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sauver la mMii', t|iiaii(l j'ai cdmiiris (jucls sniliiiiciils ('Icm's faisairiil luiUrt' i r iioMi' rd'iii' l'I <|ni'l éyoïsnn' cnirl remplissait le vôtre, je mn suis sentie <.'mli'aiiii'e \(>rs lui |»ar mie Im-ce à hKjiielIc jr n'ai plus essayé do résister.
« Oui, je l'aime, contitiua-t-clle d'une voix de jihis eti jilus altérée. Oui, c'est pour lui que je veux me conserver pure, oui, c'est pour Inique j(î v(!UX vivre, avec lui (pie j(> veux mourir...
iiicapalile (1(> ronlenir sa fureur, le duc se jeta sur elle, lapril par le jioif^iiet et la força de tomber à ses pieds.
La douleur eut raison d'elle, mais ne parvint pas à lui fermer la bouche.
— Oui, je l'aimcî! je l'aime! ne cessait-elle de répéter. Mais ce cri ressemblait i\ un râle d'agonie.
Enfin, épuisée par la lutte et vaincue par la souffrance, elle demeura immobile aux pieds de son bourreau.
Le duc fut obligé d'appeler Mariette et de faire porter Marguerite évanouie dans son appartement.
— Ah! c'est son arrêt de mort qu'elle vient de prononcer, fit-il en la voyant disparailre.
La jeune femme resta pendant près d'un quart d'heure sans connaissance.
Onand elle, revint à elle une réaction soudaine s'opéra. A l'énergie qu'elle avait déployée succéda un profond accablement, et des larmes abondantes se liront jour à travers ses paupières.
Cette faiblesse ne dura pas longtemps. Par un mouvi-ment saccadé, elle s'essuya les yeux.
— Non, murmura-t-ello... Je ne puis pas le permettre.
Aussitôt elle se tourna vers Mariette, qui la regardait tout éplorée.
— Va me chercher Baptiste ! ordonna-t-elle.
Yive et alerte, Mariette s'élança dans les escaliers et descendit dans la cour, où se trouvaient les écuries et les remises.
Baptiste était là, les bras gravement croisés, surveillant les valets d'écurie et donnant ses ordres.
Elle lui fit un signe imperceptible, il accourut.
— Enfin ! soupira-t-il. C'est donc pour cette fois?
— Quoi? fit Mariette.
— Que nous allons nous marier?
— Oh ! du train que vont les choses, nous n'y sommes pas, mon cher. Pour se marier, il faut avoir le cœur gai.
— Et tu ne Tas pas ?
— De moins en moins.
— Qu'est-il donc encore arrivé?
— Ma pauvre maîtresse a, sans doute, eu une explication violente avec M. le duc, car je l'ai trouvée inanimée et j'ai dû la porter dans sa chambre, où elle n"a
ouv(>rL lesyeux que pour vorser un torrent de larmes. Mariez-vous donc, avec de pareils exemples sous les yeux!
— Oh! mais je n'ai pas soixante-cinq ans, moi! se récria Baptiste.
— N'importe. Tant que je verrai souffrir cette malheureuse, je ne serai guère disposée à la joie.
— Mais alors nous risquons fort de coiffer sainte Catherine, ma chère enfant!
— lîah! nous avons du temps à nous avant d'en arriver là.
— Mariette, ma petite Mariette, prends bien garde, tu vas me pousser à des extrémités terribles, dit Baptiste. Je suis capable, pour obtenir ta main, de tuer le duc, de tuer la duchesse, de tuer tout le monde.
— Je crois qu'il suffirait de tuer le duc, interrompit iînement la soubrette.
— Ah! tu as remarqué quelque chose?
— Oui, il y a du nouveau.
— Parle vite, alors.
. — Viens, madame la duchesse te dira ce qu'elle attend de toi.
— Elle m'a donc envoyé chercher? lit Baptiste. A merveille! Alors il s'agit certainement de ce jeune genthilhomme...
— Chut ! dit Mariette en posant un doigt sur ses lèvres. Tu sais bien que les murs ont des oreilles ici...
Elle entraîna Baptiste, à qui elle ht gravir l'escalier avec des précautions inouïes, et l'introduisit dans l'appartement de la duchesse.
— Une lettre était pliée sur la table quand ils arrivèrent.
Marguerite hésita quelques instants à parler. Mais le cas était urgent, elle se décida.
— Je ne vous demande pas si vous m'êtes dévoué, ni si vous êtes disposé à me servir, dit-elle à Baptiste. Si vous avez pour moi quelque affection, vous ferez ce que je vais vous demander: si, au contraire, vous préférez servir les intérêts du duc, vous lui porterez cette lettre. D'une façon ou d'une autre, il faut en finir, ajouta-t-elle.
— Je n'ai jamais donné à madame la duchesse le droit de douter de mon dévouement, réphqua chaleureusement Baptiste. Je croyais même lui avoir fourni, à Amboise, une preuve...
— C'est pour cela que je vous ai fait appeler, dit-elle, sans lui donner le temps d'achever.
— Je suis aux ordres de madame la duchesse.
— Vous vous souvenez de ce gentilhomme (jui nous a sauvé la vie.
— Le marquis delà Couldraye! Ah! je crois bien, madame ! s'écria lîaptiste.
— Eh bien! ce gentilhomme est à Paris en ce moment, et je veux que cette lettre lui parvienne avant trois heures.
Bon ! il en est onze à peine, rien n'est plus facile. Où demeure-t-il?
— Ah! voilà... fit Marguerite avec embarras, je ne le sais pas.
Diaiili'i^ ! ilil Haplislc en se ^latlaul l'on'ilh!, a' st-ia plus (lifli(^ilc (jii<; je ne le l»fiisais. lit" niar(|iiis est-il coumi à Paris?
— Je crois (lu'il y vient pour la première fois, répondit la duchesse, mais il est accnmpaf^'ué d'un f^nililhumiue qui se noinuie le cajulaitie l'^laniherge et (jui, peut-être, est plus connu (]u<! lui.
— Hieii, lit Baptiste, je vais essayer.
— Oh! il ne s'aj-it pas seulement d'essayer, dit vivement Marguerite, il faut réussir, coule (pie coule, jt» le veux !
— Soyez traii<iuille, on réussira, madame. Elle lui leniil la Ictlre qu'elle venait d'écrire.
— Avant trois heures ! recommanda-t-«;lIe.
Baptiste glissa lu lettre dans son pour[toiut et s'éloigna.
— Evidemment, se disait-il, le marquis n'est pas à Paris depuis assez longtemps pour avoir pu y acheter un hôtel ou y meubler un appartement. Donc il doit habiter une hôtellerie, et comme un gentilhomme tel que lui ne vient pas à Paris sans aller à la cour, c'est dans les environs du Louvre qu'il a dû se loger.
Sur ce raisonnement, il se dirigea vers la rue Saint-llonoré, s'informant dans toutes les auberges qu'il rencontrait du capitaine et du marquis.
H avait dépassé déjà la rue de l'Arbre-Sec et commençait à désespérer, lorsqu'il entra dans l'auberge du Pinls-rpd-parle.
Quatre gardes étaient attablés et jouaient aux cartes, ou plutôt ils se disputaient et menaient si grand bruit qu'un moment Baptiste avait hésité à entrer.
En l'apercevant, un des gardes vint à sa rencontre et le prit par le bras :
— Tenez, dit-il à ses camarades, voilà quelqu'un qui va nous mettre d'accord. En disant ces mots, il l'entraîna vers la table.
— Voici de quoi il s'agit... commença-t-il.
— Pardon, se défenditBaptiste,mais je suis excessivement pressé, je n'ai pas le temps de vous écouter. Si même vous pouviez me donner le renseignement dont j'ai besoin...
— Qu'est-ce que c'est? fit le garde en le secouant brutalement. Veux-tu bien m'écouter, drôle!
— Puisque je vous disque je n'ai pas une minute à perdre...
— Tu perdras deux heures s'il le faut, mais tu répondras, faquin.
— Ah! par exemple, c'est trop fort ! s'écria Baptiste, en dégageant son bras par une forte secousse.
Mal lui en prit de ce mouvement d'indépendance.
Les trois autres gardes se levèrent de table et se jetèrent sur lui. L'un le saisit par un bras, l'autre par les épaules, le troisième par l'oreille, tandis que le quatrième lui indiquait du doigt la ta])le et les cartes qui y étaient étalées.
Baptiste avait beau se démener comme un diable, il était solidement maintenu, et se rapprochait, malgré lui, de la table qu'on lui montrait.
FLAMBIiRGE
Je nie uomme le capitaine Fiumberge. J'ai été, comme vous, officier de Sa Majesté, (Page 177.)
Furieux, il la renversa d'un coup de pied, les cartes tombèrent pêle-mêle et dans un désordre tel, qu'il devenait impossible à présent de décider du coup qui avait jeté la zizanie dans le camp de messieurs les gardes du roi.
L'acte do rébellion de Baptiste n'était pas fait pour les calmer. Ils se précipitèrent sur lui et l'accablèrent de coups ; il s'empara d'une chaise de bois, frappa au hasard et assomma à moitié un des assaillants.
Les trois autres ripostèrent. Au bruit de la bataille, l'aubergiste accourut.
LtV. 24. F. Roy, éditeur.
186 Kl \ MIMUICK
Valt'ls cl sorvaiilcs le suivaiciil cl ;nijirlaiciil an secours, loiit en s clloiç.inl de dégager Baptisto, qui n'élail ôvidcmmcnl pas de force à soutenir la luUo qu'il avait ciilainéc.
11 s'était animé |)onil.uit, dans 1(» combat et avait déployé même un coilain courage.
— Ah! si j'avais scnh-ment avec moi le capitaine Flamborgc... dit-il en montrant le i^oing aux soldats,
Flanil)(M-gc 1 lit le garde. Tu connais le cajûtaine Flambcrge ?
— C'est un de mes amis, dit Ikiplisle, ou plutôt, corrigea-t-il, c'est un ami de mon maître.
— Eh ! que ne le disais-tu plus tôt, imbécile?
— Vous le connaissez donc? demanda Baptiste qu'une lueur d'espoir avait ranimé.
En elfet, depuis qu'il avait prononcé ce nom magique, les gardes n'avaient pas renouvelé leur attaque et se tenaient à distance.
— Parbleu! répondit celui qui jusqu'alors avait pris la parole, y a-t-il un soldat dans l'armée qui ne connaisse pas h^ capitaint; l'Iamberge?
— Alors, vous allez me dire où il demeure!
— Il est donc à Paris?
— Depuis quelques jours seulement, à ce qu'il paraît.
— Alors il doit loger à l'auberge àxiCygne noir, à deux pas d'ici. C'est là, du moins, qu'autrefois il habitait, quand j'avais l'honneur de servir dans sa compagnie.
— Merci, fit Baptiste qui se précipita au dehors.
— Eh ! cria le soldat dans la rue. Sans rancune, l'ami !
Baptiste ne l'entendait pas, et ne sentait même pas les horions qu'il avait reçus.
Il arriva, toujours courant, à l'auberge du Cygne noir.
— M. le marquis de La Gouldraye? demanda-t-il à l'aubergiste.
— Il vient de se mettre à table, mon ami, répondit l'aubergiste. Bevenez dans une petite heure.
— Oh! que non pas! fit Baptiste. Il faut que je lui parle à l'instant.
— Mais qui êtes-vous? De la part de qui venez-vous?
Baptiste fut sur le point de prononcer le nom de la duchesse. Il eut le tact de n'en rien faire.
— Dites-lui, répondit-il, que c'est le cocher du carrosse qu'il a tiré du fond de la Gorge aux Loups.
L'aubergiste répéta, mot pour mot à Béginald ces paroles énigmatiques.
— Qu'il entre, fit aussitôt le marquis en proie à la plus grande agitation. Il avait compris, en effet, que Baptiste venait de la part de Marguerite.
Celui-ci ne tarda pas à paraître et remit à Réginald la lettre dont il était chargé. Le marquis s'en empara avidement et en rompit le cachet d'une main fiévreuse.