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Société de St. Vincent de Paul — Rôle des Laïques.
Circulaire-, 28 Août 1855. — {Paris.)
L'association de St. Vincent de Paul n'est vraiment pas assez connue dans les campagnes. En assistant à la grande réunion de la Société, qui eut lieu à Paris, le 19 juillet au soir, pour couronner la Fête de Saint Vincent de Paul, qui s'était célébrée, ce jour-là, avec une grande pompe, j'ai pu me convaincre que chez nous, comme en France, en Belgique, etc., etc., (il y avait des Présidents de l'Association de presque tous les pays), l'on pourrait facilement établir des Conférences dans presque toutes les Paroisses ; et qu'elles y feraient un très-grand bien. Le moyen employé pour cela dans ces pays est très-simple, et je vais l'indiquer à notre Président. Veuillez bien le seconder dans son zèle là-dessus, et tout ira bien. Je sens que je dois ménager votre temps et vos forces, en vous parlant de tant d'ceuvres à la fois. Aussi, est-ce dans cette vue que je vous suggère de les faire marcher autant que possible par les laïques. On leur donne par là plus d'importance, et on les attache plus fortement au bien qu'ils ont à faire pour seconder les généreux efforts de leur Clergé.
Offrande aux Évêques de France de l'Ouvrage intitulé : "Du Cérémonial des Évêques,
COMMENTÉ ET EXPLIQUÉ PAR LES USAGES ET LES TRADITIONS DE LA SAINTE ÉGLISE
Romaine," Ouvrage hautement recommandé par la Sacrée Congrégation de la " Propagande," et tout particulièrement loué par N. S. P. le Pape Pie IX.
Circulaire, 30 Mai 1855. — {Paris.)
Je prends la liberté d'offrir à Votre Grandeur un exemplaire de mon modeste ouvrage sur les Cérémonies de la Sainte Eglise Romaine, et je la prie de vouloir bien l'accepter comme un faible témoignage de la vive reconnaissance que mon pays tout entier doit à la France, qui l'a doté de si précieux établissements, et de ma propre gratitude pour la généreuse hospitalité dont j'ai été l'objet chaque fois que j'ai eu besoin de revoir la terre de mes pères. Puisse ce livre liturgique être un Mémorial qui resserre de plus en plus les liens qui n'ont jamais cessé d'exister entre nos Églises, quoique la Divine Providence nous ait fait vivre sous des gouvernements étrangers !
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École des Sourds-Muets.
Circulaire, 26 Sept. 1856.
En prenant, le 23 Octobre, 1854, la route de la Ville Sainte, je me sentais pressé du désir de ne voyager que pour le plus grand bien du Diocèse. Avec cette pensée qui ne m'a pas quitté un instant, j'ai cherché à bien connnaître celles des habitations de l'Ancien Monde, qui pouvaient nous fournir des modèles à suivre dans les ceuvres que nous avons à faire dans notre pays, encore jeune sans doute, mais qui offre néanmoins tant de ressources pour le bien.
Une des œuvres qui me préoccupaient, à mon départ, était l'instruction des Sourds-et-Muets. Il s'en trouvait alors plus de douze cents, dans cette Province ; et nous n'avions pour les instruire que deux petites écoles, une au Coteau St. Louis, pour les garçons, et l'autre à la Longue-Pointe, pour les filles.
Dans le désir de porter un secours plus efficace à tant de pauvres êtres si disgraciés de la nature, je m'arrêtai, chemin faisant, à Lyon, cette ville des bonnes œuvres ; et je visitai l'Institution, que dirige un Sourd-et-Muet, M. Forestier, avec un grand succès. J'étais accompagné, dans cette visite, de M. Querbes, Fondateur et Supérieur Général des Clercs Paroissiaux de St. Viateur, dont les Frères tiennent, comme on le sait, l'école des Sourds-et-Muets de Montréal.
A la vue du bien qui s'opère dans cette école, où rien n'est épargné pour l'avancement des élèves du Mutisme dans la piété et la science, je sentis un désir véhément de doter la Ville et le Diocèse de Montréal d'une semblable institution. Je témoignai donc au Professeur et aux Elèves de cet intéressant établissement, presque tous Sourds-Muets, le besoin qu'avaient de bons Instituteurs leurs frères d'infortune du Canada ; et je les engageai à prier pour leur obtenir cette insigne faveur.
De mon côté, je déposai aux pieds de Y Immaculée Vierge, dont la gloire était l'objet unique de mon voyage, le vœu que je formais, dans le secret de mon âme, pour tant d'infortunés. Cette Mère de Miséricorde voulut bien ajouter cette grâce singulière à tant d'autres, dont elle a daigné me favoriser, pendant mon long voyage. Car, quelques jours après la grande solennité delà définition du dogme de son Immaculée Coiieeption, je reçus de M. Querbes la bonne nouvelle qu'un Sourd-Muet très-intelligent de l'Institution, que nous avions visitée ensemble, demandait à entrer dans sa Congrégation, pour se consacrer à l'instruction de ses frères du Canada.
Translation du Corps de Ste. Justine - Maîtresses et Élèves Chrétiennes.
Lettre Pastorale atix Sœurs des SS. Noms de Jéstis et de Marie a Longueuil, 9 Nov. 1S56.
Vos longs et ardents désirs, Nos Très-Chères Filles, sont donc accomplis. Enfin vous possédez un Cgrps Saint, celui de Ste Justine qui, encore enfant, a reçu du juste Juge la double couronne du Martyre et de la Virginité.
C'est un Corps Saint. — C'est-à-dire qu'il a servi de demeure à une âme innocente qui s'y est sanctifiée, de sanctuaire au St. Esprit qui s'y est reposé avec complaisance, et de temple vivant à Notre Seigneur, dont il a été un membre chéri, parce qu'il a été le siège de la pureté et de la chasteté.
C'est le corps de Ste. Justine.— Ce nom est digne de toute votre vénération. Car d'abord c'est N. St. P. le Pape qui l'a imposé luimême, lorsque, saluant profondément ce saint corps, il proféra la pieuse salutation, que vous lisez sur la châsse : "Ave Sancta Justina." Puis, c'est un nom saint, puisqu'il signifie justice, et qu'il en fait pratiquer les œuvres quand on l'invoque avec confiance. Enfin, c'est un nom aimable parce qu'il résume tout ce qu'il y a de caressant dans les vertus du jeune âge. Ayant, Nos Très-Chères Filles, à propager la dévotion aux SS. Noms de Jésus et de Marie, vous trouverez, dans la protection de Ste Justine, de grandes grâces, qui vous aideront à remplir votre sublime mission.
C'est le corps d'une jeune Sainte. — Rien ne pouvait être plus providentiel pour vous, Nos Très-Chères Filles, qui consacrez votre vie aux soins des enfants, que l'invention de ce précieux trésor. Car vos Elèves vont avoir dans cette '.'Héroïne Chrétienne" un modèle accompli de toutes les vertus, qui sanctifient le jeune âge. Ayant tous les jours, sous les yeux ce beau modèle, elles se sentiront entraînées à la pratique du bien, par le motif d'une sainte émulation. Aussi, avons-nous'l'intime confiance que le nom seul de Ste. Justine sera pour vous un puissant ressort, au moyen duquel vous ferez mouvoir leurs cœurs naturellement dociles.
C'est le corps d'une sainte Vierge.— La Virginité, dit St. Ambroise, est une Vertu principale, c'est-à-dire, qui commande à beaucoup d'autres, qui forment son brillant cortège, comme celui d'une Reine riche et puissante. Elle est, dit St. Cyprien, une Fleur inestimable,
qui ne pousse que dans le Champ de l'Eglise Or, cette fleur de Virginité se trouve aujourd'hui heureusement plantée sur la tombe
de notre Ste. Justine Elle va donc demeurer, jour et nuit, dans ce lieu qui lui est destiné pour protéger le sacré dépôt de votre Virginité
et conserver l'innocence de vos Elèves. Puissiez-vous, Nos Très-Chères Filles, l'entendre chanter avec vous ici-bas le cantique des Vierges, qu'il vous sera donné, il faut l'espérer, de poursuivre avec elle durant toute l'éternité.
C'est le corps d'une sainte Martyre.— On est martyr, comme vous le savez, Nos Très-Chères Filles, quand on verse son sang pour la
foi, c'est ce qu'a eu le bonheur de faire votre patronne Ainsi, vous pourrez toujours aller, à cette tombe chérie, renouveler en vous
cette Générosité Religieuse, qui ne recule jamais devant la peine et le travail. C'est là aussi que vous conduirez vos jeunes Elèves, pour qu'elles puissent jusqu'à la mort combattre les combats du Seigneur.
Construction de la Cathédrale — Dîme prélevée sur les Paroisses du Diocèse.
Circulaire, 18 Dec. 1856.
Comme toute ma vie est consacrée au service du Diocèse, j'ai droit d'attendre de lui ce qui m'est nécessaire pour vivre convenablement selon mon état. v
Lors donc, qu'après l'incendie du 8 juillet 1852, je mis chaque famille du Diocèse à contribution, pour un louis chacune, payé une fois pour toutes, je n'exigeais pas assurément tout ce que j'aurais pu demander. Or, comme je pouvais raisonnablement compter sur cette modique contribution, j'ai commencé à rétablir PEvêché, avec l'espoir bien fondé que, moyennant toutes ces petites souscriptions volontaires, je pourrais remplir mes engagements.
Mais j'ai à vous découvrir ma pensée d'alors, qui était que, si le Clergé ne m'aidait point à obtenir ce que je demandais, comme en suppliant, je finirais par user du droit que le St. Siège m'accorde, savoir : d'exiger la dîme de tous les revenus des Paroisses et Missions du Diocèse ; et c'est ce que je fais, parla présente, en mettant en vigueur l'Induit Apostolique du 6 juillet 1852, par lequel il est permis aux Evêques de cette Province : Ut pro décima parte recldituum singuli Parochi seu Missionnarii vices parochorumfungentes onerari possint,
donec aliter â S Sede Apostolicâ provideatur. Hanc vero 8. Congregationis sententiam Sanctitas Sua bénigne prohavit servariqîie
prœcepit.
Mais, quoique je puisse user de ce droit jusqu'à ce qu'il plaise au St. Siège d'en ordonner autrement, je me contente toutefois, pour le moment, de la modiqne somme d'un louis par famille, dans chaque Paroisse et Mission, et voici comment :
Chaque Curé ou Missionnaire paiera la dîme de tous ses revenus, aux termes du dit Induit, jusqu'à ce qu'il ait formé autant de louis qu'il y a de familles dans sa paroisse. Mais il va sans dire que tout ce qui, depuis le 8 Juillet 1852, a été donné en contributions volontaires par les Curés, les Fabriques et les Paroisses, sera porté à compte.
En exigeant de la sorte ce qui m'est alloué par l'Eglise, pour mon honnête entretien, je ne pense pas être à charge à qui que ce soit, d'autant plus que, lorsque je pris l'administration de ce Diocèse, le Clergé voulut de lui-même se mettre à contribution, parcequ'il croyait alors que je ne pouvais pas convenablement subsister avec les seules ressources de PEvêché. Mais je le remerciai de sa bonne volonté, parceque je pouvais alors me passer de ce secours ; et, sans le terrible incendie, qui a tout ruiné ce qu'avait fait mon Vénérable Prédécesseur, je pense bien que je n'en serais jamais venu à la démarche, qu'il me faut faire aujourd'hui, par une raison de conscience, parceque je me crois obligé de travailler de toutes mes forces, à relever de ses ruines l'Établissement Épiscopal de cette ville.
Plan de la Future Cathédrale.
Lettre Pastorale, 22 Dec. 1856.
Nous avons profité de notre séjour à Rome, pour visiter celles de ses églises, dont le plan pourrait être adopté, lorsque l'on en viendrait à construire une nouvelle Cathédrale à Montréal. Or, toutes choses bien examinées, Nous nous sommes arrêté à la majestueuse Eglise de St. Pierre, dont -Nous„avons ordonné de faire le plan, sur des proportions, à la vérité, bien raccourcies, mais néanmoins si ressemblantes à celles de cette Eglise vraiment monumentale, que, pour un pays éminemment catholique comme le nôtre.en voyant la Cathédrale de Montréal, on pourra avoir une idée assez juste de la Basilique Vaticane.
Bénédiction Papale.
Lettre Pastorale, 22 Dec. 1856.
Quatre fois l'an, N. S. P. le Pape donne une Bénédiction solennelle, du haut du Balcon d'une des grandes Basiliques de Rome, à la Ville Sainte et au Monde entier ; et on l'appelle pour cette raison Benedictio Urbi et Orbi. Or, c'est-là, N. T.-C. F., dans noire humble opinion, le plus magnifique spectacle dont on puisse jouir sur la terre.
D'abord, vous voyez, après la Grand-Messe Pontificale, célébrée avec uné pompe indicible, dénier le magnifique cortège du Souverain Pontife, composé de Cardinaux, Archevêques, Evêques et autres personnes revêtues d'ornements qui indiquent la dignité de chacun : et tous vont, en ordre de procession, à un balcon qui donne sur une immense place publique, lequel est ce jour-là richement orné. Les passages sont parsemés de fleurs odoriférantes, et bordés de deux haies de troupes Pontificales et de Gardes du Sacré Palais, en grand uniforme.
Enfin, Il parait sur le balcon, le Chef Suprême de l'Eglise ! et, à sa vue, une impression singulière s'empare de cette masse qui, par ses mouvements involontaires, ressemble assez aux flots de la mer qui, dans un temps de calme, s'agitent majestueusement en tous sens, en se soulevant et s'abaissant, par leur propre poids. A peine le Pasteur est-il ainsi en présence de ses brebis et de ses agneaux, qu'il se met en prière ; et du ton le plus attendrissant, il conjure le Père des miséricordes de pardonner à son peuple, et de le combler de tous les biens visibles et invisibles.
Bientôt, ne pouvant plus contenir au fond de son cœur paternel, les sentiments vifs et tendres qui l'animent, il se tient debout, pour prier avec plus d'ardeur, étend les bras, comme pour embrasser le monde entier, lève les yeux vers le ciel, d'où il attend tout son secours lève en même temps les mains vers Celui de qui viennent tous dons parfaits ; et, après avoir puisé dans le sein de la Divinité toutes les bénédictions, qu'il veut répandre sur la terre, il déclare que la bénédiction qu'il donne, 'c'est celle du Dieu Tout-Puissant lui même. Bcnedictio Deiomnifiotentis t Pat ris t et Filii , et Spiritîcs t Sancti. Et c'est avec un enthousiasme incroyable, que se répète, par les assistants, VA men, qui passe dans toutes les bouches, afin de demander que tant de vœux soient exaucés.
Ce récit tout simple vous fait connaitre, en partie, cette auguste cérémonie ; et il suffit, Nous le pensons, N. T.-C. F., pour vous embraser d'un ardent désir d'y participer en quelque manière. Or, ç'a été pour aller au-devant de ces désirs si naturels de tous ses bons enfants qu'il compte dans toutes les parties du monde, que le Père Commun a voulu' que tous les Evêques présents à Rome à la mémorable Fête de la Définition dogmatique de l'Immaculée Conception de la glorieuse Vierge Marie, donnassent, en arrivant dans leur diocèse, cette bénédiction, avec la différence toutefois qui distingue éminemment le Souverain Pontificat de toute autre dignité ecclésiastique.
On nous a appris qu'il est encore des pays dans le monde chrétien, où les pieux fidèles ont pour pratique de se mettre à genoux, aux jours et heures où ils savent que le Souverain Pontife donne la Bénédiction Urbi et Orbi. Nous fûmes si touché d'apprendre que cette foi patriarcale existait encore sur la terre, que Nous résolûmes dès lors d'introduire parmi nous cette religieuse pratique, si propre à nous entretenir tous dans nos sentiments de piété filiale, envers le Père de la grande famille chrétienne, et en même temps si pleine de toutes sortes de bénédictions temporelles et spirituelles. Car, on ne peut pas en douter, N. T.-C F., s'il y a un héritage de bénédictions promis aux enfants qui honorent leurs pères et mères, ces bénédictions sont encore bien plus abondantes en faveur des chrétiens qui vénèrent N. S. P. le Pape, comme leur père en Jésus-Christ.
Musique et Chants d'Église.
Ordonnance Éftistopale, 23 Janv. 1857.
L'Orgue ne doit faire entendre aucun air de chansons lascives, ni de danses ou d'opéras. Enfin, les chants étrangers à l'Office, et à plus forte raison, s'ils sont profanes, ne doivent jamais, ni sous quelque prétexte que ce soit, s'entendre dans l'Eglise.
Les Chantres et les Musiciens doivent observer soigneusement que l 'harmonie de leur voix, destinée à augmenter la piété, ne doit avoir rien de léger ni de lascif, de crainte de détourner l'attention des auditeurs de la contemplation du service divin ; mais qu'elle soit dévote, distincte et intelligible.
Conférences Ecclésiastiques —Jeunes Prêtres.
Ordonnance Éfiiscopale, 23 Janv. 1857
Daigne le Dieu de Miséricorde répandre ses bénédictions sur nos Conférences Ecclésiastiques, sur une institution si vénérable par son antiquité qui rappelle d'une manière si touchante les Assemblées des premiers Fidèles, dont il est dit qu'ils n'avaient qu'un cœur et qu'une âme ! C'est la disposition que chacun doit y apporter, et le fruit qui en résultera. Il est rare qu'on se trouve dans une assemblée de bons ecclésiastiques, sans avoir le désir de travailler à devenir meilleur ; mais ce sont surtout les jeunes Prêtres qui ont besoin des Conférences Ecclésiastiques. C'est là qu'ils puiseront les leçons de l'expérience, que rien ne peut remplacer; c'est là qu'ils recueilleront ces traditions si respectables, si nécessaires, qu'on ne trouve pas dans les livres, et sans lesquelles il est difficile de faire le bien ; c'est là enfin qu'ils puiseront ces exemples de vertu et de piété que les cheveux blancs rendent si respectables et si fructueux.