‹ Fioretti vescovili ouChapitre 6 sur 19 · LXXV1I · texte numérisé non relu

LXXV1I

Inauguration du nouvel Evêchê.

Circulaire, 22 Oct. 1851.

Je vous informe que la bénédiction du nouvel Evêché se fera le 20 novembre prochain. ...

Tout le clergé est invité-né à ces cérémonies, comme à toutes autres de la Cathédrale et de l'Evêché. Il me suffit donc de vous l'annoncer, comme je fais, par la présente, avec la bonhomie paternelle. J'ai pensé que le concours de ces diverses circonstances religieuses était de nature à attirer plus de grâces sur la Maison du Clergé, qui est essentiellement une maison de prière. C'est ainsi qu'il faut maintenant, plus que jamais, ce me semble, nommer la maison de l'Evêque. Je dirais davantage, elle est plus au clergé qu'à l'Evêque, puisque c'est lui qui fait les frais de construction. Pour ma part, je ne puis y contribuer que du désir de mener, dans cette maison, une vie vraiment épiscopale, avec les Prêtres qui, pour l'amour du Diocèse, veulent bien s'assujettir aux sacrifices de la vie commune, mieux vaut dire d'une vie plus qite commune. Car l'on comprend que son personnel doit être d'autant plus parfait que son matériel est plus splendide. Pour cela, il lui faut être d'autant plus simple au dedans qu'elle est plus magnifique au dehors. Son frontispice regarde la ville, parce qu'il appartient à la patrie. Mais son intérieur donne sur l'Eglise, parce qu'il doit être tout entier à la Religion. J'ai donc pensé, qu'on ne pouvait mieux étrenner cette Maison, qu'en Pouvraut par la Retraite ; et en lui donnant, pour nouveaux commensaux, des hommes de prières. J'ai la confiance que ceux qui prendront soin des Paroisses diront de cœur avec nous : Benedic Domine, Domum istam ut sit z'« ea Castitas, Hianilitas, Mansi'.etudo. Angeli pacis habitent in'eà. Puisse cette prière, souvent répétée, être pleinement exaucée !

Renouvellement de l'année.

Lettre Pastorale, 18 Dec. 185 1.

L'année 1851 s'est comme toutes les autres évanouie comme une ombre fugitive, et dissipée comme une fumée légèie. Pleurons, si nous avons eu le malheur de la passer dans le péché ; car ce serait encore une année de perdue. Aujourd'hui, nous sommes plus près, d'une année, de notre éternité. Réjouissons-nous, car notre rédemption approche, si nous sommes sérieusement préparés à entrer dans les années éternelles. Pendant l'année qui vient de s'écouler nous avons reçu une infinité de grâces, remercions-en le Père des lumières, de qui vient tout don parfait. La mort nous a enlevé beaucoup de nos frères. Prions pour eux, et entendons-les nous dire. L''a?i dernier ce fut notre tour, cette année ce sera le nôtre. Puisse ce cri lugubre, qui s'échappe de toutes les tombes, nous faire sentir jusqu'au fond de l'âme qu'il est temps de nous réveiller de notre léthargique indifférence pour notre salut.

Cette terre est un lieu d'exil ennuyeux ; ne nous y attachons donc pas. Ce monde n'est qu'une figure qui passe ; laissons-le donc passer avec tous ses faux biens. Cette vie est une vallée de larmes ; ne nous livrons donc pas à ses vaines joies. Déjà nous avons un pied dans la fosse ; n'allons donc pas de l'autre sauter et danser comme des insensés. Le temps passé a été bien mauvais; rachetons-le donc par de bonnes œuvres, qui peuvent seules assurer notre vocation et notre élection à la vie éternelle-

Annonce de Jubilé.

Mandement, 28 Mai 1852.

Nous avons reçu, N. T.-C. F., deux Lettres de N. S. P. le Pape ; l'une qui nous annonce un nouveau Jubilé, et l'autre qui nous prescrit ce qu'il nous faut faire pour participer à ses grâces. La première est comme une trompette sacrée qui publie à l'univers catholique une des plus grandes solennités de la terre ; et la seconde est comme une clef précieuse qui lui ouvre les inépuisables trésors du ciel.

Ces Lettres, évidemment écrites sur la Chaire Apostolique, portent le sceau de leur inviolable authenticité. Nons y avons sans peine reconnu la voix pastorale du Chef Suprême de l'Épiscopat ; et notre cœur, en les lisant, s'est cru sur le sein paternel qui porte et réchauffe le monde entier. Ç'a été pour nous un de ces moments délicieux, qui font oublier les peines de la vie, et relèvent le courage abattu sous le poids de la charge pastorale.

Aussi, les avons-nous baisées avec respect, lues et relues, ces Lettres Vénérables, et toujours avec des émotions plus tendres, des impressions-plus vives, des jouissances plus douces. Qu'il y a en effet de bonheur pour un Pasteur, désolé de voir périr tout autour de lui ses chères brebis, d'entendre la voix du Vicaire de J.-C. proclamer la joyeuse nouvelle d'un Jubilé, temps toujours si riche en grâces! Que cle

pauvres pécheurs, sourds à notre parole, vont entendre celle du premier des Pasteurs, et se réveilleront de leur funeste léthargie ! Que d'âmes égarées vont découvrir les aimables sentiers de la vérité ! Que de justes vont se ranimer dans les saintes pratiques de la piété ! Que de ferventes communautés vont multiplier leurs bonnes oeuvres ! Et nous, Pasteurs, quel nouveau feu va s'allumer dans nos cœurs, à la vue de la riche moisson que nous allons récolter !

Vous partagerez, N. T.-C. F., nos sentiments quand vous aurez entendu la lecture d'une de ces Lettres, que nous vous envoyons en langue vulgaire. Car votre foi bien connue Nous fait croire que vous la recevrez, avec le même respect que les premiers chrétiens recevaien t les Épitres de St. Pierre. Et en effet, PIE IX, notre glorieux Pontife, est à nos yeux tout autant que le Prince des Apôtres. Il est son légitime successeur, et a par conséquent tous les pouvoirs que N. S. J. C. avait laissas à St. Pierre.

Immaculée Conception.

Mandement, 28 Mai 1852.

Notre intention principale, en faisant le Jubilé, sera d'obtenir de Dieu que le privilège de Y Immaculée Conception de Marie soit bientôt solennellement proclamé par toute la terre, comme dogme de foi catholique, pour la gloire de cette divine Vierge et le salut des nations. Car, dans notre humble opinion, la définition de cette consolante vérité, comme article de foi, sera pour notre siècle, enveloppé de tant de noirs brouillards, comme l'arc-en-ciel du soir qui annonce un beau jour. L'auguste Marie est notre Judith. Disons-lui donc avec transport, dans ce saint temps où chacun va remporter une éclatante victoire sur sa passion dominante, sous l'étendard de celle qui est terrible comme une armée rangée en bataille : Vous êtes la gloire de Jérusalem, vous êtes la joie d'Israël, vous êtes l'honneur de votre peuple, parce que votes avez

combattu vaillamment, et çue votre cœur s'est montré fort et généreux : c'est qtie vous avez aimé ta chasteté Pour cela, voies serez

bénie éter7iellement. (Judith, 15. 11.) Quel bonheur pour notre Diocèse, s'il contribuait de quelque chose à l'honneur que la sainte Eglise doit tôt ou tard décerner à la glorieuse Mère de Dieu, en ceignant son front majestueux d'une nouvelle auréole, le dogme de son Immaculée Conception. Les justes soupirent et les nations catholiques sont dans l'attente de ce grand et heureux événement qui doit renouveler la face du monde.

Immaculée Conception — Vœu particulier et exhortations pastorales.

Circulaire, 10 Juin 1852.

L'intention principale du Jubilé, est d'obtenir que le dogme de " l'Immaculée Conception de Marie" soit défini comme de foi. C'est le grand événement que prépare et appelle de sesVœux notre immortel Pontife, et qui sera, il faut l'espérer, l'époque la plus mémorable de notre siècle. Je dois ajouter ici que le dimanche de la Sainte Trinité, je m'engageai par vœu. pendant la messe, à y travailler de toutes mes forces, dans l'espoir que la Bienheureuse Vierge écouterait, en cette considération, les prières qui se faisaient partout pour demander de la •

pluie. Lescieux sont devenus comme du miel, depuis ce jour, vieil i fini fart i sunt cœli. Je suis donc strictement obligé à accomplir cette promesse. Je m'en acquitte en partie en vous invitant à m'aider à répandre le zèle pour un privilège dont notre mère est si jalouse ; obscecro vos

fratres, utadivvetis me. Commençons par travailler à inspirer an peuple une nouvelle dévotion et confiance en la médaille miraculeuse,, et

en sa céleste prière : " O Marie conçue sans pêche, priez pour nous qui avons recours à vous." Recommandons à nos bonnes âmes de la dire plus souvent et avec plus de ferveur, avec l'intention d'obtenir que la Sainte Eglise décerne ce nouvel honneur à la Vierge Immaculée, qui est une de ses principales gloires. Prêchons-leur la nécessité de travailler à se rendre plus pures, pour faire triompher la pureté de leur bonne et incomparable mère. Excitons-nous, chaque jour, à ce zèle si juste, par la pensée que le dogme de l'Immaculée Conception fera briller, d'un nouvel éclat le Sanctuaire et ceux qui l'habitent. Notre-Dame, dont nous sommes tous les chapelains, à l'exemple de St. Jean, notre frère ainé, et de tant d'autres, qui ont eu cette pratique, nous donne à tous cette intention ; et nous la renouvellerons tous les matins à ses pieds sacrés, avant de monter à l'Autel. Faisons reposer sur les instructions et exercices à l'honneur dé Marie toute l'espérance des succès de notre Jubilé. Saint Liguori vous dira que c'est ce qui faisait réussir toutes ses missions.

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