les croix innombrables attachées à son ministère. Et c'est pour cela qu'il porte jour et nuit sur son cœur cette croix sainte qui est pour lui, comme pour son peuple, l'étendard du salut.
Bénédiction Épiscopale.
Mandement, 6 Avril 1850.
Après que tous les cœurs ont été ainsi préparés par les vives émotions de ces chants divins et de ces pompeuses cérémonies, l'Evêque fait entendre sa voix, pour la bénédiction solennelle de son troupeau. Il ouvre d'abord son cœur avec la croix, qui en est comme la clef ; c'est pour en faire sortir cette brûlante prière : Que le Saint Nom de Dieii soit béni. Sans cette réparation publique, sa voix serait étouffée par les millions de blasphèmes qui, à chaque instant du jour, s'élèvent vers son trône et provoquent sa juste colère ; Sit Nomen Domini Benedictum, Il proteste ensuite que le ministère de la Visite Pastorale est si plein de dangers, qu'il ne saurait l'exercer sans le secours promis à ceux qui mettent toute leur confiance dans le Nom de Dieu. Adjutorium nostrum in nomine Domini. Alors ses yeux, ses mains, son cœur s'élèvent vers le ciel, pendant que sa voix commande au Dieu Tout Puissant de vous bénir tous : Benedicat vos Omnipotens Detis. A ce bienheureux moment l'Autel nous représente, N. T. C. F., le nuage brillant sur lequel était assis le Fils de l'homme, lorsque, sur le point de se dérober à la terre, il levait ses mains pour bénir ses chers disciples : Elevatis manibus s?cis benedixit eis. (Luc. 24, 50.)